‹ Pages choisies de NadaudChapitre 72 sur 146 · LE FANTASSIN · texte numérisé non relu

LE FANTASSIN

Le fantassin est le soldat

Qui porte une arme sxn l'épaule.

Autant par goût que par état ;

C'est le fils de la Gaule.

Sur ses jarrets il va d'aplomb, Le corps dispos et l'âme nette ; Il a de la poudre et du plomb.

Il a sa baïonnette.

Le cavalier Cherche à briller ; Le fantassin, petit de taille, Est celui qui gagne bataille.

Le fantassin a bien appris Dans quelque vieux livre d'histoire Que c'est à pied, en tout pays.

Que marche la victoire,

Faut-il grimper de bas en haut Sous les grêlons de la mitraille, Passer ravin, donner assaut,

Franchir fosse ou muraille ?

Le cavalier Reste au quartier ; Le fantassin au pied agile Est celui qui force une ville.

Le fantassin n'a pas besoin D'un serviteur qui le gouverne :

Ce n'est pas l'avoine et le foin

Qu'on mange à la caserne.

Son fourniment est un peu lourd ; Mais dans son sac, il porte l'arche, Ce n'est pas un torrent qui court.

C'est un rocher qui marche.

Le cavalier Fait son métier; Le fantassin, soldat modèle, Est celui qui prend citadelle.

Le fantassin, avec raison.

N'a pas l'uniforme qui brille ; Il n'est pas de grande maison ;

Le peuple est sa famille.

Son régiment sera toujours L'unique blason de sa race.

Sonnez, clairons ; battez tambours

C'est le drapeau qui passe !

Le cavalier Perd rétrier.

Le fantassin détruit ou fonde; C'est celui qui mène le monde ^.

I. «Chanson faite en voyage en novembre 1861, du château du Fétu à Lyon et àCouzoa Je trouve dans mes papiers deux variantes au troisième couplet :

l'e Leçon.

Le fantassin ne voudrait pas Être l'esclave d'une bête.

Il lui suffit de ses deux bras Pour garantir sa tête.

a^e Leçon.

Le fantassin n'a pas besoin

D'un serviteur qui le gouverne.

Ce n'est pas l'avoine et le foin

Qu'on mange à la caserne.

3me Leçon.

Le fantassin n'a pas besoin De se comparer aux gazelles ; Ce n'est pas l'avoine et le foin Qui lui donnent des ailes.

Quand je publiai cette chanson, tout le monde me disait que j'allais me faire une affaire avec les officiers de cavalerie. Il n'en fut rien.

D'ailleurs, je fis plus tard le Cavalier. » [Commentaires inédits). ,-

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