NORMANT
Le Samourah prophétique des Arabes Pétréens a laissé sa trace dans un épisode célèbre de VExode. Moïse, réfugié auprès de 'son beau-père, au sud de l'Arabie Pétrée, près du mont Horeb, reçut de Jéhova, par l'intermédiaire d'un buisson prophétique, l'ordre de retourner en Egypte. Le buisson ardent du mont Horeb est un Spina œgyptiaca (Exode, III, 2 et suivants).
On voit donc que, d'Abraham jusqu'aux rois, la vénération des arbres prophétiques, interprètes des desseins de Jéhova, a régné chez les Hébreux.
11° Arbres symboliques. — P Dans l'antiquité la plus reculée, les Aryas de l'Inde avaient un arbre de vie, auquel ils finirent par rendre un culte divin; c'est le Soma, l'arbre qui fournit la liqueur alcoolique, aliment d'Agni (Asclepias acidula ou Sarcostemma viminalis des botanistes), c Roi des plantes, dont iJ incarne en lui toutes les vertus de vie et de force, il est l'ambroisie (en sanscrit amritam) qui donne aux dieux leur vigueur et leur immortalité; c'est en bu-
vant le Soma que le mortel lui-même atteint la vie éternelle : Nous avons bu le Soma, nous sommes devenus immortels \ »
L'arbre de vie chez les Aryas de Tlran (Perse et 3Iédie) est le même que celui des Aryas de Tlnde; c'est VHaoma, forme zende du sanscrit Soma.
Le peuple anté-historique qui peupla tout d'abord la Ghaldée et l'Assyrie, les Accadiens, avaient aussi un arbre de vie. Bien plus, le nom accadien de Babylone, celui qu'elle porta dans la nuit des temps, est Tin-tir-ki, qui signifie « Le lieu de l'arbre de vie '. • Cette dénomination atteste d'une manière irrécusable la vénération qu'avaient ces peuples anciens pour l'arbre de vie. Sur les bas-reliefs assyriens, le dessin qui représente le fruit de l'arbre de vie ressemble à celui du Soma, c'est-à-dire au fruit de VAsclepias acidula. Souvent aussi la représentation de l'arbre de vie semble copiée sur une sorte de Mai composé artificiellement avec des parties prises à des végétaux divers et lié de bandelettes '.
Le rapprochement entre l'arbre de vie des Chaldéo- Assyriens et celui des Aryas s'impose d'autant plus impérieusement que chez les deux peuples l'arbre de vie est gardé par des êtres fantastiques. Chez les Aryas de l'Inde, ce sont les Gandharvas, génies moitié hommes et moitié aigles, qui sont gardiens du Soma.