ROYAUME D'ISRAËL
Résumé d'après 4 Rois, XVII. — € Traduction de if. Rems, 8. Les enfants d'Israël révérèrent des dieux étrangers et pratiquèrent les coutumes des nations que le Seigneur avait chassées devant eux ainsi que les coutumes qu'avaient établies les rois d'Israël contre l'Éternel, leur dieu (culte de Jéhova sous la forme symbolique du Taureau). — 9. Les enfants d'Israël avaient fait des choses qui n'étaient pas bien, en se construisant des hauts lieux de culte dans toutes les résidences, depuis la tour isolée des gardiens jusque dans les grandes villes. — 10. Ils avaient placé des colonnes et des Astartés sur toutes les collines élevées et sous tous les arbres touffus. — 11. Ils avaient brûlé de l'encens dans tous ces lieux de culte, à Tinstar des peuples que l'Éternel avait autrefois chassés devant eux. — 16. Ils avaient négligé tous les commande-
ments de TÉtemel, leur dieu, et s'étaient fait deux taureaux en or fondu et une Astarté, et avaient adoré toute l'armée du ciel (c'est-à-dire les sept planètes, etc. *), et s'étaient prosternés devant Baal. — 17. Ils avaient fait passer par le feu leurs fils et leurs filles, et s'étaient adonnés à la divination et à la sorcellerie, »
no — ROYAUME DE JUDA
lo Résumé d'après 4 Rois, XVII et XXIII. — Après avoir reproché aux enfants du royaume d'Israël d'avoir suivi la religion des Sémites cananéens, l'historien des Rois accuse les enfants du royaume de Juda d'être tombés dans les mômes erreurs : c 19. Les enfants de Juda même ne gardèrent pas les préceptes du Seigneur, leur dieu; ils imitèrent les coutumes qu'Israël avait pratiquées. »
Dans le récit de la révolution religieuse que tenta Josias, on a une énumération à peu près complète des cérémonies en vigueur dans le royaume de Juda :
1° Le culte de Jéhovaau temple de Jérusalem, desservi par le clergé officiel.
1. Les Phéniciens adoraient les sept planètes, seules connues du monde ancien, sous le nom de Kabirinij les Puissants. Le dieu Eschmoun, huitième cahire, personnage invisible, présidait au mouvement des corps célestes. Les constellations symbolisaient toute une classe de dieux inférieurs, à savoir, les Tsophésamim, contemplateurs des deux; elles étaient considérées comme ayant une influence sur le monde des hommes et des animaux.
2® Le culte de Jéhova sur les hauts lieux, desservi par un clergé inférieur (4 Rois, XXIII, 5, 8, 9).
3° Le culte de Baal et d'Astarté, avec les colonnes symboliques, les cônes en bois, les bocages, avec leurs desservants, hommes ou femmes, qui se vouaient à la prostitution sacrée, kédeschim et kédeschôth (4 Rois, XXIII, â[ 5, 6, 7, 12, 14).
Baal était adoré sous ses diverses personnifications, Baal-Molok, Baal-Kémosch, etc. En son honneur, on brûlait les premiers nés dans la vallée de Hinnom, h l'endroit nommé Tophet (versets 10, 13).
4® Enfin le culte des dieux sémitiques inférieurs, sous le nom de V armée du ciel, c'est-à-dire le soleil en tant que corps céleste (car, conçu comme cause créatrice, le soleil était Baal), la lune, les planètes.
Au soleil étaient consacrés des chevaux élevés dans les écuries royales; ils traînaient les chariots saints dans les fêtes du soleil (versets 4, 5, 11).
Il résulte de cette énumération que la religion pratiquée par les enfants du royaume de Juda était identique à celle des autres Sémites cananéens.
IP Résumé d'après Jérémie. — Jérémie a écrit de l'an 628 à l'an 586, c'est-à-dire du règne de Josias jusqu'aux deux années qui suivirent la chute de Jérusalem, c Jérémie, VII, 9. Vous offrez de l'encens à Baal, vous allez chercher des dieux étrangers dont vous ne savez rien*. — 17. Ne voyez-vous pas ce
1. Reuss, Prophètes, tome I, 452^ note 4. C'est-à-dire, des dieux qui ne vous ont pas donné des preuves de leur puissance ni même de leur existence.
qu'ils font dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem? — 18. Les enfants amassent le bois, les pères allument le feu, et les femmes pétrissent la pâte pour faire des gâteaux à la reine du ciel (Astarté ou Aschéra), pour répandre des libations aux dieux étrangers, afin de me causer du chagrin. — 30. Les enfants de Juda ont fait ce que je déteste, dit l'Étemel; ils ont placé leurs idoles dans la maison à laquelle est attaché mon nom, pour la profaner. — 3i. Us ont bâti les hauts lieux de Tophet dans la vallée de Ben- Ilinnom pour y brûler leurs fils et leurs filles... >
XIX, 56; XXII, 35. Même affirmation du culte que les enfants de Juda rendaient à Baal-Molok; holocauste des premiers nés.
Ainsi, pendant tout le temps de la monarchie, le culte des dieux sémitiques a fleuri dans Jud$i.
Lorsque Jérusalem fut prise et détruite par Nabuchodonosor, un grand nombre d'Hébreux se sauvèrent en Egypte, et Jérémie avec eux. Établis en Egypte, les réfugiés hébreux continuèrent â honorer Baal et Astarté. Jérémie les adjure (XLIV) de ne plus offenser l'Éternel, le dieu d'Israël; il leur rappelle les désastres de la patrie et leur fait craindre un châtiment aussi terrible. La réponse que les réfugiés hébreux font à Jérémie est d'un haut intérêt pour l'histoire; elle peut se résumer ainsi : € Avant le roi Josias, nous adorions Baal et Astarté, et nous étions heureux; les malheurs de Juda, nos propres malheurs datent du jour où Josias proscrivit le culte de nos dieux sémitiques. Par conséquent nous continuerons à vénérer Baal et
Astarté. » Cette réponse topique montre combien la réforme opérée violemment par Josias heurtait de front le vrai culte du peuple, celui qu'il pratiquait depuis tant de siècles. Cette réforme était donc une nouveauté; elle devait s'écrouler le jour où disparaîtrait la main qui l'imposait.
Voici les versets de Jérémie : « XLIV, 15. Tous ces hommes qui savaient que leurs femmes brûlaient de Tencens aux dieux étrangers; toutes les femmes qui étaient là en grand nombre, et tout le peuple qui demeurait en Egypte, répondirent à Jérémie en ces termes : — 16. Nous ne recevrons point de ta bouche les paroles que tu nous dis au nom du Seigneur. — 17. Mais nous exécuterons les vœux que notre bouche a prononcés, en offrant de l'encens à la reine du ciel (Astarté) et en lui faisant des libations, comme nous avons fait, nous et nos pères, nos rois et nos princes, dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem; car alors nous avions du pain à satiété, et nous étions heureux, et nous ne connaissions pas le malheur. — 18. Mais depuis que nous avons cessé d'encenser la reine du ciel et de lui offrir des libations, nous manquons de tout, et nous périssons par l'épée et par la famine. »
IIP Résumé d'après ÉzÉcrnsL. — Ézéchiel, qui écrivit de 594 à 572 avant Jésus-Christ, fut du nombre des Hébreux qui furent emmenés en captivité avec le roi Joakhin U ou Jéchonias par Nabuchodonosor. Les 24 premiers chapitres du livre d'Ézéchiel paraissent avoir été écrits avant la destruction de Jérusalem en 588.
€ Ézéchiel, II, 3. Il dit : Fils de Thomme, je t'envoie vers les enfants d'Israël, ces païens, ces rebelles, qui se sont révoltés contre moi. — V, 11. Oui, par ma vie, parole du Seigneur l'Éternel! parce que vous avez souillé mon sanctuaire avec vos idoles et vos abominations, moi aussi, je vous retrancherai. — VI, 13. Alors vous reconnaîtrez que moi je suis l'Éternel, quand leurs morts jonchent la terre au milieu de leurs idoles, autour de leurs autels, sur toutes les collines élevées^ sur les sommets des montagnes , sous tous les arbres verdoyants et sous tous les térébinthes touffus où ils ont offert leurs suaves parfums à leurs idoles. — VIII, 8, Fils de l'homme, percez la muraille; et ayant percé la muraille, il y eut une ouverture semblable à une porte. — 9. Il me dit : Entre, et vois les effroyables abominations que ceux-ci font en ce lieu. — 10. J'entrai et je vis toutes sortes d'images de reptiles et d'animaux, objet d'un culte détestable, et toutes les idoles de la maison d'Israël peintes sur la muraille tout autour de la salle. — 11. Soixante et dix hommes des anciens de la maison dlsraël étaient debout devant ces peintures, et Jczonias, fils de Saphan, était au milieu d^eux; chacun d'eux avait un encensoir à la main, et la fumée s'élevait en haut. — 14. Il me mena à l'entrée de la porte de la maison du Seigneur qui regarde le septentrion, et je vis des femmes qui assises en ce lieu pleuraient Tammouz *. »
1. Comme on Ta dit, le Tammouz des Sémites est V Adonis des Grecs, le soleil printanier dont la mort est pleurée au solstice d'été.
Le chapitre XVI renferme la célèbre allégorie de la nation israélite sous la forme d'une jeune fille que l'Éternel nourrit, protège, enrichit, dans son enfance, et qu'il épouse lorsqu'elle atteint l'âge de nubilité. Mais l'épouse est infidèle à son époux et se plonge dans les plus infâmes débauches.
V Origine des Israélites. — Chap. XVI, 3, 45. D'après Ëzéchiel, les Israélites appartiennent au même groupe sémitique que les peuples cananéens. L'histoire et la philologie modernes ont confirmé cette assertion du prophète.
2*^ Culte de Baal et d'Astarté sur les hauts lieux, dans les petites tentes où étaient placés les symboles des divinités; images phalliques; vêtements brodés pour les idoles (XVI, 16, 18'; — comparer à 4 Rois, XXIII, 7).
3« Prostitution sacrée. — Chap. XVI, 16, 24, 31, 39. Elle avait lieu dans des locaux particuliers {fomix) ou dans de petites tentes dressées sur les hauteurs; par hauteurs, il faut entendre non seulement les collines, endroits ordinaires du culte, mais des élévations en certaines places de la ville qui devaient être disposées en chapelles * .
4^» Holocaustes d'enfants à Baal-Molok. — XVI, 20, 21. C'était un vol fait à Jéhova parce que tous les premiers nés lui appartenaient.
Enfin Ézéchiel prétend que Sodome (verset 48) et
1. Les petites tentes dressées sur les hauteurs sont l'analogue des Succothhénoth « tentes des filles » de Babylone, où les femmes, une fois dans leur vie, se prostituaient en Thonneur de Mylitta.
Samarie (verset 51) furent moins criminelles que Jérusalem. Exagération poétique, sans doute; car, à quelques nuances près, le culte des dieux sémitiques régna également chez tout le peuple hébreu.
5» Idolâtrie dès la sortie d'Egypte. — Au chap. XX, 7, Ézéchiel accuse les Israélites d'idolâtrie dès la sortie d'Egypte. — « 7. Et je leur dis : Que chacun de vous éloigne de soi les abominations qu'il a devantles yeux; et ne vous souillez point avec les idoles d'Egypte : moi, Jéhova, je suis votre dieu*. »
6"* Simultanéité du culte de Baal et de Jéhova, — Le chapitre XXIII contient Tallégorie de Samarie et de Jérusalem sous la forme de deux femmes nommées Oholah et Ohololibah. On sait que telle est l'impudeur des expressions qu'il est impossible à un écrivain profane de les transcrire. Aux versets 37, 38, 39, sacrifices d'enfants à Molok; de là on se rendait au temple de Jéhova, ce qui prouve qu'on adorait à la fois Baal et Jéhova. € — 39. Et tandis qu'elles sacrifiaient leurs enfants à leurs idoles, elles entraient en même temps dans mon sanctuaire pour le profaner : voilà ce qu'elles ontfaitdans l'enceinte de ma maison. »
1. Reuss, Prophètes f tome II, 61, note 6. « Il est à remarquer qu'Ezéchiel nous représente les Israélites antérieurs à Moïse et contemporains de ce prophète comme adonnés au paganisme. Le Pentateuque n'en dit rien ; mais la science moderne trouve cette accusation très digne de foi. » Comparer à Amosy qui vivait sous Jéroboam II, dans la première moitié du vin» siècle avant Jésus-Christ. « Verset 25. Est-ce à moi, maison d'Israël, que vous avez offert des sacrifices et des gâteaux au désert, pendant quarante ans? — 26. Au contraire, vous avez porté l'arche de votre Molok-Khioun, vos images et l'étcile de vos dieu:c que vous vous êtes faits. »