‹ Paganisme des hébreuxChapitre 46 sur 137 · DÉCOUVERTES ÉPIGRAPHIQUES CONTEMPORAINES · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES ÉPIGRAPHIQUES CONTEMPORAINES

Cette déduction a reçu des découvertes contemporaines une éclatante confirmation. Une grande inscription du palais de Khorsabad a révélé l'existence d'un roi de Hamath qui s'appelle indifféremment lahou-Bid et Ilou-Bid. Ce roi syrien, contemporain d'Ézéchias, entra dans une coalition contre l'empire d'Assyrie, vers l'an 710. Battu et fait prisonnier par le destructeur de Samarie, Saryoukin ou Sargon, lahou-Bid fut écorché vif*.

Enfin, pour que sur l'identité de lahou et de Ilou il ne restât pas l'ombre d'un doute ni la possibilité d'une objection, une nouvelle inscription a fait connaître un roi de Damas qui s'appelait lahlou ; or lahlou est la contraction de lahou-Ilou < lahou est Ilou * ».

De cette longue et min utieuse discussion il résulte que

1. Maspëro, Histoire ancienne^ 395-397; et J. Menakt, Annales des rois, (V Assyrie, 205, 207, 209.

2. F. LiiNOiiMAKT, Origines de l'histoire, 578, d'après Schrader, 2® tMlition.

AVANT LA CAPTIVITÉ DE BABYLONE i57

la prononciation vraie du tétragramme sacré IHWIl était lahouh, dont le son, par un éclaircissement naturel, se modifiait en lahoh. La forme lehouk et lehoh était une variété de lahoh; ce qui est d'autant plus facile à comprendre que Thébreu n'ayant que des consonnes, l'emploi des voyelles dans la prononciation des mots-consonnes flottait incertain et indéterminé. Cette modifiation du son-voyelle devait se produire d'après le génie du dialecte de chaque fraction de peuple ou tribu; phénomène qu'il est facile de constater chez nous, en France.

IV° — L'appellation Iahou se trouve dans la composition DES noms d'un grand NOMBRE DE ROIS HÉBREUX.

Cette prononciation Iahou, où conduisent les documents des anciens auteurs et les inscriptions assyrobabyloniennes , est si bien la vraie prononciation que les noms propres de la plupart des rois hébreux renferment Iahou comme suffixe :

1** Abi-iahoUy Iahou est mon père; 2** Akhaz-iahoUy Iahou le soutient; 40 Zéchar'iah&a, serviteur de Iahou, etc.

Par abréviation, on disait Abiiah, Akhazïah, Zékariah, etc. De cette forme abrégée est venue la forme grecque ias, sous laquelle la Bible des Septante nous a fait connaître les noms propres hébreux; on a. eu Abias^ Okhozias, Zacharias,

Lorsque Iahou, labo, dans la composition d'un

nom, est préfixe, il prend de préférence la forme lehou, leho ; c'est ainsi qu'on a :

1** lehO'Saphaty le Jugement de lahou, ou, lahou juge :

2® leho-nathan, le don de lahou ;

3° leho-akaz, lahou le soutient, etc.

On a la contre-épreuve de cette modifîation grammaticale dans les noms identiques où lahou est placé en suffixe. Ainsi :

1** lehO'Saphat devient Saphat-iahou, par abréviation SaplMtiah;

2"" IehO'7iathan devient iVa^Aan-iaAow, par abréviation Nathaniah ;

3° leho-akhaz devient Akhaz-iahou, par abréviation Akhaziahy etc.

Il n'est guère de noms hébreux terminés en iah suffixe, qui n'aient leur symétrique en ieho préfixe. En voici d'autres exemples :

1* lehO'Hanan, lahou est gracieux, et Hananiah;

2* lehO'iiadab, présent de lahou, et Nadahiah;

3° leho-zakar, serviteur de lahou, et Zakariah, etc.

De môme que dans les noms chaldéens et syriens nous avons vu que lahou et Ilou se remplaçaient comme équivalents dans lahou-Bid, Ilou-Bid; de même aussi dans les noms hébreux, El remplace la hou, et réciproquement :

1* Mika-iahoUy qui est pareil à lahou? et Mika-El, qui est pareil à£/^

2® Abi'iahou^ mon père est lahou, et Abi-el, raon père est El .

3* Ouri-iahou, ma lumière, c'est IaKou; et Ouri-eU ma lumière, c'est E/, etc.

Il n'est pas jusqu'à la combinaison de/aA/owpour lahou-Ilou qui ne trouve son correspondant dans leho-El (Joël) et lehou-El < lahou est El > . Dans une inscription de Salmanazar, le roi de Syrie Khazael est appelé Khaza-Ilou * ; on voit que lehouel ou lehoel est le lahlou syrien en dialecte hébreu *.

Enfin, un roi d'Ephraïm a porté le nom même de la divinité nationale sous sa forme lehouh, c'est Jéhu, l'exterminateur de la dynastie d'Omri et l'un des plus odieux scélérats de l'histoire '.

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