ORACLES — DIVINATION — SONGES — ASTROLOGIE
loo. — Un desir irresistible de penetrer dans les mysteres de l'avenir — une foi inebranlable dans les pronostics et dans les prodiges, comme manifestant la volontö des dieux, dominaient alors la vie humaine. L'ancienne discipline augurale des Romains etait ä la verite tombee en discredit et le siecle des Cesars n'observait pas le becquetement des poules, le vol des oiseaux, la direction des eclairs. Lessor/sitaliques, la prediction, au moyen de tablettes avec inscriptions qu'un enfant melait et tirait, etaient negligeset de toutes les villes, Padoue, Taleres, Cffire, oü les sorts
(1) Clement. Hom. 9, IS, p. üOl.
{ü) Contra Cels. 3, 3.
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avaif'iit Hcuri, Preneste seule les avait conserves. Ciceron avait traite cela d'imposture trop grossiere pour qu'un homme un peu eclaire ou un fonctionnaire voulüt encore y recourir (i). Plus tard cependant il y eut une recrudescence de credulite at la foule redemanda les anciens surts.
136. — Chose remarquable! une foule d'oracles Grecs resterent muets dans les derniers temps de la Republique, sous les premiers Cesars etmeme plus tot. La Beotie, jadis si riebe en oracles, n'avait plus, du temps de Plutarque, que celui de Tropbonios ä Labadee : les autres etaient muets et les sanctuaires oii ils se rendaient livres k la desolation : ceux de l'Hellade et de la Haute-Asie, et meme d'Ammon en Lybie cessaient de se faire entendre ou de trouver des croyants. Cela dura jusqu'ä Adrien et aux Antonios, epoque oü le sentiment religieux prit dans ce Paganisme un nouvel essor. On revint avec plus d'ardeur ä despratiquesdejä abandonnees et les oracles aussirompirent le silence et retrouverent des visiteurs et des croyants. Celui de Delphes avait pu se maintenir sans interruption, quoiqu'avec moins d'eclat et une seule Pythie, au lieu des trois qui s'y faisaient entendre auparavant. Les plus celebres apres l'oracle de Delphes etait celui des Branchides k Didymes pres de Milet et de Claros pres de Colophon; ce dernier ne subit qu'une courte interruption, puisque Germanicus le consulta sous Tibere (2). A Milet les reponses etaient en vers, et les inscriptions prouvent qu'ä cote du devin 11 y avait \k un barde, qui pliait aux lois de la poesie la prose du Prophete (3), ou repondait quelquefois par
(1) DeDiv. 2,41.
(2) Tac. Ann 2, U.
(5)Insc Grffic. 2895.
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uiie citation d'Homere (i). La devineresse de Didyme devait, meme dans les derniers temps du Paganisme, se preparer par un jeüne de trois jours, des bains et un isolement complet ; quand eile entrait dans le sanctuaire et mettait le pied dans la souroe fumante, eile etait dejä dans une douce extase. Le devin de Claros devait aussi passer par certaines ceremonies nocturnes, s'abstenir de toute occupation trop dissipante. En buvant alors l'eau de la source sacree, il perdait toute conscience de lui-meme, donnait les reponses, Sans que le suppliant put le voir et n'avait plus, en revenant ä lui, aucun souvenir des paroles qu il avait prononcees (2).
137. — La caverne de Trophonios fut toujours celebre par ses apparitions. Pausanias vit encore le temple d'Apollon u Argos, oü la pretresse entrait en extase en buvant le sang de l'Agneau du sacrifice (ri), L'oracle que le meme dieu avait a Delos, depuis le milieu du 1" siecle av. J.-C, repondait par des mots bien articules, tandis que celui de Dodone parait avoir continue de repondre par le son des bassins d'airain. La Cilicie possedait l'oracle de Mopsus et celui d'Heliopolis en Syrie qui jouissait d'une grande celebrite, La l'image du dieu, portee sur les epaules des pretres, etait interrogee par le Pontife et repondait affirmativement ou negativement, selon que ceux qui la portaient lui imprimaient un mouvement en avant ou en arriere (i). A Alexandrie, Serapis indiquait des remedes par les songes et rendait aussi de vrais oracles. Esculape et Isis avaient plusieurs sanctuaires d'incubation. Le temple d'Amphiaraus a Orope, oü l'on apprenait les re-
(1) Sozom. H. Eccl. 1,7.
(2) Jambl. myst. .-Eg. 3, U, p. 73.
(3) Paus. 2, 2.i, 1.
(i) Luc. de Dea .^yr. 36.
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medes infaillibles en dormant sur la toison d'un belier immolc, etait tres-frequentü (i).
158. — L'histoire de l'oracle, etabli ä Abonotique par Alexandre, montre jusqu'oü allaient au 2'- siecle la credulite populairc et la passion dumerveilleux. Rien d'etonnant par consequent ä ce que plusieurs oracles recouvrassentlecr(!'dit, qu'ilsavaicnt perdu et qu'il se trouvat des hommes pour annoncer que le dicu qui avait garde un silence prolonge, etait maintenant favorablement dispose etvoulaitetreconsulte. — La foule unc fois attiree, il fallait naturcllement repondre aux questions proposees, et cela etait d'autant plus facile qu'il ne s'agissait ordinairenient que d'affaires privees et peu importantes: les etats, englobes dans Tempire romain, nc pouvaient plus, comme jadis, souniettre a la decision des dieux les difierends qui s'elevaient entr'eux.
139. — II fallait cependant expliquer d'une maniere ou de l'autre le mutismecompletoupartiel des oracles. Quelques-uns, celui deDelphes par exemple, perdirent de leur credit et ne frappaient pas toujours egalement juste. Deja avant Ciceron la terre dont les exhalaisons produisaient l'enthousiasme de la Pythonisse, avait ä la longue perdu sa vertu; mais sur cela le philosophe romain dit ironiquement que si le vin et Ic poisson sale perdent leur vertu avec le temps, il s'agit ici de quelque chose de divin, et par consequent d'eternel et d'imperissable (2) — et il crut tout bonnement expliquer la chose, en disant quele monde n'etait plus si credule. Plutarque qui a une epoque oü les oracles ne s'etaient pas encore entierement relev(5s, s'interessait vivement ä leur credit, trouva une foule de considerations pour rendre cette expücation plus plau-
(1) Paus. 1, öü, 3.
(2) DeDiv.-2, 37.
sible. Dans un ecrit « sur les oracles disparus, » il soutenait que les vapeurs qui provoquaient le delire de la devineresse ne possedaient qu'une vertu soumise ä des alterations et ä des changements, — qu'ainsielles pouvaient soutirir des pluies trop abondantes, des eclairs ou des tremblements de terre. — L'oracle de Tiresias ä Orchomenos avait, par exemple, cesse apres une peste meurtriere (i). Fidele i\ la theoric platonique des genies ou etres intermediaires, il admettait ensuite que les demons qui presidaient ä des oracles parliculiers pouvaient mourir et que leur mort affaiblissait ou detruisait l'efficacite de ceux-ci. II citait comme exemple que sous Tibere, un pilote, cinglant devant les iles des cotes de l'Etolie, entendit une voix qui lui disait d'annoncer dans certain endroit que le Grand Pan venait d'expirer — message que le marin remplit et qui ful accueilli par un deuil general.
140. — Ces Apologistes des oracles avaientcependant ä lutter contre un amere critique qui s'obstinait ä n'y voir qu'imposture et jonglerie. Chrysippe avait public un ecrit dans ce sens et au 2*^ siecle, J^nomaus le cynique, originaire de Gadara en Syrie, ecrivit un traite intitule, « les jongleries devoilees » dont le style est populaire et parfois plein de vigueur (-2). II cherche a y prouver que ces oracles, et surtout celui de Delphes a exerce une intluence des plus funestes, sur les etats de la Grece qui sc sont laisse conduire par eux — que des guerres frequentes et sanglantes en sont resultees — que les hommes avaient ete toujours trompes par des reponses ambigues et enigmatiques, qui auraient eu besoin d'etre expliquees par un autre devin. Une amere experience, ajoutait-il, l'avait detrompe;
(1) De der. orac. 44.
(-2) (pu^oi yoyjruv. V. les Fiagiii. tlans Eus, Pr;ep: Ev. o, 19 sqq.
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car, partageant l'erreur commune, il avait d'abord consulte Toracle de Claros sur la vraie sagesse et avait obtenu une reponse qui pouvait s'appliquer ä tout et oü il s'agissait, au surplus, d'un jardin d'Heracles, toujours tleuri. Un assistant atiirma sous serment avoir entendu l'oracle donner une reponse identique ä un negociant du Pont, qui consultait le Dieu sur les interets de son commerce. — /Enomaus parle ensuite des Oracles qui firent diviniser Cleomede d'Astypalee, athlete vulgaire — et tlatterent les passions de tyrans sanguinaires et rappelle que leshabitantsde Methymnes avaient regu I'ordre d'honorer comme Bacchus une buche trouvee dans les füets d'un pecheur.
441. — Ces decouvertes quelqu'ecrasantes qu'elles fussent, ne paraissent cependant pas avoir exerce une grande influence; car la publication de cet ecrit co'incide precisöment avec le developpement extraordinaire du Systeme divinatoire. Maxime qui vivait alors parle des Oracles avec un profond respect et l'histoire de Phlegon, affranchi d'Adrien, etait remplie de reponses sacrees que l'evenement avait justifiees. La passion des revelations surnaturelles etait trop vive pour ecouter les conseils de la froide raison — faut-il, disait-on, rejeter tout, parce qu'il y a eu quelques faux oracles, quand on ne rejette pas l'or auquel se sont melees quelques monnaiesfausses? Un grand nombred'oracles que Tövenemcnt avait justifies et qu'on ne pouvait expliquer par aucune cause naturelle, passaient de bouche en bouche; ceux-Iä meme qui avaient ete trompes une premiere fois, cherchaient h six isfaire leur soif du merveilleux et leur curiosite inquiete par de nouveaux expedients divinatoires.
142. — Qu'au moins certains d'entr'eux donnassent ce qu'ils promettaient, voilä ce qu'on ne mettait guere en doute; car Jamals les hommesneregarderont comme
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inutile ce qu'ils desirent avec passion, ce qu'ils croient leur etre indispensable. Et ä cette epoque on en ^tait precisement lä avec la divinatlon. Le Paganisme qui n'avait ni doctrine religieusc ni corps enseignant, ni autorite, etait reduit a des ceremonies, ä des mythes traditionnels. Les dieux dcvaient parier, s'ils voulaient prescrver les hommes du desespoir, et comme ils ne pouvaient le faire par une doctrine revelee et annoncee par un corps enseignant bien organise, il fallait qu'ils se servissent d'oracles, d'oiseaux, du foie et de la rate des animaux, de songes, des astres, enfin de tout ce qui pouvait signifier quelque chose et u quoi se rattachait la crainte ou l'esperance des mortels,
145. — Plutarque et Sextus Empiricus, d'ailleurs si opposes, attestent de concert que la Divination etait universellement respectec comme un art divin et infaillible(i). Celserecommandelamantiqueendisant qu'elle est empruntec des animaux qui, doues d'une intelligence superieure, penetraient dans l'avenir, etse rapprochaient plus de la divinite que les hommes (2). Galien lui-menie qui scruta la nature avec lant de sagacite, soutint qu'il etait possible de connaitre l'avenir par la position des eioiles, le vol des oiseaux, etc. (5). Cetait-lä une errcur qui pesant alors comme un joug ecrasantsur l'humanite tout entiere, formait un appui essentiel du Systeme religieux et auquel personne ne pouvait se soustraire completement. Ciceron peint •cette tyrannied'unemanieresaisissante: la superstition, dit-il, nous poursuit partout; tantot c'est un devin, tantot un pronostic, un oiseau, un chaldeen ou un inspecteur des entrailles; qu'il tonne, que la foudre
(\) Plut. de Fat. p. 574. Sext Emp. c. Malheni. 9, 132.
(2) Ap. Orig. c. Gels. 4, 88. p.5G3. Delariie.
(3) Dans soll ecrit ■^ipi i'^m/atuv (puruav, 1,'I2.
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tombe ou (ju'!! arrivc quelquc cliose d'extraordinairo — evenements dont Tun ou l'autre arrive necessaircment — janiais Thommc nc peut ctre tranquille, pas meme dans le sommeil ; les songes amenent encorc plus de soucis quo tout Ic reste (i). »
444. — En etfet, d'apres une vicille croyance, les dieux envoyaient les songes pour instruire, avertir et encourager les hommes et l'histoire anclenne fourmille de songes, auxquels se rattachent les evenements les plus importants. Le meme Chrysippe, qui devoila 4es imposturesdes oracles fit un recueil de songes prophetiques et en donna l'explication. Hrppoerate {'■2), Gallen (5), ne doutaient aucunement qu'il n'y eüt des songes envoyes par les dieux et des hommes habiles ä les expliquer; Macrobe distingua cinq sortes de songes, dont trois prophetiques et deux indignes d'attention (4). Les Grecs avaient toute une litteraturc sur l'art d'expliquer les songes; dans un ouvrage analogue parvenu jusqu'ä nous, Artemidore assure que jour et nuit il s'occupe de cette science et qu'il n'a ecrit que sur l'ordre expr^s d'Apollon (5). II voyagea en Asie, en Grece et en Italie, dans le seul but de recueillir des songes, et prescrit avec la derniere precision ce qu'il faut pour obtenir des dieux un songe prophetique (6).
143. — Un songe determina l'empereur Auguste ä paraitre une fois tous les ans dans les rues de Rome sous les guenilles d'un mendiant. Galba eut soin d'offrir un sacrifice pour conjurer les eflets d'un songe
(I)DeDiv 2,72.
(2) Opp. ed. Van der Linden, p. 633.
(3)0p. Ed Paris. 1G79, T. vi, c. 1. 3.4. S. (4) In Somn. Scip. 1. 3.
(3) Oneirocrit. 2, 70.
(6) Ibid. 4.. 2.
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qui l'avait trouble. Pour ce sacrifice qui etait regarde comme indispensable, on offrait k certains dieux appeles Averrunci, de l'encens et des dragees salees (i), Parfois on recourait ä des ablutions et en Grece il y avait des femmes specialement vouees k ces ceremonies. Apres un songe inquietant, on se plongeait dans la mer, on restait assis sur la terre durant tout un jour, ou l'on se roulait dans Tordure (2). üne foule d'inscriptions, et de pierres monumentales de ces derniers temps attestent que les dieux apparaissaient en songe ä leurs adorateurs, et leur donnaient leurs ordres augustes, qui concernaient ordinairement un sacrifice. Les visites nocturnes d'Isis paraissent avoir ete particulierement frequentes (3).
146. — L'astrologie, la plus tenace des infirmites de l'esprit humain, avait acquis une grande vogue par suite du contact oü la conquete d'Alexandre mit les Chaldeens avec les provinces de l'Occident. Ces hommes trouverentunappui danslaphilosophie sto'icienne, qui en partant du principe de l'identite substantielle de Dieu et de la nature, etait venue k regarder les astres comme eminemment divins, etplacait le gouvernement divin du monde dans lacourse immuable desglobes Celestes. Lecielavecsesetoiles etsurtout sesplanetes etait un livre oü les inities peuvent lire avec facilite les destinees des hommes; la science des Chaldeens qui dechift'raient ces caracteres divins etaient d'autant moins mis en doute, qu'ils assuraient les avoir etudies depuis 473,000 ans. Du temps d'Alexandre, les mathematiciens, les Genethliaques, lesastrologues des ecoles chaldeenne et alexandrino-egyptienne, etaient repan-
(l)Tibull. 1,5.
(2) Plut. de Sup.3.
(5) Comp, les Inscript. recueillies par Marquard, dans la contii). des Autiq. Rom. par Becker, iv, lOo, HO.
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dus en Asie, en Grece et en Italie. IIs enseignaient de concert qu'une vertu secrete descend sans interruption sur la terre — qu'une Sympathie intime existe entre les planetes, les corps Celestes, et la terre avec les etres qui y vivent (i). Les choses humaines dependent absolument des astres. Les planetes surtout President aux destinees de l'homme et exercent sur sa naissance, sa mort et sa vie une action decisive. Les uns, Jupiter et Venus, sont bienfaisants; Mars et Saturne agissent en sens contraire; d'autres, comme Mercure, n'ont pas de caractere bien dessine et exercent une influence tantöt heureuse, tantöt funeste. Ils communiquent leurs qualites aux constellations qu'ils habitent, agissent et reagissent sans cesse les uns sur les autres, et leurs proprietös se temperent, se moditient par suite de leurs positions et aspects divers. De lä ce melange de bien et de mal qu'ils repandent sur la terre et la faculte qu'a l'homme d'augmenter le bien et de detourner le mal, par la priere et les ceremonies religieuses. Les planetes, ayant dans leurs demeures, c'est-ä-dire, dans leurs spheres respectives un pouvoir qu'elles n'ont pas ailleurs, on peut agirsur elles par la priere, les voeux, le culte religieux; de lä les priores astrologiques, composees et usitees en faveur de certains empereurs, d'Antonin par exemple.
147. — On pretendit que l'horoscope ou calcul fait sur la Position d'une etoile au moment de la naissance de l'enfant, indiquait avec certitude sa destinee et meme son caractere. La difference de caractere qu'on remarquait dans ceux qui etaient nes sous la meme etoile, et leurs aventures diverses ne purent ebranler
(1) Clem. Alex. 6, p. 813. Choerem. ap. Eus. Prfep. Ev. 3, -i. Sext. Emp. adv. Math. 5, 538. Tetrabibl. cd. Norimb. Jo33, p. 2. sq. Cet ouvrage fut loiigtemps attribue ä Ptolem^e, mais est en tout cas plus ancien quecelui deFirmicus
la confiance qu'on avait dans cet art, exeree par les Grecs, toujours apres au gain. Dejä en 615, le Preteur P. Lanas Icur avait intime l'ordre de quitter Tltalie en deans les dix jours; mais ils nc tarderent pas a revenir, forts de l'appui des grands de Rome. Pompee, Crassus, Cesar recurent d'eux Fassurancc d'une vie longue et heureuse. Ciceron exprime son etonncment de ce que les yeux des hommes ne s'ouvrissent pas a la vue de Tövidente faussete des predictions des astrologues. Mais leur credit ne fit que montor depuis et l'on crut posseder dans l'astrologie, une science serieuse, appuyee sur des calculs prof'onds et des combinaisons habiles. En 7:21, Agrippa lan^a en vain un nouveau decret de bannissement contre eux. Auguste qui leur defendit de parier de vie ou de mort dans leurs predictions, interrogea Ic mathematicien Theogene, avant de monter sur le trune. Tibere et Othon avaient leurs astrologues particuliers: le premier avait cependant fait precipiter un devin de la röche Tarpeiennc et fait flageller et decapiter un autre, « conformement aux anciens usages (i). » Vitellius qui leur ordonna de quitter Rome et l'Italie avant le premier Octobre, s'entendit predire qu'il n'aurait pas vu la fin de ce jour. Tacite etait dans le vrai, en disant que cette race d'hommes peu süre pour les grands et trompcuse pour ceux qui esperaient, pullulerait dans la capitale, en depit des decrets de bannissement (2). C'estsurtoutsousDomitien que leur influence devint dcsastreuse; leurs artifices stimulerent la cruaute du tyran et lui indiqucrent les victimes et lesmoyensdelesfrapper.Ses soupcons furent excites, quand on lui eut annonce qu'il serait assassine — il fit tircr l'horoscopc d'un grand nombre d'hommes distin-
(l)Tac. Ann. 2, 3^2.
(i2) Ib. Hist 1, 22.
guus et les livrait au supplice, quand l'astrologue pretendait qu'ils etaient destines ä de grandes choses (i). Enlin Alexandre Sevei'e rapporta les decrets des äges passes et leur permit d'ouvrir des ecoles ä Rome meine.