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Voir la nef de la cathédrale de Dol en Bretagne

2. Voir le chœur de Saint-Serge et l'hôpital d'Angers, le réfectoire du jirieiiré de Saint-Martin à Paris, et la chapelle basse de la Sainte-Chapelle.

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exemple dans celles de Xeuwiller, du Munster, de Notre-Dame de la Couture, etc. Mais il n'y a là aucune prétention à faire illusion. On n'a voulu que rappeler la disposition d'une église, et c'est une preuve de plus de l'art avec lequel les architectes du XIII" siècle perfectionnèrent toutes les inventions de leurs devanciers. On poussa si loin le goût, la passion pour l'apparence de la légèreté, qu'on s'étudia à dissimuler tous les moyens qui peuvent garantir la solidité. Je citerai un exemple remarquable de cette prétention à la légèreté. Les piliers du chœur de Saint- Julien, au Mans, représentent en plan deux ovales, se pénétrant à leur sommet et cyant leur grand axe commun. Deux colonnettes isolées très grêles cachent le point de jonction des deux ovales. De l'intérieur du chœur ou des bas-cùtés, l'œil n'aperçoit qu'une partie du pilier, lequel paraît une colonne ronde d'une légèreté surprenante, les colonnettes ne permettant pas de voir à la fois plus que le sommet de l'un des deux ovales. Perçant partout les murailles, on voulut forcer le spectateur à Tétonnement, et le raisonnement seul peut lui faire croire à la solidité des masses suspendues au-dessus de sa tête. Pourtant il fallut bien songer à cette solidité, et, pour soutenir en l'air des voûtes à une si prodigieuse hauteur, on dut augmenter successivement les contreforts ; il fallut étayer de tous côtés, par des arcsboutants', ces masses pyramidales qui menaçaient

1. Les architectes du xi^ siècle avaient déjà fait usage des arcs-boulanls, mais à l'intérieur des églises. Couvrant les bas-côtés d'une nef, et partie des transepts d'une demi-voûte.

ÉTUDES SUR LES B E A U X - A R T S . Mil

le ciel et aussi les habitants de la terre. On ne recula devant aucune conséquence du système, et l'on n'hésita pas à sacrifier l'extérieur des faces latérales à l'efTet que l'on espérait de l'intérieur : l'accroissement des contreforts, la multiplicité des arcs-boutants, n'en déplaise aux amateurs passionnés du style gothique, voilà de tristes nécessités, des palliatifs assez grossiers. Si, en entrant dans une église gothique, nous admirons la hardiesse des voûtes, l'élancement des colonnes, en un mot, sa fabrique tout aérienne, pour me servir de l'expression si juste de M. Dusommerard, on éprouve, en la contemplant de loin, le sentiment pénible qu'excite la vue d'une ruine chancelante et soutenue par des étais.

(Idem).

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