‹ Pages choisies de MériméeChapitre 20 sur 113 · Une correspondance inédite, Ed. in · texte numérisé non relu

Une correspondance inédite, Ed. in

INTRODUCTION. XWII

une correspondance tout intime comme celle avec mademoiselle J. Dacquin, les lettres ne font tort ni à l'esprit ni au cœur de Mérimée. Qu'il y ait toujours derrière et à de côté Tami, l'observateur et l'ironiste, qui arrête les confidences, coupe court à l'émotion par un trait, et aurait honle de se montrer tel qu'il est réellement, la chose est certaine, mais en lisant, quand il est nécessaire, entre les lignes, on voit suffisamment clair soit dans le cœur soit dans le caractère de Mérimée.

Certains aveux nous y aident. Et sincères à coup sûr. Nulle crainte de supercherie avec lui. Il pécherait plutôt par trop de franchise ou de sévérité à son égard. Il n'y a pas de raison de se défier de lui. Retenons donc quelques-unes de ses confidences, celles-ci par exemple : « Je vois les choses peut-être trop positivement, mais j'ai élé escarmentado pour avoir vu trop poétiquement... j'ai passé ma vie à être loué pour des qualités que je n'ai pas et calomnié pour des défauts qui ne sont pas les miens. » — « Il m'arrive rarement de sacrifier les autres à moi-même et quand cela m'arrive j'en ai tous les remords possible. » — (c La seule hypocrisie dont je sois capable, c'est de cacher aux gens que j'aime tout le mal qu'ils me font. » — « Il est bien malheureux de perdre ses amis, mais c'est une calamité qu'on ne peut éviter que par une autre qui est de n'aimer rien '. » — Autre part il dira : « Je serais désolé d'avoir causé une pensée triste à quel-

l.Cf. Lettres à une Inc. 2 déc. 1842; IC janvier 1843;janv. 1843; 27 nov. 1S54.

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