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A MA FEMME

A gui dédier ce recueil, sinon à la très-bonne et très-cnère sans gui je sei'ais mort, il y a longtemps ; gui m aima parce gue je lui parlais de Dieu et gui m'épousa parce gu'on lui avait dit, dès le premier jour, gue jy étais un mendiant?

.V agonisais alors et il y a de cela dix-sept ans.

On a souffert ensemble d'une manière excessive, continuelle, et mon œuvre est marguée de cette souffrance .

Quelgues-unes de mes meilleures pages furent inspirées directement par cette compagne. D'autres furent écrites pendant gu'elle me jouait du Chopin ou du Beethoven.

Souvenir suave, musigue du Paradis gui me tirait, un instant, du gouffre!

C'est ainsi gue les deux tiers de mes livres ont pu être faits dans la plénière et permanente angoisse, capable d'exténuer, en moins d'années, le plus grand courage.

Il sera parlé de cela, ma chère Jeanne, dans la Vie future.

Léon Bloy.

Purification, 2 février 1906.

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