GRAND-PÈRE VOUS N'ÊTES PAS VIEUX
Vous parlez toujours de votre âge.
Comme si vous aviez cent ans.
Grand-père vous n'êtes pas sage ; Nous protestons et je prétends, A voir votre malin sourire.
Votre bouche et surtout vos yeux, Que tout le monde peut y lire :
Grand-père, vous n'êtes pas vieux.
Vous avez beau hocher la tête, Nous avons souvent remarqué, Surtout quand votre barbe est faite, Que vous n'avez pas abdiqué.
Vous comprenez ce badinage Qu'ont appelé nos bons aïeux :
« Les égarements du bel âge ».
Grand-père, vous n'êtes pas vieux.
Car enfin, raisonnons ensemble :
A quoi connaît-on un vieillard ?
Son esprit baisse, sa main tremble ; Il est de trente ans en retard ; Sans cesse il gourmande, il sermonne ; Il est triste et sentencieux ; Il n'est écouté de personne :
Grand-père, vous n'êtes pas vieux.
D'ailleurs votre acte de baptême Est depuis longtemps périmé.
On reste jeune quand on aime ; Puis on rajeunit d'être aimé.
Grand-père, vous aimez encore ; Nous le savons à qui mieux mieux.
Et vous savez qu'on vous adore...
Grand-père, vous n'êtes pas vieux. '