‹ Pages choisies. Avec une introdChapitre 31 sur 57 · ALCANDRE · texte numérisé non relu

ALCANDRE

A Monsieur...

Quand je lis d'Amadis los faits inimilablos, Tant de châteaux forcés, de géants pourfendus, De chevaliers occis, d'enchanteurs confondus, Je n'ai point do regret que ce soient là des fables; Mais quand je lis l'Astrée, où dans un doux repos L'amour occupe seul de plus charmants héros.

Où l'amour seul de leur destin décide.

Où la sagesse môme a l'air si peu rigide. Qu'on trouve de l'amour un zèle partisan Jusque dans Adamas, le souA'erain druide; Dieux! que je suis fâché que ce soit un roman! J'irais vous habiter, agréable contrée,

Où je croirais que les esprits

Et de Céladon et d'Astrée Iraient encore errants, des mêmes feux épris; Où le charme secret, produit par leur présence,

Ferait sentir à tous les cœurs

Le mépris des vaines grandeurs.

Et les plaisirs de l'innocence.

O rives de Lignon! ô plaines de Forez!

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