‹ Pages choisies de MériméeChapitre 32 sur 113 · XL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL INTRODUCTION

de sentiments ou d'idées : ainsi le cierge d'Arsène Guillot et le bouquet envoyé par Max. Et de même l'anneau de la Vénus dlUe, le vase étrusque dans la nouvelle de ce nom. Même les moindres ont leur prix. Rien n'est laissé au hasard. L'ivresse de Tamango, l'inattention du Hollandais (Partie de trictrac) « qui tourne d'abord la tête vers la bougie qui vient de couvrir son pantalon neuf et ensuite seulement regarde les dés », l'étourderie de l'Anglais (la Cliarubre bleue) qui étale ses bank-notes sur la banquette du wagon et qu'on voit causer avec un homme de mauvaise mine, le bouquet donné par Chaverny en présence de sa femme à la soi-disant duchesse de H** (la Double méprise), la malheureuse circonstance d'une voiture en mauvais état et destinée par avance à verser (idem), la bizarre apparition du comte dans un arbre et les paroles qu'il dit en dormant (Lokis, etc., toutes ces indications, mises à dessein, concourent à l'intérêt, à la logique, à la vérité du récit. Et combien de petits traits, sûrement précis, viennent éclairer les physionomies! Les exemples abondent dans Colomba ou Carmen, et apparaissent à tous. Tirons-en un ou deux de la Double méprise. Comment mieux peindre la nullité et la sottise de Chaverny qu'en nous le montrant qui prend, au moment de partir et après avoir vivement blessé sa femme, un morceau de sucre dans un sucrier et donne, la bouche pleine, l'ordre de préparer sa valise? Comment faire mieux ressortir linditïérence coupable de Darcy et son froid égoïsme, qu'en nous le présentant toujours correct, si correct qu'il n'oublie pas de mettre ses

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