POSTES ET TÉLÉGRAPHES
L'administration allemande se propose de rétablir à HAL et environs le service interrompu de la poste, ainsi que, plus tard, les services des télégraphes et des téléphones.
Service de la Poste.
Seront admis à l'expédition, à partir du 30 décembre, les lettres, cartes postales, imprimées, échantillons sans valeur et papiers d'affaires à l'intérieur de la ville de Hal et de ses environs et de là à destination de :
BRUXELLES, de l'agglomération bruxelloise et de Auderghem, Boitsfort, Evere, Ganshoren, Haren, Tervueren, Vilvorde, Watermael, Woluwe ;
LOUVAIN et de HEVERLÉ ;
VERVIERS, de ses faubourgs et de Dison, Ensival, Pepinster, Dolhain-Limbourg, Jalhay ;
LIEGE, de ses faubourgs et de Angleur, Ans, Chênée, Comblain-au-Pont, Engis, Flémalle, Grivegnée, Herstal, Hollogneaux-Pierres, Jemeppe-sur-Meuse, Jupille, Ougrée, Sclessin, Seraing, Tilleur, Val- Saint- Lambert, Wandre ;
HUY et de ANDENNE (Seilles) ;
NAMUR, de ses faubourgs ;
GHARLEROI, de ses faubourgs et de Châtelineau (Châtelet), Couillet, Gilly, Gosselies, Jumet, Lodelinsart, Marchienneau-Pont, Mont-sur-Marchienne, Montignies-sur-Sambre, Ransart ;
MONS, de ses faubourgs et de Ath, Boussu, Bracquegnies, Braine-le- Comte, Brugelette, Casteau, Cuesmes, Dour, Elouges, Flénu, Frameries, Hornu, Houdeng, Jemappes, La Bouverie,
La Louvière, Lens (Hainaut). Le Rœulx, Nimy, Pâturages, Quaregnon, Quiévrain, Saint- Ghislain, Soignies, Wasmes;
HASSELT, de TONGRES et de MAESEYGK.
Les environs de la ville de Hal comprennent les localités suivantes : Braine-l'AUeud, Braine-le-Ghâteau, Buysinghen, Enghien, Haute-Croix, Leeuw-Saint-Pierre, Lembecq, Loth, Oetinghen, Pepinghen, Ruysbroeck, Saintes, Tubize, Vollezeele.
Successivement le service postal sera repris aussi entre Hal et environs et les autres villes belges, aussitôt que les bureaux de poste y auront été rétablis. Les communications avec l'Allemagne et tout l'étranger neutre vont suivre.
Les correspondances peuvent être recommandées ; toutefois l'administration n'assume pas, provisioirement, de responsabilité en cas de perte. Toutes les lettres expédiées de Hal et environs, qui ne sont pas destinées pour le lieu de dépôt même, doivent être remises à la poste non fermées.
L'expéditeur est tenu d'indiquer sur chaque envoi son nom et son adresse. Les correspondances ordinaires peuvent être déposées au bureau de poste à Hal ou dans les boîtes aux lettres établies à Hal et dans toutes les localités précitées. Les envois recommandés ne seront reçus qu'au bureau de poste de Hal même.
■ L'administration allemande ne possédant pas de timbres belges, des timbres allemands ont été munis d'une surcharge indiquant la valeur belge. Uniquement ces timbres-là, vendus aux guichets du bureau de poste et par les facteurs, sont valables pour l'affranchissement des envois à expédier. Les tarifs sont les mêmes que jusqu'à présent, sauf le tarif des imprimés ; ce tarif est affiché au bureau de poste à Hal et peut être demandé aux facteurs.
Bruxelles, le 30 décembre 1914.
V Administration Impériale des Postes et Télégraphes
allemands en Belgique,
ARRÊTÉ
l^ous les sujets des deux sexes des États en guerre^avec l'Allemagne, qui sont présents dans le Grand Bruxelles (1) et
(1) Le Grand Bruxelles désigne : Bruxelles, Anderlecht, Auderghem, Etterbeek, Forest, Ixelles, Jette-Saint-Pierre, Koekelberg,
— stages de plus de 15 ans — à l'exception des Belges — doivent se présenter personnellement mardi 12 janvier 1915, à ^9 heures du matin, heure allemande, dans la nouvelle École mihtaire, afin d'être inscrits sur des listes de contrôle.
Les Belges qui logent chez eux les personnes précitées, doivent les déclarer par écrite avant le 11 janvier, au Bureau de déclaration, à la nouvelle École militaire, en indiquant les nom, profession, âge et lieu de naissance.
Les occupants des maisons en question sont également rendus responsables de cette déclaration, laquelle devra être faite aussi à chaque arrivée et à chaque départ ultérieurs.
L'inobservance de ces ordres sera punie selon la loi militaire (droit de guerre).
Un changement de séjour à l'intérieur de la Belgique n'est permis qu'avec l'autorisation du gouvernement aux sujets des États ennemis de l'Empire allemand, excepté les Belges.
L'autorisation de voyager hors de la Belgique n'est accordée, également aux Belges, que par le gouvernement.
Bruxelles, le 2 janvier 1915.
Le Gotiverneur militaire de Bruxelles,
von KRAEWEL,
Général.
AVIS
Dans l'intérêt du développement du commerce de poulains en Belgique, j'ai autorisé la création de foires aux poulains et invite les propriétaires de poulains propres à la vente et âgés de moins de 2 1 /2 ans, de faire de gros envois à ces foires.
Je déclare expressément que ces marchés se tiendront à l'exclusion de toute réquisition militaire.
Le prix des poulains s'établira au point de vue de la reproduction, en toute liberté de vendeur à acheteur, et le marché conclu sera payé aussitôt et au comptant.
Les transactions se feront avec la collaboration de représentants des chambres d'agriculture rhénane et westpha- Henne, qui, à l'exclusion des marchands, seront seuls admis comme acheteurs.
Laekon, Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Gilles, Saint- Josse-ten-Noode , Schaerbeek, Uccle, Watermael-Boistfort, Woluwe-Saint-Lambert.
Les foires auront lieu lundi 18 janvier a. c, sur la place du marché à :
Hal, à 9 1 /2 (h. a.) du matin, pour Hal et environs ;
Enghien, à 10 192 (h. a.) du matin, pour Enghien et envi- " rons ;
Soignies, à 11 1/2 (h. a.) du matin, pour Soignies et environs ;
Nivelles, à 1 (h. a.) après-midi, pour Nivelles, Genappes et environs ;
Wacre, à 2 (h. a.) après-midi, pour Wavre et environs.
BruxcJe.'; le 4 janvier 1915.
Le Gouverneur général en Belgique, Baron von BISSING, Colonel Général.
Par jugement du tribunal de campagne à Liège, les personnes dont le nom suit ont été condamnées pour trahison miUtaire et pour avoir participé à ce crime :
1° Le lieutenant belge Gustave Gille, de Liège, à la peine des travaux forcés à perpétuité ;
2° Le général de brigade belge en disponibilité Gustave Fivé, de Liège, à la peine des travaux forcés à perpétuité ;
30 Le tailleur Ferdinand L'Homme, de Liège ;
40 Le marchand Alfred Fransquet, de Liège, chacun à 5 ans de prison ;
50 Le lithographe Guillaume Yerna-Dewitte, à 4 ans de prison ;
6° L'ouvrier Ferdinand Wilde, de Liège, à 3 ans de prison,
^ Ce n'est qu'à cause de l'attitude franche et virile du lieutenant Gille, attitude que les tribunaux allemands respectent, chez l'ennemi également, qu'on a renoncé à une condamnation à mort, peine cependant encourue par Gille et Fivé.
Le Gouverneur général en Belgique, Baron von BISSING, Colonel Général.
AVIS
i'. Il est rappelé que dans les parties de la Belgique soumises au gouvernement allemand et depuis le jour de l'institution de ce gouvernement, seules les ordonnances du gouverneur général et des autorités qui lui sont subordonnées, ont force de loi.
Les arrêtés pris depuis ce jour ou encore à prendre par le Ro! des ^Belges et les ministres belges n*ont aucune force de loi dans le domaine du gouvernement allemand en Belgique. Je suis décidé à obtenir par tous les moyens à ma disposition que les pouvoirs gouvernementaux soient exercés exclusivement par les autorités allemandes instituées en Belgique. J'attends des fonctionnaires belges que, dans l'intérêt bien compris du pays, ils ne se refuseront pas à continuer leurs fonctions, surtout que je ne réclamerai pas d'eux des services dans l'intérêt direct de l'armée allemande.
Les traitements qui à l'insu ou contrairement à la volonté du gouvernement allemand seront payés par les anciennes autorités belges aux fonctionnaires belges, sont passibles de confiscation.
Bruxelles, le 4 janvier 1915.
Le Gouverneur général en Belgique, Baron von BISSING, Colonel Général.
ARRÊTÉ
Ensuite de l'arrêté du 22 décembre 1914 (n® 24 du Recueil des Lois et Arrêtés pour le territoire belge occupé du 24 décembre 1914) il est stipulé :
1° Les billets de la Société Générale de Belgique constituent un mode libératoire légal. Toute convention contraire est sans valeur ;
2° Les billets de la Banque Nationale de Belgique émis jusqu'au 5 novembre 1914 et ceux émis après cette date avec l'approbation du commissaire général pour les banques en Belgique, conservent le pouvoir libératoire légal et le cours forcé ;
8® Cet arrêté acquiert force de loi en remplacement de l'ar-
rêté du Roi des Belges du 2 août 1914 (n^ 215 du Moniteur belge du 3 août 1914) et entre en vigueur dès le jour de sa publication.
Baron von BISSING,
Colonel Général.
AVIS
A la condition que les contributions imposées aux neuf provinces, pour la durée d'un an, suivant ordre du 10 décembre 1914 publié au Recueil des Lois et Arrêtés pour le territoire belge occupé (no 27 du 4 janvier 1915) et s'élevant au total à 40 millions de francs par mois, soient payées ponctuellement, les stipulations suivantes ont été arrêtées par l'autorité militaire supérieure pour ce qui a trait au territoire belge d'opérations et d'étapes placé sous sa juridiction et par moi pour le territoire belge occupé, placé sous ma juridiction :
1° Il ne sera plus imposé d'autres contributions au p?ys, aux provinces ou aux communes que celles constituant des amendes et que rendraient nécessaires des agissements repréhensibles contre l'armée allemande ou l'administration allemande. Les termes des contributions imposées antérieurement et qui devaient être réglés après le 15 décembre. 1914 sont abandonnés ;
2° Toutes les réquisitions pour l'armée d'occupation seront réglées au comptant à dater du jour du règlement de la première mensualité, c'est-à-aire à dater du 15 janvier 1915. I! ne sera pas accordé ae rétribution pour le logement sans entretien. Toute convention contraire conclue antérieurement reste valable ; ^
30 Pour les troupes d'étape et pour les armées combattant en Belgique, les réquisitions, c'est-à-dire les prestations obligatoires pour les soins et l'entretien, seront payés le plus tôt possible, et tout au moins partiellement, au comptant. Le paiement du solde aura lieu sur production des bons de réquisition dûment vérifiés et aussitôt après règlement de la plus prochaine mensualité de la contribution ;
40 L'indemnité pour les marchandises réquisitionnées ou à réquisitionner, en bloc, sera réglée le plus tôt possible au comp-
tant, en effets de commerce de premier ordre ou en avoirs dans les banques allemandes.
Bruxelles, le 9 janvier 1915.
Le Gouverneur général en Belgique,
Baron von BISSING,
Colonel Général.
ARRÊTÉ
A l'occasion de l'établissement des listes d'étrangers, il a été constaté qu'il se trouve à Bruxelles un trop grand nombre de sujets français pour pouvoir terminer le contrôle fixé dans une seule journée. Contrairement aonc à l'ordre donné le 2 janvier 1915, les sujets des États en guerre avec l'Allemagne devront se présenter le 12 janvier 1915, à 9 heures du matin, à l-j Nouvelle École militaire, à V exception des sujets français. En ce qui concerne l'inscription des Français, la date en sera publiée ultérieurement.
Les personnes empêchées, pour cause de maladie, devront se faire inscrire, par écrit, en produisant une attestation médicale, au bureau de déclaration de la Nouvelle École militaire. Cette aéclaration comprendra les nom, prénoms, profession, lieu et date de naissance, avec indication de la province ou du département, ainsi que l'adresse en cette ville. Elle sera écrite lisiblement.
Bruxelles, le 9 janvier 1915.
Le Gouverneur militaire de Bruxelles, von KRAEWEL, Général.
AVIS
Il me revient de source sûre qu'il se trouve encore un assez grand nombre d'armes en Belgique. En conséquence, j'invite les habitants de la Belgique à remettre d'ici au 15 janvier prochain toute arme et toute munition qui pourrait encore se trouver en leur possession, à l'hôtel de ville de leur commune.
Sous le nom d'arme il faut entendre :
Toutes espèces d'armes à feu, telles qi e le fusil mihtaire,
fusil de chasse, carabine de chasse, fusil-canne, pistolet, revolver, fusil à air, à l'exclusion d'armes ayant une valeur artistique ou d'antiquité ;
Toutes espèces d'armes blanches, telles que la baïonnette militaire, le poignard, cannes à poignard, à l'exclusion d'armes ayant une valeur artistique ou d'antiquité. j
Sous le nom de munitions il faut entendre : 1
Les cartouches mihtaires de tout genre, cartouches de chasse, tant celles prêtes à l'usage que leurs parties.
Quiconque remettra des armes jusqu'à la date indiquée, ne sera pas seulement libre de toute peine, mais recevra pour chaque fusil mihtaire et pour chaque baïonnette mihtaire, aussi pour ceux recueillis sur les champs de bataille, une récompense de 1 fr. 50, qui lui sera payée par l'intermédiaire de l'autorité communale par la caisse militaire.
Toute arme de chasse, tout fusil-canne, etc., se trouvant en possession d'un particuher, doivent être pourvus du nom du propriétaire et doivent être remis contre un reçu du bourgmestre. Les armes demeurent sa propriété et lui seront rendues après la cessation de l'état de guerre.
Après le 15 janvier, il sera procédé sans ménagement à des perquisitions en tout lieu qui paraîtra suspect. Les armes trouvées seront confisquées et les propriétaires seront punis avec toute la rigueur des lois de la guerre.
Bruxelles, le 10 janvier 1915.
Le Gouverneur général en Belgique, Baron von BISSING Colonel Général.
ARRÊTÉ
Tous dépôts de benzine, benzol, pétrole, esprit de vin, glycérine, huiles et graisses de toit genre, toluol, carbure, caoutchouc brut et déchets de caoutchouc, ainsi que de pneumatiques d'automobile, doivent être déclarés sans retard aux chefs de district ou kommandantures respectifs. La déclaration indiquera la quantité et l'emplacement du dépôt.
L'autorité militaire décide si les marchandises déclarées seront achetées eu laissées hbres pour l'usage et le commerce. i Dans le cas où certains de ces articles susmentionnés conti-
nueraient à être fabriqués ou à être importés en Belgique, une déclaration est également nécessaire.
Au cas que la déclaration n'aurait pas été faite, les marchandises seront confisquées au profit de l'État et le coupable sera puni par l'autorité militaire.
Le Gouverneur général en Belgique, Baron von BISSING, Colonel Général.
ARRÊTÉ
En vue de mettre un frein à la vie luxueuse et d'agrandir les provisions du pays nécessaires à la fabrication du pain, j'ordonne que la fabrication de pâtisseries de toi t genre dans les boi langeries, les pâtisseries et les restaurants ne pourra plus se faire que le mercredi et le samedi de chaqi e semaine.
Les contraventions à cette ordonnance seront punies et entraîneront éventuellement la fermeture de l'établissement.
Bruxelles, le 11 janvier 1915.
Le Gouverneur général en Belgique, Baron von BISSING, Colonel Général.
Comme suite à mon avis du 9 courant, j'ai ordonné qu'à partir du 15 janvier 1915, dans la partie de la Belgique faisai t partie au Gouvernement général, il ne sera plus fait, en règle générale, des réquisitions sais paiement au comptant.
Si, dans des cas exceptionnels, le paiement au comptant n'est pas possible et la réquisition cependant indispensable dans l'intérêt du service, il sera délivré un reçu de réquisition formel. Autant que pcssible, il sera fait usage, dans ce but, de formulaires imprimés d'après le modèle ci-joint :
Reçu de Réquisition
Le soussigné reconnaît par celle-ci que
à , le 191, a, sur réquisi-
tion, fait à l'armée allemande une livraison de la valeur de
[en paroles)
Lieu de la livraison
( Timbre de service) , le 19 .
[Signature, grade, corps de troupe).
Payable à la caisse du Gouvernement militaire de la porçince à
Il est expressément rappelé, que seuls seront payés les reçus qui auront été délivrés après le 14 janvier 1915. Pour Bruxelles, des dispositions spéciales sont en vigueur.
Cette ordonnance n'est pas applicable aux marchandises en masses retenues à Anvers et quelques autres endroits par l'administration militaire. Pour celles-ci, il sera pris des mesures spéciales.
Bruxelles, le 13 janvier 1915.
Baron von BISSING, Colonel Général.
ARRÊTÉ
Article Premier. — Les Belges soumis à la contribution personnelle pour l'année 1914 et qui, depuis le début de la guerre, ont volontairement quitté leur domicile et ont séjourné plus de deux mois en dehors de la Belgique, ont à acquitter un impôt additionnel extraordinaire fixé au décuple du montant de la dite contribution y compris les centimes additionnels au profit de l'État, à moins qu'ils ne soient rentrés en Belgique avant le l'^'" mars 1915.
Est considéré, jusqu'à preuve du contraire, comme résidant en dehors de la Belgique, tout contribuable qui n'est pas resté on ne reste pas à son domicile belge.
Art. 2. — L'article l^'' ne s'applique pas aux contribuables dont le montant de l'impôt précité d'après les rôles de 1914, y compris les centimes additionnels au profit de l'État, ne dépasse pas :
35 francs dans les communes jusqu'à 100.00 habitants ; 45 francs dans les communes de 10 à 25.000 habitants ; 60 francs dans les communes de 25 à 50.000 habitants ; 80 francs dans les communes de 50 à 75.000 habitants ;
100 francs dans les communes de plus de 75.000 habitants.
Le chef de l'admiaistration civile près le gouverneur général est autorisé à accorder l'exonération de l'impôt additionnel pour des raisons d'équité.
Art. 3. — La moitié du produit de l'impôt revient au Gouvernement général en Belgique, afin de pourvoir aux frais de l'administration du territoire occupé, conformément aux articles 48 et 49 de la Convention de La Haye concernant la guerre sur terre ; l'autre moitié à la commune dans laquelle le contribuable est soumis, pour l'année 1914, à la contribution visée à l'article l®'".
Art. 4. — L'impôt est payable au plus tard le 15 avril 1915 et recouvrable par voie de contrainte après l'expiration de cette date.
Art. 5. — Toutes impositions communales spéciales assises sur des bases identiques ou semblables à celles prévues à l'article 1er sont abrogées et ne pourront être établies à l'avenir.
Art. 6. — Le présent arrêté entre immédiatement en vigueur. Le chef de l'administration civile près le gouverneur général en Belgique est chargé de son exécution.
Bruxelles, le 16 janvier 1915.
Le GouverHeur général en Belgique,
Baron von BISSING,
Colonel Général.
ARRÊTÉ touchant les Assemblées et Sociétés politiques.
Article Premier. — Les assemblées en plein air sont interdites.
2. Les assemblées publiques, dans lesquelles doivent être traitées et discutées des questions politiques, dans des locaux fermés, sont également interdites.
3. Pour toute autre assemblée publique ou privée, il faut une autorisation préalable, qui doit être demandée au moins cinq jours d'avance. L'octroi de pareille autoiisation est de la compétence du commandant de place, et, à son défaut, du chef de l'arrondissement.
4. Sont exemptées des prescriptions énoncées au n° 3, les assemblées publiques poursuivant un but religieux, de même que les assemblées privées d'un caractère purement religieux,
sociable, scientifique, professionnel ou artistique. Pour ces assemblées, il ne faut pas d'autorisation.
50 En cas de contraventions contre les prescriptions de cet article, seront responsables, non seulement les promoteurs, les organisateurs et le comité des dites assemblées, mais aussi les participants.
Art. 2, — Tous les clubs et sociétés à tendances politiques ou destinés à discuter des buts politiques sont fermés. La création de nouveaux clubs ou sociétés de ce genre est interdite. Seront passibles de pénalités : les dirigeants, fondateurs et membres des dites sociétés.
Art. 3. — Les contraventions contre cet arrêté seront punies d'emprisonnement allant jusqu'à un an ou d'une amende allant jusque cinq mille francs.
Les contravantions sont de la compétence des cours militaires.
Bruxelles, le 16 janvier 1915.
Le Gouverneur général en Belgique,
Baron von BISSING,
Colonel Général.
AVIS
Il est porté à la connaissance du public qu'il existe à Bruxelles, rue Saint-Lazare, 69, un comptoir pour l'achat de peaux brutes. Ce comptoir achète au comptant les peaux de toutes espèces, pesant au moins 10 kilos.
Pour plus amples renseignements, s'adresser rue et numéro précités.
Bruxelles, le 15 janvier 1915.
Le Gouverneur de Bruxelles,
von KRAEWEL,
Général.
AVIS
L'examen des listes établies par les mairies et des renseignements fournis par les locataires principaux permettent de constater que la plupart des Russes, Anglais, Serbes, Monté-
négrins et Japonais, des deux sexes, ne se sont pas encore annoncées, en personne, au Bureau de déclaration.
En conséquence, un dernier délai leur est accordé en vue de leur déclaration, laquelle devra être faite par eux-mêmes, mercredi 20 janvier, à 9 heures du matin, heure allemande, à la Nouvelle École militaire.
Celui qui ne comparaîtra pas dans ce délai sera arrêté.
Bruxelles, le 16 janvier 1915.
Le Gouverneur de Bruxelles, von KRAEWEL, Général.
AVIS
Ensuite des deux arrêtés des 2 et 9 janvier, relatifs aux listes de contrôle des étrangers, il est ordonné ce qui suit ;
Tous sujets français, des deux sexes, âgés de plus de quinze ans, se présenteront en personne, munis de leurs passeport et papiers de domicile, à la Nouvelle École militaire, rue Léonardde- Vinci, aux jours et heures ci-après :
Lundi 25 janvier : ceux habitant la ville de Bruxelles :
A 9 heures du matin (heure allemande), si leur nom de famille commence par Tune des lettres A à F ;
A 11 heures du matin, si le nom commence par G à N ;
A 1 heure après-midi, si le nom commence par O à Z.
Mardi 26 janvier : ceux habitant Schaerbeek, Ixelles et Laeken :
A 9 heures du matin, si leur nom de famille commence par l'une des lettres A à F ;
Ail heures du matin, si le nom commence par G à N ;
A 1 heure après-midi, si le nom commence par 0 à Z.
Jeudi 28 janvier : ceux habitant Saint-Gilles, Anderlecht et Molenbeek-Saint-Jean :
A 9 heures du matin, si leur nom de famille commence par l'une des lettres A à F ;
Ail heures du matin, si le nom commence par G à N ;
A 1 heure après-midi, si le nom commence par O à Z.
Vendredi 29 janvier : ceux habitant Auderghem, Water
mael-Boitsfort, Uccle, Forest, Kœkelberg, Jette-Saint-Pierse, Saint-Josse-ten-Noode, Woluwe-Saint-Lambert et Etterbeek :
A 9 heures du matin, si leur nom de famille commence par l'une des lettres A à F ;
A 11 heures du matin, si le nom commence par G à N ;
A 1 heure après-midi, si le nom commence par 0 à Z.
Les personnes empêchées de se présenter, par suite de mala" die, sont tenues de s'annoncer par écrit au Bureau de déclara" tion, à la Nouvelle École militaire, en produisant un certificat médical ; elles devront faire connaître lisiblement leurs nom, prénoms et profession, la date de leur naissance, le lieu de leur naissance, avec mention de La province, et leur demeure dans l'agglomération bruxelloise.
Bruxelles, le 19 janvier 1915.
Le Gouverneur de Bruxelles, von KRAEWEL, Général.
ARRÊTÉ
Les délais pendant lesquels doivent être faits les protêts et autres actes conservant les recours, délais prorogés jusqu'au 31 janvier 1915 par l'arrêté du 18 décembre 1914 (n^ 22 du Bulletin officiel des Lois et Arrêtés pour le territoire belge occupé)^ sont prorogés à nouveau par le présent arrêté jusqu'au 28 février 1915.
Bruxelles, le 20 janvier 1915.
Le Gouverneur général en Belgique, Baron von BISSING, Colonel Général.
ARRÊTÉ
L'arrêté du Roi des Belges du 3 août 1914, concernant le retrait de fonds sur les dépôts en banques, reste en vigueur jusqu'au 28 février 1915, avec la restriction qu'il a subie par suite de l'arrêté du Roi des Belges du 6 août 1914 et avec l'extension qui lui a été donnée par l'arrêté du 23 septembre 1914
(n° 4 du Bulletin officiel des Lois et Arrêtés pour le territoire belge occupé).
Bruxelles, le 20 janvier 1915.
Le Gouverneur général en Belgique,
Baron von BISSING,
Colonel Général.
AVIS
Dans l'intérêt du développement du commerce de poulains en Belgique, J*ai autorisé la création de Foires aux Poulains et Poulaines, et j'engage les propriétaires de poulains et poulaines propres à la vente et âgés de moins de 2 ans 1 /2 à fournir de nombreux contingents à ces foires.
Je déclare expressément que ces marchés se tiendront à l'exclusion de toute réquisition militaire ; le prix des poulains et poulaines sera établi sur la base de la valeur reproductive par convention libre et sera, le marché conclu, payé incessamment et au comptant.
Les achats se feront avec le concours de représentants des Chambres de l'agriculture rhénane et westphalienne qui, à l'exclusion de marchands, seront seuls admis comme acheteurs.
Les foires auront lieu lundi, le 8 février, sur la place du Marché, à :
10 Wavre, à 9 heures du matin (heure allemande, pour Wavre et environs ;
2° Gembloux, à 10 heures 1/2 du matin (heure allemande), pour Gembloux et environs ;
3° Eghezée, à midi (heure allemande), pour Eghezée et environs ;
40 Huy, à 1 heure 1/2 de l'après-midi (heure allemande), pour Huy et environs ;
50 Waremme, à 3 heures de l'après-midi (heure allemande), pour Waremmé et environs.
Bruxelles, le 25 janvier 1915.
Le Gouverneur général en Belgique,
Baron von BISSING,
Colonel Général.
SAINT-AMAND (cHER). — IMPRIMERIE BUSSlÈRE
BLOUD et GAY, Editeurs, 7, place Saint-Sulpice, Paris-6'
^n~''uuT-ru~trLrinjirvv\rtrir\r\nri~Lnr>j-in^n''''''i'~i~'''^
Nouvelle Collection de volumes in- 16. — Prix : O 60
N° 21 . Les Procédés de Guerre des Allemands en Belg:iquef
par Henri Davignon,
N° 22. Le Roi Albert, par Pierre Nothomb.
N° 23. En Guerre, hni)ressions d'un Témoin, par F. de Brinon,
N" 24. Les Zeppelins, par G. Besançon, Secrétaire général de l'Aéro-Club de France. Illustré.
N° 25. La France au-dessus de tout.
Lettres de Combattants, rassemblées par Raoul Narsy.
N° 26. L'Opinion catholique et la Guerre,
par Imbart de la Tour.
N** 27. La Charité et la Guerre. Tableaux et cy^oquis,
par G. Lkchartier.
N° 28. Les Surboches, par André Beaunier. N° 29. Contre les Maux de la Guerre,^ Action publique et
Action privée, par Henri JoiY.
N" 30. Le Général Pau, par G. Blanchon.
N°3I. L'Allemagne s'accuse. Pour servir à l'Histoire de la Guerre Européenne, par Jean de Béer.
N** 32. Pendant la Guerre. Lettres pastorales et Allocutions,
par S. E. le Cardinal A mette, Archevêque de Paris,
N" 33. L'Allemagne et la Guerre Européenne, par Albert
Sauveur, professeur à Harvard University. Préface de Henry Le Chatelier, de l'Académie des Sciences.
N° 34. Les Catholiques allemands, hier et aujourd'hui.
Quelques précédents au cas du Cardinal Mercier, par le comte Begouen.
N° 35. Notre « 75 », par Francis Marre.
N° 36. L'Opinion Américaine et la Guerre,
par Henri Lichtenberger.
Sous presse : L'Occupation Allemande à Bruxelles racontée
par les Documents Allemands. Avis et proclamations
affichés à Bruxelles du 20 Août 1914 au 25 Janvier 1915. Tntro duction par L. Dumont-Wilden.
Sous presse : Comment les Allemands font l'opinion. Nou
velles de guerre affichées à Bruxelles pendant l'occupation Introduction par L. Dumont-VVilden. 2 volumes.
Sous presse : Dans les Tranchées du Front,
par Francis Marre.
Imp. J . Merêch,n, villa d'Alésia- Paris- 14'- - 18 146
N» 38 "Pages actuelles
A un Neutre Catholique
PAR
Mgr PIERRE BATIFFOL
BLOUD ET GAY, Editeurs
y, PLACE SAINT-SULPICE, PARIS
NiHIL OBSTAT
P. PisANi, can.
Imprimatur
Parisiis, die 21 Maii 1915.
A. Delaage, vie. êen.
A un Neutre Catholique
Le Correspondant, qui est lu à Rome, a valu à l'article publié le 10 février dernier sur « La lettre du cardinal Mercier et la conscience catholique » d'être lu par un Romain, qui n'est pas seulement un catholique, mais encore un théologien, un théologien attentif aux « signes des temps », et un théologien dont la sympathie nous est à tous précieuse. Ce grave lecteur n'est pas une fiction. Je revois la claire cellule qu'il habite, je retrouve comme le son de sa voix dans le mot qu'il vient de m'écrire et que, après l'avoir traduit, je citerai en italien (1) pour que rien ne soit perdu de la vivacité et de la nuance de sa pensée.
1. «... In questi giorni ho avulo occasione di leggere nel Correspondant un suo articolo sulla moralité délia guerra altuale. Ma che moralità ! Questa guerra è immorale nelle sue origini, nei suoi metodi, e nei suoi fini. Ma piuttoslo, come andrà a finira ? La Francia puô sperare la vittoria ? E cantando vittoria, resterebbe la Francia anticléricale délia separazione dalla Chiesa e da Dio, oppure ritornerebbe la Francia primogenita délia Chiesa ? Stimatissimo Monsignore, Lei che è prossimo al teatro délia guerra, e che ne segue certamente lo svolgimento con interesse, e che ha fine acume per prevedere nelle cause gli elïetti finali, che grande regalo mi
Il m'écrit donc, en date du 14 mars dernier : « ...Ces jours-ci, j'ai eu l'occasion de lire dans le Correspondant un article de vous sur la moralité de la guerre actuelle. Mais que parler de moralité ! Cette guerre est immorale dans ses origines, dans ses méthodes et dans ses fins. Mais plutôt comment finira-t-elle? La France peut-elle espérer la victoire? Et si elle était victorieuse, resterait-elle M France anticléricale, la France de la séparation de l'Eglise et de Dieu, ou redeviendrait-elle la France fille aînée de l'Eglise? Très estimé Monseigneur, vous qui êtes près du théâtre de la guerre et qui en suivez certainement le développement avec attention », vous qui êtes à même « de prévoir dans les causes les conséquences finales, quel grand plaisir vous me feriez si vous vouliez m'indiquer vos pronostics! Je prie pour la victoire de la France, mais de la France renouvelée en Jésus- Christ. Avec ces sentiments pour la nation sœur, et avec ma sincère estime pour vous, Monseigneur, je suis heureux de me dire votre très dévoué serviteur. »
Le théologien qui écrit là est un homme trop maître de sa pensée et trop habitué à peser les mots qui la traduisent, pour qu'il nous soit interdit d'examiner de très près et en profondeur la signification de ces lignes. Elles expriment en raccourci trois considérations : d'abord une raison d'être neutre, ensuite une raison de le rester, subsidiai-
farebbe se volesse indicarmi i suoi prognoslici ! lo prego pcr la viltoria délia Francia, ma délia Francia rinnovata in Gesù Gristo. Con questi sentiraenli verso la nazione sorella, e con sincera stima per Lei, etc. »
remeni un scrupule à faire des vœux pour la France. Il est clair qu'en résumant ainsi la pensée de mon interlocuteur;, je lui enlève cette souplesse et cette sympathie qui en caractérisent la forme et qui sont si gracieusement italiennes. Mais, en cette discussion, le fond des choses seul importe, et il importe d'autant plus que, bien apparemment, l'homme de doctrine qui parle là exprime moins des vues à lui que des vues qui lui sont communes avec son « milieu ».
Depuis neuf mois que dure la guerre, nous gardons ineffaçable le souvenir de l'émotion qui nous envahit à l'annonce soudaine que la guerre menaçait, que l'Allemagne la précipitait, enfin que le sort en était jeté. Dès l'instant que l'Allemagne eut déclaré la guerre à la France, nous nous trouvâmes tous unis dans un même devoir, qui fut de marcher et de tenir, et en parlant de marcher et de tenir, je pense aussi bien aux civils qu'aux soldats, je pense à toute la France de « l'union sacrée ». Les neutres n'ont pas connu ce coup de fouet héroïque.
Ils ont vu dans la guerre une calamité, dont la sévérité dépassait tout ce qu'on avait jamais vu, et une calamité qui les atteignait eux-mêmes, en dépit de la sécurité qu'ils s'étaient promise de leur neutralité, et dont la satisfaction un peu égoïste peut-être qu'ils en avaient n'a pas résisté à l'épreuve. Ils ont été, en effet, atteints ou menacés économiquement ; ils ont été plus encore,
et plus noblement, émus du spectacle de tant d'horreurs, épouvantés de tant de ruines ; ils ont compris que le jour qui se levait sur l'Europe était chargé de plus de menaces que la veille, enfin, que la blessure faite par cette guerre à la civilisation et à la paix du monde était si atroce et si grave qu'il faudrait des générations pour la cicatriser. Ils maudissent la guerre actuelle comme un crime contre l'humanité. Et c'est ce sentiment de réprobation totale qu'exprime notre neutre, quand il écrit : « Cette guerre est immorale dans ses origines, dans ses méthodes et dans ses fins. » Que l'on nous pardonne de dire que ce jugement est trop sommaire.
Parmi les causes d'erreur que les logiciens ont classifiées, il en est une qui consiste à simplifier tellement la complexité des difficultés que cette simplification en arrive, sans le vouloir, à ne différer pas de la fâcheuse ignoratio elenchi. La guerre actuelle est un conflit entre nations, et ce conflit aurait pu être résolu par les voies pacifiques, mais à qui la faute s'il n'a pas été résolu ainsi? A qui incombe la responsabilité d'avoir voulu cette guerre, de l'avoir longuement préparée, et en fin de compte de l'avoir déclarée? Question de fait, sur laquelle la pleine lumière est acquise aujourd'hui, grâce à la publication des documents diplomatiques. On sait, de science historique certaine, que la France, la Russie et l'Italie étaient prêtes à accepter que le conflit austro-serbe fût porté devant une conférence ; le Tsar, d'accord avec la Serbie, proposait de le soumettre au tribunal de La Haye; l'Allemagne a écarté cette procédure. Et quand l'Au-
triche parut incliner à s'entendre directement avec la ^Russie,' le Kaiser brusqua la déclaration de guerre de l'Allemagne à la Russie par l'ultimatum que [l'on sait. L'Angleterre n'était liée envers la France par aucun engagement, on en a pour preuve la lettre de M. Poincaré au roi d'Angleterre du 31 juillet 1914 et la réponse de George / du 1*^"^ août : ces deux lettres attesteront devant l'histoire l'angoisse de la France et l'indécision de l'Angleterre à la veille de la guerre. Ici encore, l'Allemagne brusqua la guerre en la déclarant à la France, et en adressant à la Belgique l'ultimatum qu'allait relever l'Angleterre. Sir Ed. Grey, dans son admirable discours du mois de mars, a défini la responsabilité de l'Allemagne en termes^qui seront ceux de l'histoire :
C'est sur l'Allemagne que doit retomber pour toujours l'entière responsabilité d'avoir plongé l'Europe dans la guerre, de s'être engagée elle-même et d'avoir engagé la plus grande partie du continent dans les conséquences qu'elle doit avoir.
Nous savons maintenant que l'Allemagne avait été préparée à la guerre comme pouvait l'être seulement un peuple qui projetait de la faire. De mémoire d'homme, c'est la quatrième fois que la Prusse déchaîne la guerre en Europe : guerre du SIeswig et du Holstein, guerre de 1866 contre l'Autriche, et guerre de 1870 contre la France... La même chose est encore une foîs arrivée. Nous sommes résolus à ce que ce soit la dernière.
Le Journal de Genève, commentant le discours de Sir Ed. Grey, a pu écrire : « Quand la presse allemande représente l'Angleterre comme l'instigatrice de la guerre, elle suppose chez ses lecteurs
une totale incapacité de raisonner et de se souvenir (1). » La guerre, préméditée et préparée de longue date par l'Allemagne, a été déclarée par l'Allemagne à l'heure qu'elle a jugée la plus opportune, dans la persuasion où elle était qu'elle gagnerait de vitesse les trois grandes nations par elle attaquées. Elle appelait cela du nom de « guerre préventive », un terme tout moderne substitué au terme d'injuste agression créé par la vieille morale chrétienne.
Voilà pour les origines de la guerre. Quant aux méthodes pratiquées par les belligérants, il nous semblait acquis que le droit des gens était une morale que les Allemands pratiquaient mal à la guerre... J'ai été très frappé cependant d'une parole prononcée par Benoît XV dans son discours du 22 janvier 1915, là où le Saint-Père fait appel à l'humanité « de ceux qui ont franchi les frontières les armes à la main ». Il les conjure de ne pas blesser le cœur des habitants des régions envahies « dans ce qu'ils ont de plus cher, les sanctuaires, les ministres des autels, les droits de la religion et de la foi ». Le Saint-Père proclame, avec toute son autorité « d'interprète et de vengeur de la loi éternelle », qu'il n'est permis « à personne, sous aucun prétexte, de violer la justice ». Le Saint-Père résume toute la doctrine dans cette parole : « Nous frappons de Notre réprobation n'importe guettes viotations du droit, où qu'ettes aient été commises. » La généralité de cette déclaration n'est pas une habileté diploma-