‹ Paganisme et JudaïsmeChapitre 3 sur 35 · PACANISME · texte numérisé non relu

PACANISME

globe et qu'elle l'avait, ä perpetuite, attachee ä ce sanctuaire (i), Peu äpeuon erigea les statues des dieux au Capitole (2) ; tous les presents que l'Etat et ses allies firent ä Jupiter, y furent deposes ; on y accomplissait et on adressait aux divinites du Capitole tous les actes concernant laprosperite de l'Etat. Par contre, levieux culte etabli dans la Regia pcrdit une partie de sa signitication primitive ; dumoins dans les tempsposterieurs, il continuait d'etre pratique par les pretres de l'ancien ordre, mais sans la participation du peuple ou d'une classe de celui-ci.

30. — L'influence grecque etait k Rome dans toute sa force, au moment oü toniberent la royaute et l'Etat central italien fonde par les derniers rois. Par cet evenement, les Communications des Romains avec les Sieges du culte et de la civilisation grecs furent rompues pendant longtemps; tout le mouvement etait en meme temps une reaction contre l'introduction des Clements exotiques et grecs, ou produisait au moins les memes effets, et commenga d'abord par raffermir la domination sacerdotalc et separee des vieilles familles bourgeoises ou patriciennes. Jusqu'alors le roi avait ete le chef des pretres et de tout le culte, et il avait reellement exerce le sacerdoce luimeme; cette dignite pontificale passa maintenant ä ces familles qui, d'ailleurs, possedaient dejä le privilege de nommer les leurs aux dignites religieuses. Car, selon la vieille idee romaine, le vcritable rite, seul agreable aux dieux et seul efficace, se transmettait de pere en tils ; il etait inherent ä la naissance et ne pouvait passer aux etrangers; il etait en meme temps secret, et le bien de l'Etat dependait de sa conservation ; car, quel

(1) Liv. 1, 55. Dionys. 4-, 61. Flor 1, 7-

(-2) Serv. JEn. 2, 519. Tertull. de spcctac. 12.

ET .lUDAlSMi:. 33

aurait pu ctre le malhcur de la nation, si des etrangers et des ennemis reussissaient ä epier et ä s'approprier un culte romain, a apprendre Ics noms secrets et sacres des divinites, a employer ainsi revocation? Avant la loi Ogulnia (4o2 de la fond. de Rome), tout le culte des dieux nationaiix etait donc concentre daiis les mains des patriciens ; on ne permit aux plebeens que l'adoration privee des dieux romains ; s'ils continuaient a pratiquer leurs cultes nationaux, ce ne fut Jamals en public (i). Cependant, divises en sept districts, les plebeiens celebraient en commun la fete de Septimontium, qui leur etait particuliere : solennite des Compitalies, instituees par Servius Tullius, faisait egalement partie de lareligion plebeienne; toute la ville etait divisee en Compita des lares ou paroisses (dont il y en avait plus tard, au temps de Pline, deux cent soixante cinq) (i;), et ä cbaque coin deruese trouvaient les chapcUes des Compitalies comme les Hermes ä Athenes; ä Rome, les familles de chaque vicus offraient des presents et des sacrifices aux lares de leur district (5).

31. — Apres la chute de la royaute, les fonctions religieuses que le roi avait exercees passerent a un « roi des sacrifices » speciaiement institue a cet etiet, mais prive de toute inOuence politique. Exclu de tous les emplois pubiics, elu par les Colleges des pontifes et des augures, il etait place lui-meme sous l'autorite du premier pretre, quoique sous le rapport religieux il occupät un rang reellement superieur et que dans les festins des dieux, il eüt le pas sur lui. Naturellement cette dignite n'etait accessible qu'aux patriciens qui,

(I) Liv. i.öi.

(-2) Min. H. N. 3. 5. Serv. ^11. H, 856.

(5)Dioays. 4, li.Calo, de R R. 5. Varr. 6, -25. Macrob. Sat. i,

o4 PAGAXISME

en depit des efforts des plebeiens, conserverent la possessio!! exclusive du sacerdoce pendant :209 ans, depiiis rinstitution de la republique. En outre, plusieiirs familles patriciennes avaient leurs sacerdoces et cultes prives, fondes en partie sur une tradition fabuleuse, en partie sur des faits historiques particuliers. C'est ainsi que les Nautiens faisaient descendre le culte prive, que la famille rendait ä Minerve, d'un certain Nantes qui, en arrivant ä Rome avec Enee, y avait apporte l'image de la deesse (i). Les Aureliens possedaient un culte particulier du dien du soleil, dont ils pretendaient descendre et TEtat leur assigna un terrain particulier pour y proceder a leurs sacrifices. La famille Julienne continuait ä honorer Vediovis k Bovillae, et ce culte ne devint public que lorsque les Juliens obtinrent le pouvoir supreme. Les Fabiens devaient sacrifier ä Herculc sur le Quirinal, les Horaces etaient astreints a certaines ceremonies expiatoires ; les Serviliens, les Corneliens, les Emiliens avaient egalement des cultes de famille (2). Les fonctions sacerdotales d'un pareil culte devaient toujours etre confiees ä un homme de la meme race, et la presence de trois ou quatrc parents etait indispensable pour les sacrifices solennels(ö). Cependantces cultes ne laissaient pas d'etre onereux, car souvent un general devait quitter l'armee au milieu des entreprises guerrieres, et courir ä Rome pour assister aux sacrifices de sa famille (i).

Page 1