XXVI INTRODUCTION
La correspondance est là d'ailleurs pour nous montrer combien avait d'affection inquiète pour ceux qu'il aimait cet homme dont le grand plaisir souvent était de vouloir paraître indifférent à ceux (ou à celles) mêmes auprès de qui une telle réputation ne pouvait que lui faire tort '. Malheureusement une partie de la correspondance de Mérimée, et non la moins intéressante, est encore inédite. Ce que nous en avons toutefois nous permet de croire sur parole M. Filon, quand il dit : « Sans parler de nombreuses circonstances où sa souveraine le prit pour complice — j'ai bouche close là-dessus — sa correspondance m'a découvert beaucoup de bonnes actions dont il se cachait comme les hypocrites des mauvaises -. » En effet, que ce soit une correspondance amicale comme celles avec Lenormant et Panizzi, ou une correspondance respectueusement affectueuse comme celles avec madame de Montijo (lettres citées par M. Filon) ou avec madame Lenormant (Revue de Paris, 15 nov. 1895) ou avec cette amie, un peu trop dévote à notre goût, qui essaie de l'amener à la religion (Revue des Deux Mondes, mars-avril 1896^), ou une correspondance d'un ton galant comme celle avec l'autre Inconnue, ou enfin
1. Voici un exemple. Une femme se jette à l'eau, à dix pas de lui et de son canot en ■• l'éclaboussant indignement », « Bien qu'elle eût éteint mon cigare, dit-il (L. à unelnc, p. 12), l'indignation ne m^empêcha pas, non plus que mes amis, de la retirer aussitôt, avant qu'elle eût pu avaler deux verres... Nous avons mis la femme dans un cabacet et comme il se faisait tard et que l'heure du dîner approcliait, nous l'avons abandonnée aux soins de la cabaretière. » Est-ce bien sûr?