‹ Paganisme des hébreuxChapitre 54 sur 137 · COLONNES PHALLIQUES · texte numérisé non relu

COLONNES PHALLIQUES

Rappelons d'abord deux faits importants :

1° Les Israélites sortaient d'Egypte, où se célébraient les phallophories en l'honneur de Khem ou Ammon considéré comme principe générateur. On peut lire dans Hérodote, II, 48, le récit des processions où la statuette du dieu était promenée dans les villages au milieu d'un cortège de musiciens et de femmes chantant des hymnes.

2* Le pays de Chanaan envahi par les Israélites célébrait, de temps immémorial, le culte phallique.

A défaut d'autres preuves, ces deux seuls faits permettraient d'induire que les Israélites, durant la période qui s'étend jusqu'aux Rois, ont pratiqué le culte du phallus sous toutes ses formes symboliques. Les emblèmes phalliques étaient communs à toute la race sémitique. Sur les cylindres babyloniens et assyriens, à côté des représentations sidérales, on trouve toujours t deux emblèmes religieux, d'une nature très haute et très compréhensive, le symbole de

la Puissance divine suprême (le Phallus) par lequel on représente Anou ou Assour, et l'image du xrei; (le pubis féminin), le mipléçeth de la Bible *. »

Le profond respect et le caractère sacré que les peuples anciens attachaient à l'organe de la propagation de la vie sont attestés par une coutume qui remonte aux temps les plus reculés. Le genre de serment le plus solennel consistait à jurer en ayant la main posée sur les parties génitales de celui auquel on engageait sa parole.

A. Genèse, XXIV, 2. c Pose ta main sous ma cuisse, dit Abraham à son serviteur Eliézer, pour queje te fasse jurer par Jéhova que tu ne choisiras pas pour femme de mon fils une fille des Ghananéens. »

B? Genèse, XLVII, 29. Si tu m'aimes, dit Jacob expirant à son fils Joseph, pose ta main sous ma cuisse, et promets-moi d'en agir avec moi avec amour et fidélité : ne m'enterre pas en Egypte.

c Sous la cuisse » est un euphémisme usité pour désigner les parties sexuelles. Cette coutume se rencontrait aussi chez d'autres peuples de l'Orient, Égyptiens, Syriens, Arabes, d'après les témoignages des anciens *. En médecine, on donne le nom de sacrée à la région inférieure du corps; le ptea?w« sacré est l'entrelacement nerveux qui fournit leurs rameaux aux organes de la génération.

1. F. Lenormant, les Origines de VHisioire, 237. M. Lenormant, en cet endroit, renvoie à 3 Rois, XV, 13, et à 2 Chroniques, XV, 16, dont il sera parlé plus loin ; il s'agit de la reine- mère Maacha.

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