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INTRODUCTION XXIII

Il annonce, au-dessus ou en dehors des nations, la naissance de cette cité nouvelle, la « République des lettres ».

Enfin il est humanitaire. Il exhorte les peuples à s'unir pour le progrès des sciences, à s'enrichir « par un commerce tranquille » plutôt qu'à s'agrandir par « des conquêtes violentes ». Son pessimisme se borne à l'individu et aux patries, à l'individu presque toujours inconscient et grossier, à ces grands organismes de proie et de vanité ([ue ïertullien appelait animalia glorix. Il a foi à l'effort collectif du genre humain pris dans ses parties les plus hautes, à cette « civilisation » qui fut la divinité de Voltaire. Telle fut la croyance profonde du xviii^' siècle, jusqu'au jour où Jean-Jacques vint enseigner aux hommes la supériorité de l'instinct sur l'intelligence, et leur persuader d'arracher le pouvoir à Prospero pour le transmettre à Caliban. Fontenelle sans doute ne connut rien du philosophe de Genève : tout porte à croire qu'il ne l'eût point goûté.

Fontenelle a été l'introducteur discret des idées hardies. Pour se faire entendre de la multitude, il faut élever la voix : sous aucun prétexte, il ne quitta le ton de la conversation entre honnêtes gens. Il n'avait rien d'un pédant, au moins dans la seconde part de sa vie, ni d'un déclamateur, ni d'un tribun. Si satisfait qu'il fût de se sentir exempt de préjugés, on ne l'a jamais vu prendre l'air suffisant, et, comme dit Montaigne, « résolutif ». Il l'a laissé à M. Homais, son voisin de campagne. Il est toujours resté de bonne compagnie.

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