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PIERRES SACREES

Les menhirs, pierres verticales, que les Sémites appelaient < Betli-El, maison de Dieu > , et les crommlechs ou menhirs disposés en cercle, qu'ils appelaient particulièrement < Guilgal on Galgala. cercle », faisaient partie du culte primitif *.

A. Genèse, XII, 7-8 (jéhoviste). Abraham dresse un menhir dans l'endroit oiîi l'Éternel lui était apparu. Il en dresse un second dans un autre campement.

B. Genèse, XIII, 17 (jéhoviste). Nouvelle mention du Béthel précédent. — 18. Abraham en élève un troisième à Mambré.

G. Genèse, XXVIII, 18 {jéhoviste), Jacob dresse en menhir la pierre qu'il avait eue sous sa tête pendant la vision de l'échelle; il répand de l'huile sur le haut de ce Béthel.

1. Rel'Ss. Histoire Sainte, torae 11, p. 369, note 6. Un guifgnf^ nom commun de plusieurs localités, parait avoir été une enceinte consacrée par une rangée de pierres placées en cercle. (P. 371, note 5.) Les guilgals étaient certainement d'antiques lieux de culte, peut-être chanauéens, et conservés ensuite comme tels par les Israélites.

1). Genèse, XXXV, 14 {elohiste). Second récit tivs modifié de la vision ; mais la mention du menhir consacré à l'Éternel et de son oignement d'huile est identique à celle du chapitre XXVIII.

E. Genèse, XXXI, 13 (jéliovisté). Le dieu du Béthel que Jacob avait oint ordonne à Jacob de retourner à Chanaan.

F. Jostœ, IV, 3-9 (jéhoviste). D'après l'ordre de Josué, douze menhirs sont dressés dans la plaine et douze autres dans le lit du Jourdain. Le nombre douze est déterminé par le nombre des tribus d'Israël ; celuici l'a été par les douze constellations du zodiaque où passe le soleil dans le cours de l'année. Le soleil est, en effet, le dieu qu'adoraient, sous différents noms, toutes les nations sémitiques. L'attribution vulgaire aux douze fils de Jacob de la division des Israélites en douze tribus est absolument erronée; les douze fils de Jacob sont un mythe ethnographique; ils n'ont jamais existé.

G. Jostié, XXIV, 26 (jéhoviste). En l'honneur de Jéhova, que l'Assemblée nationale des Hébreux avait choisi à l'unanimité parmi les autres Élohim comme Dieu-protecteur de la' confédération, Josué élève un menhir sous le chêne de Sichem.

H. 1 Samîiel, VI,14. Les deuxbœufs qui avaient amené l'arche sont immolés sur une grande pierre et offerts en holocauste.

I. 1 Samuel, VII, 12. Menhir dressé par Samuel à la suite d'une victoire ^r les Philistins.

J. 1 Samuel, XIV, 33-35. Saûl fait des sacrifice.^

expiatoires sur une pierre, puis il la consacre au Seigneur.

K. Juges, XIII, 19. Manué, père de Samson, sacrifie sur un rocher.

Ainsi, à partir d'Abraham jusqu'à David, le culte des menhirs n'a pas subi d'interruption.

Quoique le Livre des Rois n'ait plus de mention particulière sur le culte des pierres, il n'en est pas moins sûr que cette superstition s'est maintenue vivace chez les Hébreux jusqu'à la destruction de Jérusalem parles Ghaldéens. L'auteur anonyme du chapitre LVII qu'on lit dans le recueil attribué au prophète Ésaïe nous en a laissé l'authentique témoignage. Comme il écrivait vers Fan 536 avant l'ère chrétienne, c'est-à-dire à la fin de la captivité de Babylone, le tableau qu'il trace des mœurs du peuple hébreu embrasse la période des Rois tout entière.

« Esaïe, LVII, 6. épouse infidèle (la nation israélite infidèle à Jéhova), tu t'es attachée aux pierres polies du torrent; c'est là ton partage ; tu as répandu des libations pour les honorer; tu leur as fait des offrandes. Souffrirai -je patiemment tes outrages? »

A ce passage d'Ésaïe, M. Reuss ajoute le commentaire suivant : < Les peuples sémitiques avaient dans leurs lieux saints souvent des pierres informes, peutêtre des aérolithes, qui leur servaient de fétiches; qu'ils enduisaient d'huile et autour desquelles ils accomplissaient leurs rites sacrés, soit en plein air, soit dans les chapelles ou temples destinés avant tout à abriter ces objets de leur vénération. Telle a été dans l'origine

la pierre noire de la Kaabâ, à la Mecque * . » La pierre noire, Hadjar el aswad, est encore adorée aujourd'hui à la Mecque.

Le culte des pierres a continué de fleurir en Europe durant le moyen âge parmi les chrétiens. Il fallut, pour le réprimer, plusieurs siècles d'efforts ainsi que l'attestent les interdictions et les anathèmes qu'il encourut.

1** En Angleterre, il fut défendu au vii« siècle par Tarchevêque de Gantorbéry; au x® par le roi Edgar; au xi*^ par le roi Canut *.

2° En France, il fut proscrit par le concile de Tours en 567, Canon 22« ;

Par le concile de Nantes en 658, Canon 20^;

Par le concile de Lestines, Liptineme concilium, en 743, Canon 4^; dans l'index des superstitions païennes pratiquées par les chrétiens, le culte des pierres occupe le 7® rang.

Le concile et capitulaire d'Aix-la-Chapelle, tenu en 797 par l'ordre de Charlemagne, interdit aux Saxons le vénération des arbres, des fontaines et des pierres; le délinquant devenait et restait serf de l'Église jusqu'à ce qu'il eût payé une amende déterminée.

A l'époque moderne, le culte des pierres a régné et règne encore chez les sauvages des cinq parties du monde, entre autres chez lesSamoyèdes etlesOstiak^ de Sibérie. Dans l'Hindoustan, il compte de nombreux sectateurs; Shasti, patronne des enfants, et Siva lui

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