SUJETS DE DEVOIRS
— Vous montrerez quelle haute idée Montesquieu s’est faite de la vertu dans la République. Vous direz quelles sont les parties constitutives de cette vertu. Vous ferez vos réflexions personnelles.
— Vous comparerez en politique le relativisme de Montesquieu et sa prudence à l'a priori et à l’audace déductive de J.-J. Rousseau dans le Contrat social. Vous pourrez dire où vont vos préférences.
— Montesquieu, dans la Défense de l'Esprit des lois, s’élève contre « l’enceinte des scrupules vains » quand il s’agit d’exprimer des pensées utiles. Vous direz quel courage tranquille il a apporté à sa tâche, de 1721 à 1748.
— L’habileté polémique de Montesquieu dans la Très humble remontrance. Les arguments, utilitaires, moraux, politiques, religieux, ne sont pas classés ni groupés; ce sont des traits qui pleuvent de tous les côtés à la fois contre un adversaire qui tourne sur lui-même sans pouvoir parer. Nouveauté et force de cette composition très savante dans son désordre apparent.
— L’ironie de Montesquieu d’après les Lettres persanes et l'Esprit des lois : nouveauté, qualité et valeur efficiente de cette ironie. Comparez l’humour de Swift et l’humour de Montesquieu.
— Le style de Montesquieu : cherchez dans les Lettres persanes et dans l'Esprit des lois, les coups d’éloquence vite réprimés et d’autant plus dangereux qu’ils sont déclenchés par l’indignation.
— Montesquieu n’aborde la religion qu’au chapitre xxv de l'Esprit des lois. Vous montrerez comment il ne considère les religions qu’extérieurement, en légiste, sans bien se rendre compte de leur puissance mystique. Pour lui, elles font simplement partie de la police de l’État.
— Montesquieu prétend que la religion protestante est davantage propre aux pays • républicains et la religion catholique aux monarchies. Vous direz quel succès a eu cette thèse au xixe siècle, reprise et renforcée par Mme de Staël et Michelet, et vous direz ce que vous en pensez (XXIV, v).
— Vous montrerez que Montesquieu en politique est un réaliste et un réformateur, non un révolutionnaire, et que ses deux désirs sont de comprendre d’abord, et ensuite, d’améliorer ce qui est.
— Vous direz comment Montesquieu a fait passer plusieurs questions du domaine religieux et moral dans le domaine de la sociologie (protestantisme et catholicisme, divorce, vœux monastiques, etc.), et comment il a travaillé à établir cette science qui n’avait pas encore de nom pour la désigner.
— A l’aide de textes choisis vous tracerez le portrait psychologique et moral de Montesquieu; la verve gasconne, le tour d’esprit de la noblesse de robe, la curiosité scientifique, le culte de l’antiquité, le goût des voyages et de l’histoire, l’indépendance de la pensée, l’étude des questions politiques et sociales, la prédominance de l’intelligence sur la sensibilité poétique et religieuse.
— D’après Lysimaque vous définirez le stoïcisme antique. Vous en montrerez la beauté morale. Fondé sur l’orgueil, tandis que le christianisme repose sur l’humilité, vous direz comment tous deux se rejoignent par en haut pour exalter la noblesse humaine. Montesquieu, dans cet opuscule,' n’a-t-il pas tracé son idéal?
— Montesquieu, dans les Considérations (chap. xvm) déclare que « ce n’est pas la fortune qui gouverne le monde », et le premier chapitre de l'Esprit des lois est déterministe, si bien que de son temps Montesquieu a été accusé de fatalisme et de spinosisme. La lecture des œuvres de Montesquieu confirme-t-elle ou atténue-t-elle cette incertitude philosophique?
— Comme un grand nombre d’esprits du xvme siècle, Montesquieu s’est fait des hommes et des sociétés une idée trop favorable. Montrez comment, vingt-trois ans après les Troglodytes, l’utopie fleurit dans Arsace et Isménie.