EPITRE AU ROI
Les circonstances qui amenèrent Calvin à publier cette lettre sont fort bien décrites par Calvin lui-même dans la préface des
Commentaires sur les Psaumes, reproduite plus loin. Toutes les tentatives faites pour ramener la concorde entre réformés et catholiques semblaient avoir échoué. Si François I, par générosité, et aussi pour éviter de blesser ses alliés protestants d'Allemagne dans sa lutte contre Charles Quint, ne s'était pas d'abord prononcé trop ouvertement contre les réformés, le parti de la répression venait de triompher, et les persécutions avaient commencé. Aux protestations venues d'Allemagne, le roi avait répondu par un mémoire daté du i^r février 1535, adressé aux Etats de l'Empire, dans lequel il dénonçait les protestants de France comme de dangereux révolutionnaires. Cette accusation risquait d'aliéner aux réformés français les sympathies des protestants d'Allemagne, qui auraient pu les assimiler aux bandes révolutionnaires des anabaptistes dont les excès avaient été cruellement réprimés en Allemagne.
C'est alors que Calvin hâta la publication de l'Institution chrétienne latine et la fit précéder de cette admirable épître à l'aide de laquelle il espérait ramener François I et le grand public à des dispositions plus bienveillantes.
Les passages qui ont été omis ici semblent poser en face du roi la question de la réforme, plutôt que de plaider la cause des réformés persécutés.
A TRESHAULT, TRESPUISSANT, ET TRESILLUSTRE PrINCE, FrAN-
çoYS Roy de France treschrestien, son Prince et souverain Seigneur,
Jean Calvin paix et salut en Dieu.
u commencement que je m'appliquay à escrire ce présent livre: je ne pensoye rien moins, o Tresnoble Roy, que d'escrire choses qui fussent présentées à ta Majesté. Seulement mon pro- 5 pos* estoit, d'enseigner quelques rudimens: par lesquelz, ceux qui seroient touchez d'aucune* bonne affection de Dieu, feussent instruictz à vraie pieté. Et principalement vouloye, par ce mien labeur, servir à noz François:
desquelz j'en voyois plusieurs avoir fain et soif de Jésus Christ : et bien peu, qui en eussent receu droicte congnoissance. Laquelle mienne délibération* on pourra facilement appercevoir du livre: en tant que l'ay accommodé à la plus simple forme d'enseigner, qu'il m'a esté possible. 5 Mais voyant que la fureur d'aucuns* iniques s'estoit tant eslevée en ton Royaume, qu'elle n'avoit laissé lieu aucun à toute saine doctrine: il m'a semblé estre expédient, de faire servir ce présent livre, tant d'instruction à ceux, que premièrement j'avoye délibéré d'enseigner: que aussi de lo confession de Foy envers toy : dont* tu congnoisses quelle est la doctrine, contre laquelle, d'une telle rage, furieusement sont enflambez* ceux, qui par feu et par glaive troublent aujourd'huy ton Royaume. Car je n'auray nulle honte de confesser, que j'ay icy comprins quasi* une is somme* de ceste mesme doctrine, laquelle ilz estiment devoir estre punie par prison, bannissement, proscription et feu :* et laquelle ilz crient devoir estre deschassée* hors de terre et de mer. Bien scay-je de quelz horribles raportz ilz ont rempli tes aurailles et ton cœur: pour te 20 rendre nostre cause fort odieuse. Mais tu as à reputer,* selon ta clémence et mansuétude, qu'il ne resteroit innocence aucune, n'en ditz n'en faictz, s'il suffisoit d'accuser. Certainement, si quelqu^un, pour esmouvoir hayne à rencontre de ceste doctrine, de laquelle je me veulx efforcer 25 de te rendre raison, vient à arguer, qu'elle est desja condamnée par un commun consentement de tous estatz, qu'elle a receu en jugement plusieurs sentences contre elle: il ne dira autre chose, sinon qu'en partie elle a esté violentement abbatue, par la puissance et conjuration des 30 adversaires: en partie malitieusement opprimée par leurs mensonges, tromperies, calumnies et trahisons. C'est
force et violence, que cruelles sentences sont prononcées à rencontre d'icelle,* devant qu'elle ayt esté deffendue. C'est fraude et trahison, que sans cause elle est notée de sédition et maléfice. A fin que nul ne pense, que nous 5 complaignons* de ces choses à tort, toy mesme nous peuz estre tesmoing, Tresexcellent Roy, par combien faulses calumnies elle est tous les jours diffamée envers toy. C'est à scavoir, qu'elle ne tend à autre fin, sinon que tous règnes et polices* soient ruinées, -paix soit troublée, les loix abo-
lo lies, les seigneuries et possessions dissipées: brief, que toutes choses soient renversées en confusion. Et neantmoins encores tu n'en oys* que la moindre portion. Car entre* le populaire* sont semez contre icelle,* horribles raportz : lesquelz s'ilz estoient véritables, à bon droit tout
15 le monde la pourroit juger, avec tous ses autheurs, digne de mille feuz* et mille gibbetz. Qui s'esmerveillera maintenant, pourquoy elle est tellement haye de tout le monde, puis qu'on adjouste Foy à telles iniques detractions? Voilà pourquoy tous les estatz, d'un commun accord, con-
20 spirent en la damnation de nous et de nostre doctrine. De ceste affection* raviz et transportez ceux qui sont constituez pour en juger, prononcent, pour sentence, la conception qu'ilz ont apportée de leur maison. Et pensent tresbien s'estre acquittez de leur office, s'ilz ne jugent
25 personne à mort, sinon ceux qui sont, ou par leur confession, ou par certain tesmoignage, convaincuz. Mais de quel crime? De ceste doctrine damnée, disent-ilz. Mais par quelle loy est elle dannée? Or c'estoit le poinct de la deffence: non pas desadvouër icelle* doctrine, mais la
30 soustenir pour vraye. Icy est osté le congé d'ouvrir la bouche. Pourtant, je ne demande point sans raison, Tresillustre Roy, que tu vueilles prendre la congnoissance
entière de ceste cause: laquelle, jusques icy, a esté démenée* confusément, sans nul ordre de droit, et par un ardeur* impétueux, plustost que par une modération et gravité judiciaire. Et ne penses point que je tasche à icy traicter ma deffence particulière, pour impetrer* retour au 5 pays de ma naissance : auquel, combien* que je porte telle affection d'humanité qu'il appartient: toutesfois comme les choses sont maintenant disposées, je ne souffre pas grand dueil d'en estre privé. Mais j'entreprens la cause comme de tous les fidèles, et mesme celle de Christ: la- lo quelle au jour d'huy est en telle manière du tout descirée,* et foullée en ton Royaume, qu'elle semble advis* désespérée. Ce qui est certes advenu par la tyrannie d'aucuns* Pharisiens, plustost que de ton vouloir. Mais comment cela se faict, il n'est point mestier* de le dire icy. 15 Quoy que ce soit elle est grandement affligée. Car la puissance des adversaires de Dieu a obtenu jusques là, que la vérité de Christ, combien* qu'elle ne soit perdue et dissipée, toutesfois soit cachée et ensevelie comme ignominieuse : et oultre que la povrette Eglise soit, ou consumée 20 par mortz cruelles, ou par bannissemens dechassée,* ou tellement par menasses et terreurs estonnée, qu'elle n'ose mot sonner. Et encores il* insistent en telle rage qu'ilz ont acoustumé : pour abbatre la paroy qu'ilz ont ja* esbranlée, et parfaire la ruyne qu'ilz ont encommencée.* Ce- 25 pendant nul ne s'advance, qui s'oppose en defences contre telles furies. Et s'il y en a aucuns* qui veulent estre veuz tresfort favoriser à la vérité: ilz disent qu'on doibt aucunement* pardonner à l'imprudence et ignorance des simples gens : car ilz parlent en ceste manière : appellans 30 la trescertaine vérité de Dieu imprudence et ignorance: et ceux que nostre Seigneur a tant estimez, qu'il leur a
communiqué les secretz de sa sapience* céleste, gens simples. Tellement tous ont honte de l'Evangile. Or à toy appartient, Tresgratieux Roy, de ne destourner ne tes aureilles, ne ton couraige, d'une si juste deffence : Princi- S paiement quand il est question de si grand'chose. C'est à scavoir comment la gloire de Dieu sera maintenue sur terre : comment sa vérité retiendra son honneur et dignité : comment le Règne de Christ demourera en son entier. O matière digne de tes aureilles: digne de ta jurisdiction,
10 digne de ton Throsne Royal? Car ceste cogitation* faict un vray Roy: s'il se recongnoit estre vray ministre de Dieu, au gouvernement de son Royaume. Et au contraire celuy n'exerce point Règne, mais briganderie :* qui ne règne point à ceste fin, de servir à la gloire de Dieu.
15 Or celuy est abusé, qui attend longue Prospérité en un Règne, qui n'est point gouverné du sceptre de Dieu: C'est à dire sa saincte parolle: Car l'edict céleste ne peut mentir: Par lequel il est dénoncé, que le peuple sera dissipé quand la Prophétie defauldra.* Et ne te
2o doibt destourner ce contemnement* de nostre abjection. Certes nous recongnoissons assez combien nous sommes povres gens et de mespris: c'est à scavoir, devant Dieu misérables pecheus,* envers les hommes contemnez* et dejectez, et mesme si tu veux, l'ordure et ballieure* du
25 monde: ou si on peut encores nommer quelque chose plus vile. Tellement qu'il ne nous reste rien de quoy nous glorifier devant Dieu, sinon sa seule miséricorde: par laquelle sans quelque mérite nostre, nous sommes sauvez. Ne envers les hommes sinon nostre infirmité,
30 c'est à dire, ce que tous estiment grande ignominie. Mais toutesfois il fault que nostre doctrine consiste* eslevée et insuperable* par dessus toute la gloire et puissance du
monde. Car elle n'est pas nostre: mais de Dieu vivant et de son Christ: lequel le Père a constitué Roy, pour dominer d'une mer à l'autre, et depuis les fleuves jusques aux fins de la terre. Et tellement dominer, qu'en frappant la terre de la seule verge de sa bouche, il la casse S toute, avec sa force et sa gloire comme un pot de terre: ainsi que les Prophètes ont predict de la magnificence de son Règne, qu'il abbatroit les Royaumes durs comme fer et erain, et reluisans comme or et argent. Bien est vray que noz adversaires contredisent: reprochans que faulse- lo ment nous prétendons* la paroUe de Dieu, de laquelle nous sommes, comme ils disent, pervers corrupteurs. Mais toymesme selon ta prudence* pourras juger, en lisant nostre confession, combien ceste reproche* est, non seulement malitieuse calumnie, mais impudence trop effrontée. 15
Et neantmoins ilz ne cessent de calumnier nostre doctrine, et la descrier et diffamer par tous moyens qu'il leur est possible: pour la rendre, ou odieuse, ou suspecte. Hz l'apellent Nouvelle, et forgée* puis n'a gueres.* Hz reprochent qu'elle est doubteuse et incertaine. Hz de- ^° mandent, par quelz miracles elle est confermée? Hz enquierent, s'il est expédient, qu'elle surmonte le consentement de tant de Pères Anciens, et si longue coustume? Hz insistent, que nous la confessions estre schismatique, puis qu'elle faict la guerre à l'Eglise : ou que nous respon- ^5 dions que l'Eglise a esté morte par tant longues années, ausquelles il n'en estoit nulle mention. Finalement, ilz disent qu'il n'est ja* mestier* de beaucoup d'argumens, veu qu'on peut juger des fruictz, quelle elle est. C'est à scavoir, qu'elle engendre une telle multitude de sectes, tant 3°
de troubles et séditions, et telle audace de mal faire. Certes il leur est bien facile de prendre leur advantage contre une cause déserte et délaissée: principalement quand il fault persuader au populaire* ignorant et crédule. 5 Mais si nous avions aussi bien lieu de parler: j'estime que leur ardeur, dont ilz escument si asprement contre nous, seroit un peu refroidye.
Premièrement, en ce qu'ilz l'appellent nouvelle, ilz font moult* grand injure* à Dieu : duquel la sacrée parolle ne
lo meritoit point d'estre notée de nouvelleté. Certes je ne doubte point, que touchant d'eux, elle ne leur soit nouvelle, ausquelz et Christ mesmes, et son Evangile sont nouveaux. Mais celuy qui scait que ceste prédication de Sainct Paul, est ancienne, c'est que Jésus Christ est mort
15 pour noz péchez et ressuscité pour nostre justification: il ne trouverra rien de nouveau entre* nous. Ce qu'elle a esté long temps cachée et incongneuë: le crime en est à imputer à l'impiété des hommes. Maintenant quand elle nous est rendue, par la bonté de Dieu: pour le moins elle
20 devoit estre receuë en son auctorité ancienne.
D'une mesme source d'ignorance provient, ce qu'ilz la reputent doubteuse et incertaine. Vrayement c'est ce que nostre Seigneur se complainct* par son Prophète. Que le bœuf a congneu son possesseur, et l'asne l'estable de ses
25 maistres : et luy qu'il est mescongneu de son peuple. Mais comment qu'ilz se moquent de l'incertitude d'icelle:* s'ilz avoient à signer la leur de leur propre sang, et aux despens de leur vie : on pourroit voir, combien ilz la prisent. Nostre fiance* est bien autre : laquelle ne craint ne les ter-
30 reurs de la mort, ne le Jugement de Dieu.
Hz ne nous pressent pas si fort par leur argument qu'ilz nous contreignent de confesser, ou que l'Eglise ayt esté morte par quelques années : ou que maintenant nous ayons combat contre l'Eglise. Certes l'Eglise de Christ a vescu, et vivra tant que Christ régnera à la dextre* de son Père : 5 de la main duquel elle est soustenuë, de la garde duquel elle est armée, de la vertu duquel elle est fortifiée. Car sans doubte il accomplira ce qu'il a une fois promis. C'est qu'il assisteroit aux siens jusques à la consummation du siècle. Contre ceste Eglise nous n'entreprenons nulle 10 guerre. Car d'un consentement, avec tout le peuple des fidèles, nous adorons et honorons un Dieu, et un Christ le Seigneur, comme il a esté tousjours adoré de ses serviteurs. Mais eux, ilz sont bien loing de la vérité, quand ilz ne recongnoissent point d'Eglise, si elle ne se voit presen- 15 tement à l'œil : et la veulent enclorre* en certains limites,* ausquelz elle n'est nullement comprinse. En ces poinctz gist nostre controversie.* Premièrement qu'ilz requièrent tousjours une forme d'Eglise visible et apparente. Secondement, qu'ilz constituent icelle* forme au siège de l'Eglise 20 Romaine, et en Testât des Prelatz. Nous, au contraire affirmons que l'Eglise peut consister,* sans apparence visible : et mesmes que son apparence n'est à estimer de ceste magnificence extérieure, laquelle follement ilz ont en admiration: mais elle ha bien autre marque, c'est à scavoir 25 la pure prédication de la parolle de Dieu, et l'administration des Sacremens bien instituée.
Mais je retourne à toy, O Roy Tresmagnanime. Tu ne te doibs esmouvoir de ces faux rapportz: par lesquelz nos adversaires s'esforcent de te jetter en quelque crainte ,
et terreur: c'est à scavoir, que ce nouvel Evangile, ainsi l'appeilent-ilz, ne cerche* autre chose, qu'occasion de séditions, et toute impunité de malfaire. Car Dieu n'est point Dieu de division, mais de paix: et le Filz de Dieu n'est 5 point ministre de péché, qui est venu pour rompre et destruire les œuvres du Diable. Et quant à nous, nous sommes injustement accusez de cupiditez : desquelles nous ne donasmes jamais la moindre suspition* du monde. Il est bien vray semblable, que nous machinons de renverser
10 les Royaumes: desquelz jamais n'a esté ouye une seule paroUe séditieuse : et desquelz la vie a tousjours esté congneuë simple et paisible, quand nous vivions soubz toy: et maintenant chassez de noz maisons, nous ne laissons point de prier Dieu pour ta prospérité, et celle de ton
15 Règne. Il est bien à croyre, que nous pourchassons un congé de tout mal faire, sans estre reprins: desquelz combien* que les meurs soient reprehensibles en beaucoup de choses : toutesfois il n'y a rien digne de si grand reproche. Et d'avantaige, grâces à Dieu, nous n'avons point si mal
20 proffité en l'Evangile, que nostre vie ne puisse estre à iceux* détracteurs, exemple de chasteté, libéralité, miséricorde, tempérance, patience, modestie, et toutes autres vertus. Certes la vérité tesmoigne évidemment pour nous, que nous craignons et honorons Dieu purement:
25 quand par nostre vie et par nostre mort, nous desirons son Nom estre sanctifié. Et la bouche mesme des envieux a esté contreincte de donner tesmoignage d'innocence et justice civile à aucuns* de nous: ausquelz ce seulement estoit puny par mort, qui meritoit d'estre réputé à
30 louenge singulière. Or s'il y en a aucuns,* qui, soubz couleur* de l'Evangile, esmeuvent tumultes, ce qu'on n'a point veu jusques icy en ton Royaume, ou qui veulent
INSTITUTION CHRKTIEÎNx.^ là
couvrir leur liberté charnelle, du nom de la liberté, qui nous est donnée par la grâce de Dieu, comme j'en congnois plusieurs, il y a loix, et punitions ordonnées par les loix, pour les corriger asprement, selon leurs delictz. Mais que ce pendant l'Evangile de Dieu ne soit point blasphémé, 5 pour les maléfices des meschans. Tu as, O Roy tresmagnifique, la venimeuse iniquité de noz calumniateurs exposée par assez de parolles: à fin que tu n'enclines pas trop l'aureille, pour adjouster foy à leurs rapportz. Et mesme je doubte que je n'aye esté trop long: veu que lo ceste préface a quasi* la grandeur d'une defïense entière. Combien* que par icelle,* je n'aye prétendu composer une deffense, mais seulement adoulcir ton cœur, pour donner audience à nostre cause. Lequel tien cœur, combien* qu'il soit à présent destourné et aliéné de nous, j'adjouste 15 mesme enflambé:* toutesfois j'espère que nous pourrons regaigner sa grâce, s'il te plaist une fois, hors d'indignation et courroux, lire ceste nostre confession, laquelle nous voulons estre pour deffense envers ta Majesté. Mais si au contraire, les detractions des malveuillans empeschent 20 tellement tes aureilles, que les accusez n'ayent aucun lieu de se deffendre. D'autrepart si ces impétueuses furies, sans que tu y mettes ordre, exercent tous jours cruauté par prison, fouëtz, géhennes,* coupeures, breusleures: nous certes comme brebis dévouées à la boucherie, serons jettez 25 en toute extrémité. Tellement neantmoins, qu'en nostre patience nous posséderons noz âmes, et attendrons la main forte du Seigneur: laquelle, sans doubte, se monstrera en saison, et apparoistra armée, tant pour délivrer les povres de leur affliction, que pour punir les contemp- 30 teurs.
Le Seigneur Roy des Roys vueille establir ton Throsne
en justice, et ton Siège en équité, Tresfort et Tresillustre Roy.
De Basle le vingt troysiesme D'aoust mil cinq cent trente cinq.