DOUCE MAISON
Au printemps, la Nature Te fait une ceinture
De fleurettes et de gazon.
Ta fenêtre fermée S'ouvre à la brise aimée,
Maison, maison, douce maison !
En été, la lumière Intense et matinière
A regret quitte l'horizon.
L'arbre au feuillage sombre T'abrite sous son ombre,
Maison, maison, douce maison !
1 . Cette chanson, qui a été donnée si souvent, a été récitée par M»« Reichemberg, de la Comédie française. — Les Commentaires fournissent cette petite remarque : « Le jeune baron de Mervo (78 ans) a toujours cru que cette chanson avait été faite pour lui. »
En automne s'achève Le travail de la sève ;
Les fruits mûrissent à foison.
Leur suc qui se condense T'amène l'abondance,
Maison, maison, douce maison !
En hiver la famille Se rassemble et babille
Près de la lampe et du tison.
A ce foyer sincère L'amitié se resserre,
Maison, maison, douce maison !
LASCENSION
Le jeudi de l'Ascension
Voilà des vingt et vingt années,
On allait en procession
Sur un versant des Pyrénées,
Les pèlerins voulaient fêter La croix située à mi-côte ; Mais plus ils paraissaient monter, Plus la croix leur paraissait haute.
Quand la troupe en simple appareil, Marchant nu-pieds et tête nue, Sur les rochers, sous le soleil, Au haut du pic fut parvenue,
La croix était montée au ciel, Et l'on ouït la voix sonore, La voix de l'ange Gabriel Qui s'écriait : c Montez encore ! »
On prétend qu'en ce moment-là Les bras se changèrent en ailes.
Et que la troupe s'envola Vers les demeures éternelles.
Telle était la tradition
Qu'on m'a contée aux Pyrénées,
Un jeudi de l'Ascension,
Voilà des vingt et vingt années.