Ttlor, la Civilisation f tome IT
L'Ancien Testament nous en fournit plusieurs exemples remarquabless :
A, Genèse^ II, 17. « Vous ne mangerez point, dit Jéhova, du fruit de Tarbre de la science du bien et du mal; car au même jour où vous en mangerez, vous mourrez de mort. » Et lorsqu'Adam eut mangé le fruit, Jéhova dit : Genèse, III, 22. « Voici, l'homme est devenu comme Tun de nous pour la connaissance du bien et du mal. »
La connaissance du bien et du mal, au sens biblique, n'a aucunement la signification philosophique moderne de connaissance des choses honnêtes et des choses malhonnêtes. Elle est la connaissance du bien physique et du mal physique, des choses heureuses et des choses malheureuses, ou, selon le langage des stoïciens, des commoda et des incommoda. Cette prévision de l'avenir est l'apanage caractéristique de la divinité; c'est ce qu'exprime très nettement la réflexion de Jéhova : t Et voilà que l'homme est devenu semblable à un de nous Élohim, à un de nous dieux. » Avec le sens moderne de connaissance de l'honnête et du malhonnête, non seulement la réflexion de Jéhova serait peu compréhensible, mais elle serait criminelle au point de vue théologique; car si l'homme n'a pas été créé pour faire le bien et pour fuir le mal, pourquoi l'avoir créé? Réduit à Tétat de tube intestinal qui mange, boit et déambule, l'homme n'a plus de raîson d'être; le ver de terre déjà créé suffisait à remplir ces fonctions physiologiques. Il résulte de là que l'Arbre de l'Eden est l'arbre de la con-
naissance de l'avenir; c'est un arbre prophétique *.
B. Juges ^ IV, 5. Également prophétique est le palmier de Déborah sous lequel se tenait la prophétesse, lorsque les Israélites venaient la consulter.
C. Juges, VI, 11-20. Tel était le térébinthe sous lequel Jéhova apparat à Gédéon; Gédéon fit une offrande d'un chevreau et d'un gâteau de farine.
D. Jv^es, IX, 37. Près de Sichem se trouvait un chêne portant le nom caractéristique de chêne des devins.
E. 2 Samuel y V, 24. David consulte Jéhova sous les baumiers, et le mouvement de leurs cimes lui révèle le passage du dieu qui va marcher devant lui pour le conduire au combat, c Quand tu entendras à la cime de ces baumiers, dit l'Éternel, comme le bruit de quelqu'un qui marche, alors jette-toi sur les ennemis, car Jéhova sera à votre tête pour tailler en pièces les Philistins. »
t On voit par cet exemple que les Hébreux admettaient, comme les peuples qui les entouraient, la valeur prophétique attachée à l'agitation et au bruissement des feuilles des arbres; pour eux la volonté divine pouvait faire de chacun d'eux un arbre de science et de connaissance '. »
Les anciens Arabes vénéraient comme prophétique le Sptna œgyptiaca qu'ils appelaient Samourah; ils en portaient les épines en guise de talismans. Une tribu
1. F. Lemormant, Origines de rHUtoire, p. 85 et suivantes; 2« édition, tome I.