LA DOUCE MORT
Sur une feuille posée
Par la Nuit dans son sommeil,
Une goutte de rosée
Se trouvait loin du soleil.
(L Oh ! que ne puis-je, embrasée Par quelque rayon vermeil, Pauvre goutte méprisée, Voir le jour à son réveil ! »
Se dérobant à l'ombrage, Elle sort du doux feuillage :
Le soleil luit à ses yeux;
Elle meurt à sa lumière Et monte, vapeur légère.
Dans un rayon vers les deux.
Moi, comme la goutte frêle, Ce fragile diamant,
0 lumière, je t'appelle :
Sors du profond firmament.
Lassé de Tombre éternelle, Ton doux, éblouissement M'attire : à mon cœur aimant Que ta splendeur étincelle !
Mes dieux, ma religion,
C'est toi! Sous ton plein rayon,
Vérité, je me hasarde.
Le vrai, je sais, fait souffrir :
Voir, c'est peut-être mourir.
Qu'importe?ô mon œil, regarde!