‹ Pages choisies a l'usages des lycées et des écolesChapitre 35 sur 64 · LE MARTYRE DE RLANDINE · texte numérisé non relu

LE MARTYRE DE RLANDINE

La servante Blandine appartenait à une dame chrétienne, qui sans doute l'avait initiée à la foi du Christ. Le sentiment de sa bassesse sociale ne faisait que Texciter à égaler ses maîtres. La vraie émancipation de l'esclavage, l'émancipation par l'héroïsme, fut en grande partie son ouvrage. L'esclavage païen est supposé par essence méchant, imnaoral. Quelle meilleure manière de le réhabiliter et de l'affranchir que de le montrer capable des mêmes vertus et des mêmes sacrifices que l'homme libre ! Comment traiter avec dédain ces femmes que l'on avait vues dans l'amphithéâtre plus sublimes encore que leurs maîtresses?

La bonne servante lyonnaise avait entendu dire que les jugements de Dieu sont le renversement des apparences humaines, que Dieu se plaît souvent à choisir ce qu'il y a de plus humble, de plus laid et de plus méprisé pour confondre ce qui parait beau et fort. Se pénétrant de son rôle, elle appelait les tortures et brûlait de soufiTrir. Elle était petite, faible de corps, si

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