RecsS; Histoire des Israélites
pliqué avec justesse et netteté par le savant M. Reuss : < Les générations qui ont réussi à s'élever à des conceptions plus pures et d'une forme plus parfaite des sentiments religieux, se persuadent aisément que ce qui est pour elles la vérité absolue et incontestable, l'a été aussi pour celles qui les ont précédées à une grande distance; et si des témoignages irrécusables constatent le contraire, au lieu d'y voir les traces d'une évolution, d'un progrès lent, mais naturel, elle n'y voient qu'un égarement accidentel et momentané. A moins de fermer les yeux à l'évidence, il faudra reconnaître que la religion primitive des Israélites n*apas été fort différente de celle des autres tribus sémitiques vivant dans les même contrées et placées dans les mêmes conditions sociales *. »
Et comment en aurait-il été autrement? Après la mort de Josué et de ses compagnons, le peu de cohésion que l'autorité et le prestige de ces chefs avaient pu donner à une confédération des tribus d'Israël s'évanouit. Les tribus se disséminèrent dans le pays de Chanaan, bataillant soit entre elles, soit contre d'autres Sémites depuis longtemps établis dans le pays. Non pas que ces luttes fussent des guerres véritables, au sens qu'aujourd'hui nous donnons à ce mot; c'étaient plutôt des incursions et des razzias telles qu'en font les Bédouins, ces Sémites du désert : < Juges, XVII, 6; XXI, 25. En ce temps-là, il n'y avait pas de roi dans Israël; chacun faisait ce qui bon lui semblait. » Ce verset caractérise à merveille la période de trois