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L'AIGUILLEUR

Celui qui compte les années

Des frêles humains Ce n'est plus Minos ni la Parque, Ce n'est plus le fier potentat Le médecin ni le soldat :

Un autre dieu conduit la barque :

Aiguilleur, garde à toi !

Aiguilleur en place !

Voici le convoi {bis) (Garde à toi !) qui passe.

L'aiguilleur est l'intelligence

Du siècle nouveau ; Il commande à la force immense

Du fer et de l'eau.

Gardien sévère de la ligne, Il faut qu'il reste en son emploi.

Infaillible comme la loi.

Et grave comme une consigne.

Ne ris pas, garde à toi.

Aiguilleur, en place !

Voici le convoi {bis) (Ne ris pas ! ) qui passe.

Voyez-le quand le train accoste

Et quand il s'enfuit, Exact à l'heure et fixe au poste,

Le jour ou la nuit.

Pour lui, le sommeil est un crime Un seul retard, un seul oubh, Un seul... et tout est accompli :

Un train va sombrer dans l'abîme.

Ne dors pas, garde à toi, Aiguilleur, en place !

Voici le convoi {bis) (Ne dors pas !) qui passe.

Si parfois de ses camarades Le joyeux essaim

Va par d'abondantes rasades Fêter quelque saint.

Lui seul de ces poisons infâmes Sait le danger qu'il s'interdit.

Il ne boit pas, car il s'est dit Que l'aiguilleur a charge d'âmes.

Ne bois pas, garde à toi, Aiguilleur, en place !

Voici le convoi {bis) (Ne bois pas !) qui passe.

Voyageurs qui courez la France,

Aller et retour, Saluez cette Providence

A trois francs par jour.

Qui tient le fil de vos chimères.

De vos espoirs, de vos tourments, Les larmes de tous les parents Et le cœur de toutes les mères.

Aiguilleur, garde à toi, Aiguilleur en place !

Voici le convoi (bis) (Garde à toi !) qui passe.

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