‹ Pages choisies de NadaudChapitre 138 sur 146 · Livre prêté, livre perdu · texte numérisé non relu

Livre prêté, livre perdu

Il ne sera jamais rendu.

Autant vaut alors qu'on le donne,

Mais celui-ci m'est dédié

Par la plus sincère amitié

Et je ne le livre à personne.

Signé : Marie Talabot

Pour copie conforme : G. Nadaud.

A Rosa Bonheur.

Bonheur ! vous êtes bien nommée Et votre immense renommée A mon livre a porté bonheur 2.

Mais j'apprécie et je demande Une faveur encor plus grande Votre amitié, Rosa Bonheur.

A Jacques Normand.

On reste condisciple à trente ans de distance ;

Nous sommes donc, Normand, camarades d'enfance,

Sortis des mêmes bancs, ouvriers du même art.

Jetons un pont (veux-tu ?) du jeune homme au vieillard.

A Madame Van den Staepele, de Louvain ^,

S'il faut que je dédie Un exemplaire à l'art ainsi qu'à l'amitié, A la plus grande artiste, à la meilleure amie,

Cet exemplaire est dédié.

1. « Madame Talabot femme alors, veuve aujourd'hui du Directeur général du P.L.M. iut des premières à s'inscrire pour l'édition des Chansons choisies illustrées. Elle retint 8 exemplaires sur Japon. «

2. Rosa Bonheur a -< illustré » d'un joli dessin pour l'édition des Chansons choisies deux d'entre elles, la Chevrette et l'histoire de mon chien. Cependant dans le domaine de l'art et de la littérature, les relations de poète à peintre étaient bien antérieures à i88i, date de cette édition.

3. « Cette femme est une des plus grandes artistes que j'ai connues. Femme du monde, bonne bourgeoise flamande, elle a été trop modeste épouse et trop tendre mère de famille pour arriver à la célébrité. Mais tous ceux qui ont l'honneur de la connaître la placent au premier rang des cantatrices. » (Commentaires inédits) .

A Madame 0..., de Bruxelles.

Voici le dernier exemplaire Sur papier dit impérial Du Japon, et je veux en faire Un livre unique et spécial.

Pour qui ? Pour un bibliophile

Friand de curiosités,

Qui préfère une dent fossile

Aux objets d'art les mieux sculptés ?

Mais non, ce spécimen unique Sera pour la femme de bien, L'aïeule toute sympathique Dont j'écris le nom près du mien ^.

A Madame 0.... G. Nadaud.

A Sa Majesté la Reine de Roumanie.

Voici mes chansons illustrées Par le crayon de mes amis.

Qu'elles aillent vers les contrées Où l'on aime encor mon pays.

Garnbard, consul d'Espagne à Nice, Veut qu'on les mette sous vos yeux ; Je me fais volontiers complice De son désir affectueux.

Envoi

Puisse cet exemplaire Par vous être accepté Et ne pas trop déplaire A Votre Majesté.

I. Sur cet exemplaire, l'auteur réunit quelques dédicaces ou épigraphes et y joignit quelques commentaires en prose.

PEGES IGNORÉES 257

A Mademoiselle Euplirosine Gradisshteano, demoiselle d'honneur de S. M. la Reine de Roumanie.

Notre ami, le consul m'engage

A vous dire sur cette page

Quelque chose de gracieux,

Mais vous êtes la grâce même

Et vous savez comme on vous aime ;

Que pourrais-je dire de mieux ?

Aux frères Lionnet.

Mes chers amis, que vous dire ?

Quel souhait puis-je former ?

Deux plumes pour vous écrire, Et deux cœurs pour vous aimer.

A Étincelle, du Figaro Vicomtesse de Peyronay, depuis Raronne Double.

Esprit, talent.

Cela s'appelle Étincelant.

Étincelant Vient d'étincelle.

Au Raron Imbert de Saint-Amand

Oh ! celui-là c'est un des nôtres.

(Nous nous flattons assurément) Esprit fin, poète charmant. Qui dit toujours les vies des autres.

Quel est-il, sinon Saint-Amand ?

A Edmond Rodier

Votre père et le mien furent liés jadis ;

Nous le sommes bien plus, et pour toujours, j'espère.

Et si j'ai le regret de ne pas être père,

Ces*: que mon fils serait l'ami de votre fils.

A Maître LaîroUe

Parmi les plus hardis corsaires, Lairolle est corsaire et demi, El je plains trop ses adversaires Pour ne pas être son ami.

Sur le livre de Georges Rodier

Vingt février, dix-huit cent vingt, Sachez qu'à Roubaix il advint Un enfant laid, chétif et blême Qu'on appela comme moi-même.

G. Nadaud.

A Dumas fils

Vous avez maintes lois acheté mon volume ; Vous l'avez, dites-vous, donné ; mais celui-ci Qui vous est dédié par le cœur et la plume Vous le conserverez et je vous dis merci.

A X..., fabuliste et publîciste.

Que de vers et que de pensées Toujours morales et sensées.

Méchantes parfois, il le faut.

Mais vous avez un grand défaut :

On met trop de temps à vous lire, Il n'en reste plus pour écrire Tout le bien qu'on pense de vous.

Je vous accuse et vous absous.

A Francisque Sarcey.

Sarcey, je lis le dix-neuvième

Siècle à Roubaix (Nord) en passant.

Je vous envoie à l'instant même

Le souvenir reconnaissant

D'un voyageur toujours absent

Et d'un chansonnier qui vous aime.

Au Comte Henri de Fleurieu ^,

Oui, vous aurez votre exemplaire,

Et vous l'aurez sur parchemin.

Un petit cadeau de ma main

Ne saurait jamais vous déplaire.

Au plus généreux des amis.

Quand on peut offrir quelque chose.

Loin de diminuer la dose,

On donne plus qu'on n'a promis.

^ Au même,

en lui offrant Une Idylle peu de temps après la mort de la Comtesse de Fleurieu,

Ainsi donc il faudrait, si l'on en croit le Dante, Dans l'infortune, oublier ses beaux jours. Oublier sa jeunesse, oublier ses amours ?

Non, je n'accepte pas sa loi désespérante; Quand viennent les jours nébuleux.

Le souvenir du temps heureux

Est un allégement à la douleur présente.

A Saint-Germain

Au plus intelligent de notre art dramatique. Au plus habile, au plus humain.

Au plus fin, au plus vrai comique.

C'est toi que j'ai nommé, mon ami Saint Geimain ^.

A la villa Noël, à Nice.

Oui, j'ai de vrais amis qui m'aiment et que j'aime Dans notre plein azur, il n'est pas un point noir. Et j'ai le doux orgueil de me dire à moi-même : Chacun a les amis qu'il mérite d'avoir.

I I. On lit cette note dans les Commentaires inédits : a Mon ami le Comte de Fleurieu et îaint-Germain sont les deux hommes du monde qui connaissent le mieux mes chansons. fe n'arrive que bon troisième. »

2. Gilles de Saint-Germain (1833- 1899) « le plus fin des diseurs et des comédiens, écrit badaud dans ses Commentaires, qui a débuté au Théâtre Français et qui devrait bien y îetoumer après avoir traversé le Vaudeville et le Gymnase. » Ailleurs, le chansonnier le

Dédicace à plus d'un.

Lorsque j'aurai cessé de vivre, Vous qui dites m'avoir aimé.

Peut-être ouvrirez-vous ce livre Qui dans vos mains reste fermé.

Ah ! laissez-moi cette espérance, Car enfin, il n'est pas permis De se voir oublié d'avance Par ses plus intimes amis.

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