‹ Paganisme et JudaïsmeChapitre 18 sur 35 · PAGANISME, ETC. T · texte numérisé non relu

PAGANISME, ETC. T

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ainsi que les motifs qui guidaicnt ordinairement ce choix. Hermotime expose ä son ami Lycinus les raisons qui lui ont faitchoisir de preference ä toute autre, la secte Stoicienne. II s'est d'abord, dit-il , laisse guider par le nombre des adherents, mais avoue en meine temps ne pas !?avoir au juste, si le Stoücisme comptait plus d'adherents que tout autre Systeme. II uvait, continue-t-il, entendu dire que les Epicuriens ne vivaient que pour la volupte — que les Peripateticiens aimaient beaucoup l'argent — que les Platoniciens etaieiit bouffis d'orgueil — que les Sto'iciens, au contraire, brillaient par la patience et la sagesse et possedaient seuls la veritable perfection. Tout cela, il ne l'a cependant appris que d'hommes ignorants ou grossiers. Enfm le dernier des motifs qui ont determinc son choix, c'est qu il avait remarque lui-meme que les Sto'iciens ont une conduite, une toilette decente et une tete parfaitement rasee. Sur ce, Lycinus lui fait sentir comment ces raisons sont futiles et compare la Philosophie ä une ville, oü le voyageur veut parvenir. Les chemins se croisent en tous sens: une foule de guides s'oflfrent et chacun assure, en meprisant ses semblables, connaitreseul le vrai chemin. La conclusion du debat est celle-ci : pour examiner convenablement los diverses ecoles, il faudrait, outre la penetration, la patience et l'impartialite, avoir encore la longevite du phenix — il est possible que toutes les sectes soient dans l'erreur et que la verite doive encore etre decouverte — avant de se fier a tel ou ä toi guido, il faut qu'un autre röponde de son aptitude et pour celui-ci encore on cherche aussi une garantie suftlsante.

66. — Les Sto'iciens furent donc jusqu'au 2« siede, la secte la plus consideree et la plus populaire. Elle prenait — äquelques exceptions pres — leculte existant sous sa protection et n'essaya point d'y introduire des

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changements radicaux.C'etait une pratiquedontlesmotifs ne pouvaient echapper ä un oeil attentif, et qui au fond n'etaient ni plus honorables ni plus convaincants que le raisonncment du Sto'icien Timocles chez Lucien: « S'il y a des autels, il y a necessairement des dieux:orilya des autels; donc il y a des dieux (i). » Aucune ecole ne pouvait repondre, quand on lui demandait: qu'est-ce donc que Dieu? — Zenon et la plupart de ses adeptes disaient que c'etait l'Ether ou le feu subtil, qui penetreTUnivers; Cleanthe affirmaitque le soleil est le dieu qui domine et gouverne le monde. «En presence de ces disputes des savants, dit Ciceron, nous ne sommes pas a meme de connaitre notre maitre: nous ne savons si nous sommes sujetsdu soleil ou de l'Ether {!2). » Combien n'y en a-t-il, qui apres avoir jete un coup d'oeil dans la doctrine esoterique des Stoüciens diront avec Plutarque que c'est repandre une doctrine impie et epouvantable que de reduire, avec le Portique, les dieux ä n'etre plus que des personnifications de choses materielles, ou de donner, comme Cleanthe, le nom de Persephone « au souffle qui court et meurt entre les fruits des champs (ö). »

67. — Ainsi moururent de mort naturelle toutes les ecoles, au moment oü le Paganisme etait dans toute sa vigueur et jouissait encore, au moins exterieurement, de la consideration generale. L'historien Dion Cassius loue, ä la verite, Marc-Aurele d'avoir donne, en subsidiant les professeurs de philosophie, des maitres non-seulement ä Athenes, mais k l'univers entier (4). Les villes importantes eurent, au moins depuis Antonin, des docteurs de philosophie, largement payes par

(1) Luc. Jup.trng ol.

(-2) Academ. 2, 41.

(ö) Plut. de Isid. 66.

(i) Dio Cass. 71,51.

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le Fisc. Caracalla et Severe exempterent de tout impot les philosophes de Rome, avec ou sans appointements. Les encouragenients ne manquaient donc pas. Longin assure que dans sa jeunesse (vers l'an 230 ap. .I.-C.) il avait connii beaucoup de philosophes, trois Peripat^ticiens , quatre Stoiciens et plusieurs Platoniciens qui s'etaient signales ä Rome, ä Athenes et a Alexandrie soit par leurs ecrits, soit par leurs le^ons. II ne iait pas mention d'Epicuriens, que sans doute il möprisait trop pour les decorer du nom de philosophes. Mais tous ces docteurs ne savaient, comme Longin en fait lui-meme la remarque, que commenter les Oeuvres de leurs prödecesseurs. Peu d'annöes apres, la decadence etait si visible, que Longin ajoute: « Mais maintenant (v. 270 ap. J.-C), il y a dans cette carriere une penurie incroyable (i). »

68. — Les chaires etaient vermoulues : maitres et eleves s'evanouirent successivement: la jeunesse, avide de s'instruire, alla se grouper autour des rheteurs qui remplacaient les idees par des mots, et cachaient sous les tleurs d'une elegante phraseologie le manque de solides connaissances. Sur les ruines de toutes les sectes philosophiquesde l'antiquite, on vit uneseule ecole debout, pour recueillir l'heritage des penseurs grecs. C'etait Celle d'Ammonius Saccas etdePlotin; fondee au ö'" siecle, eile alliait aux theories de Piaton des prescriptions Pythagoriciennes et tenta de reunir la Philosophie et la Religion, au moyen de l'Extase et d'une forme nouvelle dcnnee au Polytheisme rajeuni.

(1) Aimd. Porph. vit. Plut. c. 20.

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