‹ Pages choisies de NadaudChapitre 35 sur 146 · LA CHAJVSON DE GROS-PIERRE · texte numérisé non relu

LA CHAJVSON DE GROS-PIERRE

Gros-Pierre chante toujours Quand il est à son ouvrage ; Or, jugez de son courage :

Il chante le long des jours ; Il se conte son histoire, Même il se fait la leçon :

Il s'est interdit de boire ; Sa morale est sa chanson.

Allons, travaille, Gros-Pierre ; Tes petits enfants Quand ils seront grands,

Travailleront pour leur père.

Allons, travaille, Gros-Pierre.

Je te dis en vérité,

Se chante-t-il à lui-même.

Qu'au printemps il faut qu'on sème,

Pour récolter en été.

Tu sais qu'après la semaine.

Le dimanche reviendra ;

Tu sais qu'au bout de la peine

Le pain blanc se trouvera.

Quand il partit, d'ici-bas, Ton père fit son partage :

Tu reçus en héritage Un bon cœur et deux bons bras.

On a vu les jours se suivre.

Parfois bons, souvent mauvais ; Tu ne gagnais pas pour vivre, Et cependant tu vivais.

Ta femme vaut un trésor ; Elle est économe et sage ; Elle soigne son ménage Comme un avare son or.

Elle a eu, coûte que coûte Quatre enfants jusqu'aujourd'hui ; Qu'un cinquième s'y ajoute, Elle aura du lait pour lui.

Que t'importe l'avenir ?

Ce n'est pas là ton affaire ; Dieu qui fait tourner la terre Sait comment tout doit finir.

Qui n'a rien, n'a rien à craindre ; Laisse aux autres le souci ; Gros-Pierre, au lieu de te plaindre.

Tu dois dire au ciel : merci !

Allons, travaille, Gros-Pierre ; Tes petits enfants Quand ils seront grands.

Travailleront pour leur père.

Allons, travaille, Gros-Pierre.

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