LE CAVALIER
Alerte, cavalier, alerte !
La trompette, avant le soleil,
A sonné le réveil.
Alerte !
La campagne est calme et déserte ; Le brouillard blanchit le sentier ; L'oiseau dort, le lièvre est au gîte ; L'homme seul se lève et s'agite.
Alerte, cavalier !
En selle, cavalier, en selle !
Ton cheval a flairé là-bas
La poudre des combats.
En selle ! Comme à la jeune demoiselle Il lui faut bijoux et collier.
Il obéit à la syllabe.
Il sait le français et l'arabe.
En selle, cavalier !
En plaine, cavalier, en plaine !
Les talus et les chemins creux
Sont bons pour les peureux.
En plaine !
Tu bois l'air à poitrine pleine ; Franche course et franc étrier !
Guerriers qui craignez les entailles.
Restez cachés sous vos murailles.
En plaine, cavalier !
Fourrage, cavalier, fourrage !
Il te faut nourrii- bien ou mal
Le maître et l'animal.
Fourrage !
Tous les habitants du village Vont pourvoir à ton râtelier.
Tu sais comment te faire entendre :
Ils donnent ou bien laissent prendre.
Fourrage, cavalier !
Galope, cavalier, galope !
Tes aïeux, à cheval aussi.
Ont passé par ici.
Galope !
Ils ont fait le tour de l'Europe.
Pour connaître le monde entier, Il fallait inventer l'Afrique, La Cochinchine et le Mexique.
Galope, cavalier !
Au sabre, cavalier, au sabre !
L'ennemi qui te croyait loin,
Est tapi dans son coin.
Au sabre !
Ton cheval résiste et se cabre ; Dans ses flancs enfonce l'acier.
Il bondit pieds par dessus tête.
Adieu, carré, besogne est faite !
Au sabre, cavalier !
Victoire, cavalier, victoire !
Tu ramènes au camp lointain
Prisonnier et butin.
Victoire !
Le soleil se couche en sa gloire.
Sois humain pour ton prisonnier ; Songe au ciel, écris à ta mère :
Un mot là-haut, un mot sur terre.
Victoire, cavalier !