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2. Il semble que ce fut alors une formule consacrée. On la voit employée à l'avènement de Fédor Ivanovitch, et les premiers oukases de Démétrius, datés de Toula, la reproduisent déjà.
ÉTUDES SUR l'histoire DE RUSSIE. 21b 3. — MORT DE DÉMÉTRIUS.
Une conspiration est ourdie contre Démétrius. A sa tête est Basile Ciiouiski. Le palais est envahi et tout mis à feu et à sang.
Quant à Démétrius, voyant la première porte du palais forcée, et convaincu que toute résistance était inutile, il jeta son épée, traversa en courant la chambre de la tsarine, et gagna l'appartement le plus éloigné de l'endroit qu'assaillaient les rebelles. Il était, dit-on, blessé à la jambe d'un coup de sabre. Cependant, il ouvrit une fenêtre qui donnait sur l'emplacement où s'élevait autrefois le palais de Boris, qu'il avait fait démolir; la fenêtre était haute de plus de trente pieds, mais il n'y avait personne aux environs, et il sauta. Sa chute fut si malheureuse qu'il se cassa une jambe, et la douleur si vive qu'il s'évanouit. Un moment après il reprit connaissance et ses gémissements attirèrent auprès de lui, d'un corps de garde voisin, quelques strelitz qui le reconnurent. Touchés de compassion, ces soldats le relèvent, lui font boire de l'eau, et l'asseyent sur une pierre, reste des fondations du palais de Boris. Le tsar, un peu ranimé, put parler aux strelitz, qui jurèrent de le défendre. En effet, aux premiers cris des rebelles qui viennent réclamer leur proie, ils répondent à coups d'arquebuse et abattent quelques-uns des plus acharnés. Mais bientôt la foule grossit, attirée par le tumulte et les cris qui annoncent que le tsar est enfin découvert. On entoure les strelitz, on les menace, on les somme de livrer limposteur, ou bien on va dans le faubourg
massacrer leurs femmes et leurs enfants demeurés sans défense '. Alors, les strelitz effrayés mettent bas les armes et abandonnent le blessé. Avec d'horribles acclamations de triomphe, la multitude se jette sur lui et le traîne, en le chargeant de coups, jusque dans une chambre du palais déjà mise au pillage -. Démétrius, au pouvoir de ses bourreaux, passant devant ses gardes du corps prisonniers, étendit une main vers eux en signe d'adieu peutêtre, mais sans proférer une parole. Un de ses gentilshommes, nommé P'ùrstenberg, Livonien, transporté de fureur, essaie, quoique sans armes, de le défendre. Les rebelles percent ce brave homme à coups redoublés, tandis qu'il ne pense qu'à couvrir son maître ^. Si Démétrius ne fut pas massacré à l'instant, c'est que la haine ingénieuse des assassins voulait prolonger ses souffrances. On lui arrache ses habits, et on le couvre du cafetan d'un pâtissier. (( Voyez le tsar de toutes les Russies! s'écriaient les rebelles. lia revêtu les habits qui lui conviennent. » (( Chien de bâtard, dit un gentilhomme russe, disnous qui tu es et d'où tu nous es venu? » Démétrius rassemblant ce qui lui restait de forces pour élever la voix : « Chacun de vous, dit-il, sait que je suis votre tsar, fils légitime d'Ivan Vassilievitch. Interrogez ma mère; ou si vous voulez ma mort,