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LE SUFFRAGE UNIVERSEL DES RÊTES

Un beau jour, fatigués de l'état monarchique Les animaux, signant un contrat solennel.

Décrétèrent la République,

Et le Suffrage universel.

Universel selon la formule française.

C'est-à-dire parfaite égalité des droits Pour l'animal immonde et pour le fils des rois Pour l'Ane et le Lion, pour l'Aigle et la Punaise,

On peut supposer que plus d'un.

Pour capter à son gré la vile multitude

Se fît courtisan et tribun :

Les deux mots ont toujours impliqué servitude.

Nombreux furent les candidats.

Beaucoup parlant beaucoup, et point ne parlant pas.

Quand on examina les titres.

On songea d'abord aux meilleurs ; Mais la majorité des cuistres, des bélitres,

Porta ses recherches ailleurs.

Le Tigre et le Lion, comme souches royales, Par conséquent rivales.

Furent mis d'abord à l'écart.

Ainsi de la Panthère, ainsi du Léopard.

Le SangUer est im sauvage Qui n'accepterait pas le mandat de servage, L'Éléphant est trop gros, le Coq est trop petit.

Le Loup a beaucoup d'appétit.

L'Ours est un paysan ; il manque de manières : C'est im indépendant qui vit dans les tanières. Le Renard est habile ; oui, mais Renard, dit-on,

A trop d'esprit et de finesse.

Le Paon, trop de fierté, le Singe, trop d'adresse. Le Chien est un ami de l'homme ; le Mouton

Pour le vêtir se laisse tondre :

C'est un niais, un clérical ;

Il ne lui manque que de pondre.

Quant au Cheval, On le tua d'un mot : « C'est un noble animal ! » Bref, les impératifs écartèrent d'avance Ceux qui représentaient la force, l'élégance,

L'affection ou la bonté,

Le talent ou l'indépendance.

L'habileté, l'utilité

L'esprit, la grâce, la finesse, La vertu, la beauté, la fierté, la noblesse.

Ils éliurent donc le Baudet,

Le Cochon, l'Oie et... Bilboquet ^

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