LA BRANCHE MÈRE
Cet arbre frappé du tonnerre, Avait encore, l'an dernier.
Une branche, la branche mère, Qui couronnait son front altier Elle était la moitié du chêne ; Les rameaux éclos alentour L'appelaient mère, ou bien marraine, Fils ou filleuls de son amour.
Une nuit d'automne, la foudre A touché le vieux chêne au cœur. La branche s'est réduite en poudre.
Elle est morte en pleine vigueur.
Longtemps a saigné la blessure Dont l'hiver a séché les pleurs.
Une large et noire fissure Marque la place des douleurs.
Pour réparer cette lacune, La nature a fait maints efforts :
Dix branches poussent au lieu d'une Les vivants remplacent les morts.
Nature, vous aurez beau faire.
Bourgeons, vous aurez beau pousser :
Il manque ici la branche mère.
Que rien ne saurait remplacer.
I . Les Commentaires inédits donnent cette simple note : « Cette chanson a été très peu chantée, mais elle a été dite avec succès par Mii« Samary, du Théâtre français. »
« J'ai un ami à Roubaix, ajoute Nadaud, Vincent Clarisse qui chante plusieurs de mes chansons avec un grand art. Il a beaucoup chanté la Chevrette. »