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XXVI INTRODUCTION

Lemaître, à je ne sais quelle ardeur combattive qui est toute française. Ici, les concepts de l'esprit prennent la force et l'activité d'une passion.

« Un caractère bien fade est celui de n'en avoir aucun », dit la Bruyère. Nous avons vu que la personne de Lemaître n'en manque point. Mais quand on ne connaissait encore de lui que le critique curieux de tout et un peu versatile, ce fut pour beaucoup un grand sujet d'étonnement de le voir écrire des pièces de théâtre. Une fois de plus on invoqua la vieille distinction entre critiques et créateurs. Distinction juste, si l'on entend que la critique consiste à ratiociner sur des théories littéraires ; mais complètement fausse ici, où l'étude des livres n'était qu'un prétexte à l'étude du cœur humain. On oubliait que Lemaître, raisonnable et raisonneur, n'est nullement rationaliste. Il s'intéresse aux hommes pour leur infinie diversité : l'homme en soi, l'homme abstrait, l'homme des rhéteurs, le laisse assez indifférent. Il sait que la raison, flambeau inestimable, ne fait pourtant qu'une faible lumière sur l'océan de la vie intérieure ; et quand, laissant les livres, il regarde la vie chez les êtres qui l'entourent, ici comme là il voit surtout des instincts, des appétits, des regrets, des ambitions, des amours, tout le cortège des passions.

Et cet écrivain si cultivé, si pénétré de littérature,

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