‹ Paganisme et Judaīsme (volume 5)Chapitre 55 sur 60 · VI. — GARTHAGE · texte numérisé non relu

VI. — GARTHAGE

Carthage était en ruines depuis l'an 146 avant J.-C. ; mais le culte carthaginois, branche de la religion phénicienne, s'était conservé ainsi que la langue punique qu'on continua à parler dans le pays pendant des siècles, quoique la langue latine prédominât dans les villes peuplées de Romains. Les colons italiens et leurs descendants surentfacilement s'accommoder aux dieux

(1) Ibid. 1, 360.

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puniques et à leurs cultes; ils prirent Baal ou Moloch pour iSaturne et Âstarté ou Célcstis, comme elle s*appelait en Afrique, pour Junon. Les anciens Carthaginois & titre (le colonie, avienl envoyé au Mclkarth deTyr ladime et une partie du butin. En temps de détresse et de danger, pour accomplir un vœu ou en actions de grâces des victoires remportées, ils avaient fréquemment sacrifié des hommes et souvent des enfants. Cependant les parents au lieu d*offrir au dieu leurs enfants chéris avaient présenté aux sacrificateurs des enfants secrètement achetés et élevés. Durant le siège do Carthage par Âgathocle, le dieu de la ville semblait être en colère : on procéda, par conséquent, à une enquête dont le résultat fut que quelques-uns des enfants consacrés étaient supposés. Pour réparer la faute on sacrifia publiquement à Moloch deuxcentscufantschoisis dans les familles notables; trois cents pères avaient donné les leurs volontairement (i). L*usage des sacrifices d*enfants se conserva parmi les habitants puniques du pays pendant la domination romaine et, selon Tertullien, on immolait publiquement en Afrique dos enfants à Saturne (Baal) ; mais le proconsul Tibère au ^'^ siècle après J.-C. fitcrucifierles prêtres, qui s'étaient livrés à cet acte, aux mômes arbres qui ombrageaient le temple, théfttre de ces horreurs (s).

Le culte d'Astarté aussi fut continué dans la Carthage romaine et les auteurs chrétiens mentionnent encore la dévotion fervente qu'on avait pour la « vierge céleste » et son temple magnifique. On avait des images de la vierge de Carthage et de celle d'Ephèse, et bien longtemps après on cite encore un philosophe, Asclépiade, qui portait constamment sur lui une petite image d'argent de

(1) Diod. 20, H. Lact Intl. 1, 21, 33.

(2) Tert. Apol. 0.

Célesûs (i) Les auteurs chrétiens ont sévèrement blâmé la manière indécente dont on vénérait cette déesse et rimpudence éhontée qui présidait aux jeux qui lui étaient consacrés; Augustin appelle Célestis la Yesta des courtisanes (â).

(l)Ainiii. Marc. 22, 13.

(iQ Uv. Dei 4, 10 et 2, 3,Salviaii. de Gab. Dei 7. 16.

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