‹ Pages choisies de NadaudChapitre 76 sur 146 · A MON PAYS · texte numérisé non relu

A MON PAYS

« Il ne se fait donc rien en France ?

Disent les étrangers.

« On ne met plus une espérance

» Sur ces esprits légers. " Nous avons mérité rinjiu"e Que nous subuons désormais.

Je le sens bien à ma blessure...

O mon pays, que je t'aimais !

Tu fus la force et le génie ;

Tu portais le flambeau Ta voix donnait dans l'harmonie

Son timbre clair et beau.

L'esprit se mevirt et l'art s'écroule : Des farces... tel est le seul mets Que l'on ose offrir à la foule '^.

O mon pays, que je t'aimais !

1. Il est intéressant de relever que cette chanson fut publiée peu de temps avant la dure épreuve de la guerre, en 1868.

2. Dans ses Commentaires inédits, Nadaud à propos d'une autre chanson, le Construc-

Voyez tous ces beaux fils de France,

Tous ces dégénérés !

Témoins de notre décadence,

Riez !... mais non, pleurez !

Viennent les heures meurtrières, A quels avortons tu commets La sauvegarde des frontières !...

O mon paj's que je t'aimais !

Qu'un jour la Province envahisse

Les faubourgs de Paris !

Il faut refaire l'édifice

Dont les ais sont pourris.

Que le paysan des montagnes, Tombant de ses âpres sommets.

Mette à sac nos plates campagnes !..

O mon pa5's, que je t'aimais !

Souverain qui gardes ta place Par le droit du vainqueur,

Opprime cette populace

Qui n'a plus rien au cœur.

Où donc est la formule écrite

Des libertés que tu promets ?

On les a quand on les mérite...

O mon pays, que je t'aimais !

Quelle voix peut se faire entendre ?

Quelle oreille écouter ?

Que sert la plainte de Cassandre

Qui ne sait pas flatter ?

O France, France qui me charmes.

Je ne te quitterai jamais.

Je te réprouve avec des larmes !...

O mon pays que je t'aimais I

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