‹ Paganisme des hébreuxChapitre 44 sur 137 · Stbphanus, Thésaurus^ article *Iaw · texte numérisé non relu

Stbphanus, Thésaurus^ article *Iaw

:\. fiKSÉNIUS, p. 577.

en est d'autres qui nous montrent lahoh comme une divinité générale des Sémites.

1° Macrobe, vi» siècle*, met dans la bouche de l'oracle d'Apollon de Glaros la déclaration suivante : « Saturnales, L 18. Dis que le plus élevé des dieux, le Dieu suprême est lahoh : 4>paÇ60 xbv feaTov ôeov IfjLfxev' 'lotw. » Le lahoh de l'oracle est la divinité solaire, comme l'indique la suite de la déclaration : c C'est lui qu'en hiver on appelle Orcus, au printemps Zeus, le soleil en été, et en automne le languissant lahoh. » Ce sont, en effet, les quatre phases annuelles du soleil : or c'est le soleil qui est le dieu concret de tous les Sémites.

2° Jean Laurentios, vi^ siècle, plus connu sous le nom de Lydus, qui écrivait sous Justinien, nous a conservé dans son Traité des Mois un document d'une haute importance : t De Mensibus, IV, 48, 44. Les Chaldéens appellent le Dieu suprême lahoh, ce qui veut dire la Lumière intelligible; dans la langue phénicienne, on le nomme fréquemment Sabaôth, comme

1. Macrobe a consacré six chapitres de son livre les SaturnaleSf I, 17-23, à démontrer que tous les dieux sont le soleil : u I, 23. Les théologiens enseignent que la suprématie do toute puissance se rapporte à la puissance du soleil, d'après cette courte invocation qu'on prononce dans les sacrifices : u soleil tout-puissant, âme du monde, puissance dn « monde, flambeau du monde. » Orphée aussi, dans les vers suivants, rend témoignage que le soleil est tout : « Écoute- « moi, ô toi qui parcours dans l'espace un cercle brillant, Jii- « piterDionysos, père de la mer, père de la terre, soleil à la hi- « mière dorée et aux couleurs diverses, toi qui as tout engendré. « — * 'A^Xas Zeu Aiévucre , iraTep ic6vtou , iràTep aïyjç , * 'H).i6 « iraYYEvÉTop TcavaCoXs, ^puereoçeYYÉ;. n

celui qui est au-dessus des sept cieux, c'est-à-dire le Créateur du monde * : XaXSaTot tov 'law Xéyouatv àvti tou ^ç voi^TOV TTJ ^oivixcov ^Xcoffarj xat ]Sa6a(od Zk itoXXaj^ou ^Y£Tai,o!ov ôCncèpTOuç luxa iroXouç, tout' 'laTiv 6 8y)(xtoupYOç. »

Jean Laurentios s'imagine peut-être que Sabaôth ou Çebaôth c les légions du ciel, les armées du ciel ou les astres » dérive étymologiquement du mot hébreu schéba, sept. Cette erreur philologique ne touche en rien à la valeur du précieux document qu'il nous a conservé '. On peut en même temps reconnaître rétroite parenté qui lie les gnostiques à l'antique religion générale des Sémites ; chez les gnostiques, lahoh est l'Infinie Lumière; chez les Chaldéens, il est la Lumière intelligible.

Les inscriptions babyloniennes, aujourd'hui déchiffrées, ont confirmé chacun des faits contenus dans la citation de Lydus.

A. Le dieu de la Lumière intelligible s'appelait Hou {Héa, Ad). Un roi portait le nom de c ïl-nour-Hou, Hou est le dieu de la Lumière ^. »

1. Le Dieu suprême des Grecs asiatiques était appelé Dionysos. Dans la note consacrée ci-dessus à Macrobe, on peut lire "A^^ae Zeu Ai6vv(Tc. — Consulter Alfred Maury, Religions de la Grèce, tome III, p. 306. Dionysos est identifié au Dieu suprême et immanent.

2. F. Lenormant, Origines de l'histoire, tome I, 563. 2« édition in-18.

3. Oppebt, Histoire des Empires de Chaldée et d'Assyrie, p. 26, 32, 136, etc. Voici le nom de deux rois éponymes de Hou :

4» Hou-habal'issourik. Hou a accordé un fils ; 2<> Irib-Hou, Hou multiplie.

HoUf il'Hou « le dieu Hou », était le dieu que les Grecs assimilèrent à Kronos.

B. Il était c jle Seigneur des légions du ciel ». Daas l'inscription cunéiforme Grande incantation magique pour la guérison du roi : c Bel et Hou cèdent la seigneurie des légions du ciel au dieu Schin (la Lune), au dieu Schamas (le soleil) et à la déesse Ishtar (la planète Vénus) *. »

Chacun des grands dieux de la mythologie chaidéenne n'étant, au fond, qu'un aspect de la Divinité suprême finissait par lui être assimilé et recevait ses attributs. Le terrible conquérant Nabuchodonosor, en chaldéen c Nabou-koudour-oussour , Nabou protège la couronne », a laissé de nombreuses inscriptions touchant Nabou, son dieu éponyme. Nabou y est appelé le gardien des légions du ciel et de la terre : c Le dieu Nabou, gardien des légions du ciel et de la terre, a chargé ma main du sceptre de la justice pour gouverner les hommes. Borsippa est la ville oil Ton adore Nabou; je l'ai ornée. J'y ai fait construire le Blt'Zida, sa demeure éternelle; j'ai refait et renouvelé la muraille de Borsippa, le temple du ciel et de la terre : j'en ai élevé le faîte avec des briques, et je l'ai recouvert en cuivre. J'ai disposé du marbre et d'autres pierres autour du sanctuaire du Dieu Nabou '.

Celui qui trône au-dessus des sept sphères du ciel et de la terre, ô ÔTref lirrà TtoXouç *, le Seigneur des légions du ciel, le Créateur du monde, ô Syjfxioupyoç, en un mot

1. F. Lenormakt. Origiîies de rhistoire, tome J, 520, 2« édition.

Page 1