‹ Pages choisies de NadaudChapitre 28 sur 146 · UN ÉTÉ · texte numérisé non relu

UN ÉTÉ

Depuis bien longtemps,

J'attends Que le baromètre,

Mon maître, Ait du bon côté

Monté, Afin que je puisse.

En Suisse,

Faire quelque jour,

Un tour.

Hélas ! quelle amère

Chimère !

Encore un été

Raté !

Mai, trempé de pluie.

S'essuie.

Juin s'en est allé

Gelé ; Juillet sent la dure

Froidure ; On s'enrhume, en août.

Partout, Pour prendre, en septembre,

La chambre.

On attend trois fois

Par mois Que change la lune ;

Mais l'une Pleure aux deux premiers

Quartiers, Pleure à son troisième

De même.

Et cède, en pleurant.

Son rang A l'autre meilleure

Qui pleure !

Et pourtant les blés

Coulés, Quand les froids sévissent.

Mûrissent Sans savoir, ni moi,

Pourquoi ; Mais par un usage

Fort sage Le raisin aussi.

Grossi, Nous fera d'étranges

Vendanges.

Remontant le cours

Des jours.

Je me remémore

Encore De gais et chantants

Printemps,

De douces et bonnes Automnes.

Est-ce effet des ans Pesants ?

Est-ce ton mirage, Jeune âge ?

Soleil à moitié

Noyé, Toi qui sous des taches

Te caches, Lune au pâlissant

Croissant, Qu'une bonté grande

Vous rende Votre éclat ancien,

Ou bien Que notre jeunesse

Renaisse !

Un jour, nos enfants

Savants Trouveront sans doute,

En route Un ou deux flambeaux

Nouveaux.

Qu'ils plaignent leurs piètres

Ancêtres Morts en cet endroit

De froid, Races endormies.

Momies !

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