Z. A. II, 5Ü
(o)Sotiüii. ap. Diog. l.'jert proüMii. 7. Strab. p. 735 Agath.2, ii.
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seulement en Medic, mais chez les descendants des Perses, etablis en Egypte, en Phrygie et en Galalie (i).
06. — Les Perses ne pouvant eviter les souillures legales si nombreuses, devaient recourir ä chaque instant aux puritications. C'etait \k un devoir sacre et imperieux. L'urine de boeuf etait le principal remede: Fapplication en etaitaccompagnee de prieres et d'anathemes (2). Elle devait toujours etre employee avant toute autre matiere purifiante : on se frottait ensuite avec de la poussiere ou de la terre. Si le Perse, Charge d'une impurete legale, se lavait avec de l'eau, il souillait l'element saint et pur, « l'armure qu'Ormuzd donna ä Thomme, » et commettait un enorme peche. L'enfant qui venait de naitre etait lavetrois fois avec de l'urine de bcßuf, une fois avec de l'eau. Mainte purification devait etre reiteree tous les jours: la plus efticace, mais aussi la plus ditllcile etait celle qu'on continuait durant neuf nuits. Dans celle-ci, comme dans beaucoup d'autres, l'intervention du pretre etait necessaire: tout dependaitdu soin,de Fexactitude qu'ilmettait äaccomplir le rit sacre. Si le ministre desdieux, appeledanscebut, se retirait decourage ou mecontent, par exemple, ä cause de la modicite de la retribution regue, le Parse peu genereux etait frappe d'une nouvelle souillure, plus ä craindre que la premiere: le Drucks, le demon de l'impurete s'emparaient de lui. Les maux se multiplient sur la terre, les champssont frappes de sterilite, quand celui qui purifie ne connait pas assez la loi. II paiera de sa vie sa folle et sacrilege temerite (5).
07. — Les purifications ne suffisaient cependant pas pour effacer les fautes, Le Zend-Ävesta est rempli de
(I) Ap. Euseb. Praep. Ev. p. 273, -279. (2)Z. A.ii, 351.
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penalites, consistant en un certain nombre de coups. Ormuzd lui-meme en a determine le nombre, et l'instrument dont il fallail se servir, pour chätier certaines faules, meme involontaires. Toutes ces prescriptions prouvent ä Tevidence qu'une theoeratie severe dominait, au moyen de la religion, toute l'existence des Perses. Pour se reconcilier avec la Divinite etconjurer les chätiments ä venir, il fallait recourir aux.oeuvres de penitence, toujours proportionnees ä la grandeur de la faute commise. Ces actes expiatoires etaient: apporter dubois pour alimenter le feu sacre: faire des trousses de Barsam ; tuer un grand nombre de serpents, de tortues, de lezards, defourmis, de souris, de cousins; detruire les trous immondes des animaux d'Ahriman ; fournir aux pretres, aux guerriers, aux laboureurs les Instruments de leur profession; ceder aux « hommes saints, » a ses coreligionnaires, un fleuve, un champ, une maison, ou leur procurer une epouse pour l'expiation de son äme.
58. — Comme tout ce qui ne se rapportait pas ä Ormuzd ou aux dieux crees par lui, tombait sous le joug d'Ahriman et etait en quelque sorte un culte rendu ä ce genie tenebreux ou ä ses Dewas, la religion des Parses devait etre, plus que toute autre forme du Paganisme, exclusive et intolerante. Un Perse sincerement attache ä sa foi ne pouvait vivre avec ceux qui professaient un autre culte. Et cependant, le Zend-Avesta suppose que les fideles d'Ormuzd habitaient parmi les adorateurs des Dewas ou dieux etrangers. Les sujets d'Ormuzd, est-il dit dans le Vendidad, qui veulent devenirmedecins,s'exerceront d'abord sur les adorateurs des Dewas. Si trois de ceux qu'ils traitent viennent successivement ämourir, le medecin-aspirant doit renoncer ä son art. Si, au contraire, ils rendent la sante a trois adorateurs des Dewas, il leur est permis de soi-
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gner les vrais serviteurs d'Ormuzd. Calomnier « un Saint » aupres d'un sectateur d'une autrc croyance, est un peche grave. Ceux qui se melent aux adorateurs des Dewas, devraient etre tues comme les serpents venimeux, les loups et les lezards (i). Les Perses ne pouvaient pas supporter la vue de ceux qui ne suivaient pas la vraie religion et des crimes sans nombre qu'ils commettaient contre les elements sacres ; les chretiens l'ont eprouve : on leur reprochait d'employer l'eau ä de vils usages, de tuer tous les animaux sans distinction, d'enterrer les cadavres. Cambyse en Egypte et Xerxes en Grece prouverent d'une terrible maniere la haine qu'ils portaient contre les idoles et les dieux etrangers. Cependant ils menageaient ordinairement les cultes des peuples soumis ä leur sceptre, peut-etre par politique, peut-etre aussi parce que depuis longtemps la religion perse s'etait ecartee des prescriptions des livres Zends, pour adopter des formes de culte venues de l'Asie occidentale.
59. — La partie la plus compliquee, la plus vexatoire de la legislation perse, est sans contredit celle qui se rapporte ä la mort et ä la maniere de traiter les cadavres. La mort d'un homme pur, c'est-ä-dire, d'un serviteur d'Ormuzd est une victoire d'Ahriman ; reciproquement, la mort d'un etre cree par Ahriman est un triomphe d'Ormuzd. L'infection qui sort du cadavre se repand d'autant plus loin que le defunt appartenait ä un rang plus eleve (2). Les objets qui avaient ete en contact avec un cadavre etaient soigneusement evites: le Vendidad a sur ce point de nombreuses prescriptions et de penalites pour les prevaricateurs. Jeter ou ne pas relever un chien mort, etait un delit
(1) Vend.IS, lf>3-133.
(2) Vend. 0,86. ff. p. 109. Spiegel.
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puni dedeux mille coups de bäton (i). Pareil chätiment est reserve ä celui qui couvre un mort d'un vetement de coton et de poils d'animaux, ayant un seul fil de neuf. Jeter un mort dans l'cau, l'enterrer, le brüler sont des forfaits irremissibles. 11 ne restait donc plus qu'ä exposer les cadavres dans les champs ä la voracitö des oiseaux et des chiens. Mais la terre ne pouvait etre profanee : on creusait donc une fosse, dans un endroit depourvu d'arbres et d'eau, cette fosse etait comblee de poussiere et de pierres, sur lesquels on posait et attachait le cadavre nu. C'est ce qu'on appelait un Dakham. Mais ces Dakhams devenaient le rendez-vousdes Dewas, qui lä plus que tout ailleurs, sont hostiles et nuisibles aux hommes: au3si fuyait-on ces lieux de malediction, L'Hyrcanie elevait une race particuliere de chiens auxquels on jetait les cadavres. Etre devore par les animaux etait la meilleure des inhumations (2). Quand le corps ainsi expose ä l'air etait reduit en poussiere, le Dakham devait etre detruit : c'etait lä un acte des plus meritoires ; il effa^ait tous les crimes (3). Le plus grand malheur qui put f rapper un croyant, c'etait de toucher un cadavre: il devait immediatement se laver quinze fois, se frietionner autant de fois avec de la terre et puis se faire purifier par le premier homme qu'il reilcontrait (i).
60. — Parfois on enterr|iit des hommes vivants ; Herodote qui parle de cette coutume, rapporte que les Mages qui accompagnaient Xerxes dans son expedition en Grece firent enterrer tout vifs neuf garcons et fiUes indigenes dans neuf rues des Edoniens; la reine Amestris, ajoute-t-il plus loin, sacrifia de la meme
(1) Vend. 6,o3, p. 119.
(-2) Cic. Tusc. 1, 45.
(ö) Vend. 7,126 ff. p. !ö4.
CO Vend. 8, 271. ff.
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maniere quatorze enfants appartenant h des familles perses tros-distinguees. On se demande si, aux yeux des Perses, c'etait \k « une profanation inou'ie de la terre (i). » Celle-ci n'etait souillee que par le contact d'un Corps, dont le demon de la mort, (DruckhsNasus) avait pris possession. Celui-ci ne pouvait, d'apres les theories des Perses, s'emparer de ceux qu'on enterrait tout vifs. Aueuns croyaient qu'on prolongeait sa vie, en offrant ä Ahriman et aux Dewas ou genies de la mort plusieurs vies humaines; persuasion, qui s'appuyait probablement sur les memes idees que la preparation du Homa avec le sang d'un loup. L'usage de deposer les rois Perses dans des cercueils de metal ou dans des monumcnts creuses dans le roc, ne froissait pas le sentiment religieux du peuple : la terre restait toujours pure.
64. — Quand l'homme meurt, les demons s'emparent de son corps ; mais le troisieme jour, il recouvre la connaissance, il a conscience de son etre : l'äme du juste depasse les hauteurs dont Mithra s'elance et d'oü le soleil commence sa carriere ; eile atteint le pont Tschinevad, construit par Ormuzd et lä on l'interroge sur la maniere donteile a vecu dans lemonde des corps. Ensuite les Izeds Celestes la conduisent au trone de l'Amschaspand Bahman et delä dans le Gorotman, oü Ormuzd reside. Ainsi parle le Vendidad (2). D'apres un fragment Zend d'une date plus recente, l'äme rencontre sur cette route sa propre loi, c'est-ä-dire, le reflet des actions de toute sa vie : celle-ci cachee sous la forme d'un etre lumineux et beau, lui dit : « Je suis la purete k laquelle tu..as aspire : je suis ta pensee, ta parole, tes actes purs (2). » La doctrine de la resur-
(1) Comme l'a peiis6 Spiegel (Zeitsch. d. ü. M Ges. ix, ISi )
(2) Vcnd. 19, 96 ff.; p. 249.
(3) Chez Rhode, p. 402.
rection, inconnue aux anciens livres Zends, ne parait qu'ä iine epoque plus recente de l'histoire de la Perse et ne saurait par consequent, avoir Zoroastre pour auteur. Une espece de chiliasme semble avoir existö chez eux d'assez bonne heure : Theopompe (i), contemporain d'Alexandre, rapporte le trait suivant: un jour viendra qu'Ahriman succombera dans la lutte entreprise contre Ormuzd : alors les hommes seront heureux : ils n'auront plus besoin de nourriture,ne projetteront plusd'ombre (leurs Corps seront glorifies). Le dieu, auteur de cette felicitejouirad'un repos dont laduree, longue en ellememe, equivaudra pour lui au sommeil d'un homme. Les bienheureux meneront la meme vie, sous l'empire d'unememeloi; tous parlerontlameme langue. Decette felicite ne seront pas meme exclus, ceux qui (^taient mortsdepuis longtemps: les mages, dit lememe historien,enseignaient que les hommes renaitront ä une vie immortelle et verront tous leurs voeuxcombles (2). Dans le temps qui preceda immediatement l'invasion d'Alexandre, les theories de la fin des choses diviserent les mages : une ecole fondee par quelques-uns d'entr'eux, enseigna la metempsycose et rejeta le dogme de la resurrection peu en harmonie avec la premiere (3). Les deux partis existerent Tun ä cöte de l'autre, durant la domination des Macedoniens et des Parthes, epoque de decadence pour la religion de Zoroastre. Leur position respective se modifia lors de la restauration religieuse qui eut lieu aux premiers jours des Sassanides. Les Partisans de la resurrection triompherent ; leur doctrine s'accordait avec l'esprit de la religion parse mieux que la metempsycose. La mort est l'^uvre d'Ah-
(1) Biirn Jouru. As. 1840. T. x, p. ^ö'!. Spiegel (Miinchii. Gcl.-Anz. 1847, I, 159.
(2) Ap. Diog. Laert. Prooeni. 8.
(5) Eubul. ap. Porpli. Abst. 4, 16.
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riman: lecorpsdel'homme, forme parOrmuzd, n'estque souille par sonadversaire. Des lors il estnaturel qua la mort disparaisse apres la defaite totale d'Ahriman — le germe de mort qu'il a depose dans le corps del'homme est etouffe — les hommes, revetus de corps purs comme rEtlier,jüuiront d'uiie existence Immortelle etheureuse sur la terre soustraite desormais ä toute inttuence du principe du mal et de ses Dewas. Gette doctrine triompha et la secte des Maguseens, qui regardant le corps comme fait par Ahriman, comme une prison oü l'äme expie les fautes d'une vie anterieure, rejetaient, par consequent, la resurrection, fut expulseeet condamnee a diverses reprises (i). Aussi le Buiidehesch reduit la theorie de la resurrection en Systeme et la rattache au dogme de Sosiosch.
62, — Sosiosch, prophete ou protecteur, doit naitre vers la fin dumonde. Le Vendidaden parle d'une maniere un peu vague et se contente de dire qu'il sortira de l'eau Kansoya situee ä l'Orient (2). Le Bundehesch le peint d'une maniere plus complete. Ilparaitra, lorsque le mal et l'iniquite aura pris le dessus parmi les hommes : deux autres prophetes, Oscheder-Bami et Oschedermah, le precederont et regneront chacun mille ans. Sosiosch qui viendra apres -eux defait la mort et juge le monde : revetu de la force d'Ormuzd, il rappellera les morts ä la vie. Comment, demande Zoroastre ä Ormuzd, comment pourra se reformer un corps, dont les tlots et les vents ont empörte les debris ? Ormuzd lui rappeile la toute-puissance de la force creatrice : celui qui a forme le grain du froment, et lui fait lancer du sein de la corruption, une tige verdoyante, rappellera, mais seulement une fois, les morts k la vie. Kaiomorts
(1) Fauchet'. Mem. deTacad. des Inscript. T. xxxix, 725,790.
(2) Vend. 19,18, p. 24i.
sortira le premier de la poussiere, puis Meschia avec Meschiane : 57 ans apres, aura lieu la resurrection generale. Sosiosch donnera k tous le Homa et ce qui vient du taureau et leur assurera ainsi l'immortalite. Les hommes auront le temps de se revoir et de se reconnaitre ; mais apres les premiers öpanchements de la joie, viendra la Separation. Sosioseh, jugeantd'un lieu eleve le genre humain tout entier, separera les justes des criminels. L'epoux, le frere, l'ami seront arraches aux bras de l'epouse, de la fille, de l'ami. Les justes entreront dans le Gorotman ; les Darvandsou impurs seront de nouveau plonges dans le Duzakh ou enfer, oü ils etaient tombes apres leur mort (i). Enfin, une vaste contlagration purifiera la creation : la comete Gurzscher se precipitera sur la terre et les metaux que celle-ci renferme, entreront en fusion. A travers ces flammes liquides et expiatoires passent saints et Darvands. Ahriman lui-meme y depose ses souillures. Le Duzakh serapurifie. Le malest desormais detruit; tous les hommes porteront des vetements Celestes, et s'uniront pour le grand oeuvre qui consiste k chanter leslouanges d'Ormuzd et des Amschaspands.
63. — Parlons maintenant d'un culte qui, quoiqu'originaire de la Perse, y fut tres-peu röpandu et ne semble pas avoir rencontre beaucoup de Sympathie chez les sectateurs de la doctrineZende. Le culte de Mithras se separa de l'ensemble de la doctrine Parse et voulut suivre sa propre destinee. Plustardil se repandit dans rOccident Greco-Romain : dans les derniersjours de la republique, vers l'an 70 av. J.-C., les pirates qui ravageaient les cotes de l'Asie, l'introduisirent en Grece
(I) Z. A. 1,411-ilO.
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et en Italic (i), oü il se presenta comme une religion voilee sous des initiations etdesepreuves mysterieuses. II rallia un grand nombre de ceux qui ne montraient plus que de l'indifference ou de l'incredulitö k l'egard des autres divinites. Les legions romaines le porterent jusqu'aux limites occidentales et septentrionales de l'empire : partout il eleva de nombreux monuments et jeta sur les derniers jours du Paganisme decröpit, le reflet d'un sentiment religieux plein de mystere, noble et moral.
64. — Originairement, Mithra n'etait pas un dieu solaire aux yeux des croyants Zends. Le Zend-Avesta le distingue du soleil et le place dans le ciel entre I'astre du jour et l'astre de la nuit. « II feconde et fait reverdir les pres arides ; il est le germedes germes, vivifiant la nature et multipliant les eaux et les arbres.» Les bergers l'invoquent pour la multiplication des troupeaux: comme Anahita, il est le dieu de la fecondite, « le maitre de la vie, le chef de toutes les creatures » (2). Eleve au-dessus de tout par Ormuzd, il est le mediateur entre celui-ci et les hommes, le lien qui maintient l'harmonie des mondes. Au fond, il repr^sente le cote agissant d'Ormuzd : celui-ci est « absorbe dans son repos, » et Mithra produit et lutte toujours (3}. Sans cesse il combat contre Ahriman, l'ennemi du ciel, de la terre et du genre humain. C'est lui qui verse sur riran la plenitude de la benediction: il juge les morts sur le pont Tschinevad. Parfois il descend dans les regions inferieures.mais seulement pour veiller sur les morts et poursuivre jusque dans son dernier refuge le roi des tenebres et des Dews, le Pere de la
(I)Plut. Pomp. 24.