VL — CARTHAGE
Carthage etait en ruines depuis l'an 146 avant J.-C. ; mais le culte carthaginois, branche de la religion phenicienne, s'etait conserve ainsi que la langue punique qu'on continua ä parier dans le pays pendant des siecles, quoique la langue latine predominät dans les villes peuplees de Romains. Les Colons italiens et leurs desccndants surentfacilement s'acconimoder aux dieux
(1) Ibid. 1, 5(j0.
ET JUn.MSME. 327
puniques et h leurs cultes; ils prirent Baal ou Moloch pour Saturne et Astarte ou Celestis, comnic eile s'appelait en Afrique, pour Junon. Les anciens Car- Ihaginois ä titre de colonie, avient envoye au Melkarth de Tyr la dime et une partie du butin. En temps de detresse et de danger, pour accomplir un vfjcu ou en actions de gräces des victoires remportees, ils avaient frequemment sacrifie des hommes et souvent des enfants. Cependant les parents au lieu d'offrir au dieu leurs enfants cheris avaient presentö aux sacrificateurs des enfants secretement achetes et elevös. Durant le siege de Carthage par Agathocle, le dieu de la ville semblait etre en colere : on proceda, par consequent, ä une enquete dont le resultat fut que quelques-uns des enfants consacres etaient supposes. Pourreparer la faute on sacrifia publiquementä Moloch deux Cents enfantschoisis danslesfamilles notables; trois Cents peres avaient donne les leurs volontairement (i). L'usage des sacrifices d'enfants se conserva parmi les habitants puniques du pays pendant la domination romaine et, Selon Tertullien, onimmolaitpubliquement en Afrique des enfants h Saturne (Baal) ; maisle proconsul Tibereau 2" siecle apr^s J.-C. fitcrucifierles pretres, qui s'etaient li.vres h cet acte, aux memes arbres qui ombrageaient le temple, thöätre de ceshorreurs (-2).
Le culte d' Astarte aussi fut continue dans la Carthage romaine et les auteurs chretiens mentionnent encore la devotion fervente qu'on avait pour la « vierge Celeste » et son temple magnifique. On avait des Images de la vierge de Carthage et de celle d'Ephese, et bien longtemps apres on cite encore un philosophe, Asclepiade, qui portait constamment sur lui une petite image d'argent de
(1) Diod. 20, 14. Lact Inst. 1, 21,33.
(2) Tert. Apol. 9.
Celeslis (i) Los auteurs chretiens ont severement bläme la maniere indecente dont on vönerait cette deesse et l'impudence ehoiitee qui presidait aux jeux qui liii etaient consacres; Augustin appelle Celestis la Yesta des courtisanes (2).
(l)Amm. Marc. 2r?, 13.
(-2) Civ. Dci 4, 10 et 2, 3,Salvian de Gab. Dei 7. 16.