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Raisonnement faux; 2. Utilitarisme

dât de s’emparer dans les combats des cœurs des Lacédémoniens. Il y avait des divinités à qui on demandait de ne pas inspirer le crime, et d’autres à qui on demandait de le détourner.

XXIV, v. — QUE LA RELIGION CATHOLIQUE CONVIENT MIEUX A UNE MONARCHIE1, ET QUE LA PROTESTANTE S’ACCOMMODE MIEUX D’UNE RÉPUBLIQUE

Lorsqu’une religion naît et se forme dans un État, elle suit ordinairement le plan du gouvernement où elle est établie : car les hommes qui la reçoivent, et ceux qui la font recevoir, n’ont guère d’autres idées de police2 que celles de l’État dans lequel ils sont nés3.

Quand la religion chrétienne souffrit, il y a deux siècles, ce malheureux partage qui la divisa en catholique et en protestante, les peuples du nord embrassèrent la protestante, et ceux du midi gardèrent la catholique.

C’est que les peuples du nord ont et auront toujours un esprit d’indépendance et de liberté que n’ont pas les peuples du midi4, et qu’une religion qui n’a point de chef visible, convient mieux à l’indépendance du climat que celle qui en a un.

Dans les pays mêmes où la religion protestante s’établit, les révolutions se firent sur le plan de l’État politique. Luther ayant pour lui les grands princes, n’aurait guère pu leur faire goûter une autorité ecclésiastique qui n’aurait point eu de prééminence extérieure; et Calvin ayant pour lui des peuples qui vivaient dans des républiques, ou des bourgeois obscurcis dans des monarchies, pouvait fort bien ne pas établir des prééminences et des dignités5.

Chacune de ces deux religions pouvait se croire la plus

1. Dans le Chap. 1 1 1 du même livre, Montesquieu avait démontré déjà que « le gouvernement modéré convient mieux à la religion chrétienne », en alléguant que « la douceur étant si recommandée dans l'Evangile, elle s’oppose à la colère despotique avec laquelle le prince se ferait justice et exercerait ses cruautés; 2. Sens grec : gouvernement; 3. Les premiers chrétiens organisèrent l’Eglise dans les cadres romains; 4. C’est déjà la thèse que reprendront et agrandiront Mme de Staël et Michelet : supériorité générale des pays protestants et germains sur les pays catholiques et latins ; 5. Le protestantisme de Calvin fut démocratique et niveleur, plus près, au dire de Montesquieu, de la doctrine du Christ que de celle des apôtres.

parfaite; la calviniste, se jugeant plus conforme à ce que Jésus-Christ avait dit, et la luthérienne à ce que les apôtres avaient fait.

XXV, ix. — DE LA TOLÉRANCE EN FAIT DE

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