X INTRODUCTION
de G. Planche, « le Mazeppa d'une armée dont Victor Hugo était le chef », et ce dernier écrivait de sa propre main cette flatteuse anagramme « Première prose », sur le fronton du livre de Prosper Mérimée. — C'est à peine cependant si on put vendre quelques exemplaires de la Giizla.
La tète ne tourna point à Mérimée par suite d'un si brillant succès. Le procédé lui parut même si simple et si facile qu'il en vint à douter (c'est du moins ce qu'il dit dans l'avertissement de 1840) du mérite de la couleur locale. Il n'en restait pas moins un romantique hardi, même révolutionnaire. On le vit bien, en 18:28, avec sa Jaqiierie, qu'il intitule « scènes féodales », sans oser donner, non sans raison, le nom de drame à ces trente-six scènes, un peu toufi"ues et confuses, d'ailleurs pittoresques et intéressantes, où il rompait en visière avec toutes les règles classiques et d'où nous tirons, comme il le voulait sans doute, une assez vague et pénible Impression. Et plus terrible encore était la donnée d'un drame qu'il publiait en même temps et qui est presque illisible aujourd'hui : la Famille de Carvajal.
Avec l'année 1829 viennent des œuvres plus importantes pour la gloire de Mérimée. Ce sont d'abord cette Chronique du règne de Charles IX, qu'il appelait une « sorte d'extrait » des Mémoires du xvr siècle et qui est bien une suite de tableaux vifs et imagés, où se joue l'imagination fantaisiste de l'auteur et où le récit, très net et très précis, a je ne sais quoi d'aimablement railleur ou de discrètement ironique. Ce sont surtout ces premières nou-