INTRODUCTION. XXXVII
fois, non sans complaisance, les meurtres et les morts (dans Carmen par exemple, dans Colomba, dans Tamango, etc.) et finissant la plupart de ses récits de façon assez lugubre (ainsi la Double méprise, le Vase étrusque, Colomba, Lokis, Arsène Guilbt, d'autres encore); parce que tout en conduisant son récit de droite et de gauche, il a un ou deux pays privilégiés où il revient avec une prédilection marquée; parce qu'enfin nous rencontrons assez souvent chez lui des personnages de même famille, entre autres d'aimables savants, raisonneurs et raisonnables, d'une bonhomie spirituelle et enjouée, d'une science quelque peu universelle, d'une discrète gourmandise, d'une exquise galanterie enfin, chez qui nous retrouvons un peu des goûts et humeurs particulières de l'auteur (voyez le savant de Carmen, le professeur de Lokis, le docteur d'Arsène Guillot, etc.). Non. Ce qui fait que ces récits, quels qu'ils soient, appartiennent bien à Mérimée et n'appartiennent qu'à lui, c'est tout d'abord qu'ils sont le produit d'une observation très précise, très pénétrante, et d'un art très délicat. Mérimée met en œuvre les données de ses investigations et veut avec le moins de mots possible, sans effets cherchés ni voulus, faire le maximum d'impression. C'est un classique dans le sens large du mot; toutefois un classique qui se pique de peindre non seulement le cœur humain, mais encore l'extérieur, et aussi l'un par l'autre. De là, chez lui, un choix continuel : choix entre les états d'âme, choix entre les faits. En cela consiste pour lui l'art suprême. Beyicqui eut sur lui tant d'influence (au