‹ Pages choisies de NadaudChapitre 9 sur 146 · LA BRANCHE MÈRE · texte numérisé non relu

LA BRANCHE MÈRE

Cet arbre frappé du tonnerre, Avait encore, l'an dernier.

Une branche, la branche mère, Qui couronnait son front altier Elle était la moitié du chêne ; Les rameaux éclos alentour L'appelaient mère, ou bien marraine, Fils ou filleuls de son amour.

Une nuit d'automne, la foudre A touché le vieux chêne au cœur. La branche s'est réduite en poudre.

Elle est morte en pleine vigueur.

Longtemps a saigné la blessure Dont l'hiver a séché les pleurs.

Une large et noire fissure Marque la place des douleurs.

Pour réparer cette lacune, La nature a fait maints efforts :

Dix branches poussent au lieu d'une Les vivants remplacent les morts.

Nature, vous aurez beau faire.

Bourgeons, vous aurez beau pousser :

Il manque ici la branche mère.

Que rien ne saurait remplacer.

I . Les Commentaires inédits donnent cette simple note : « Cette chanson a été très peu chantée, mais elle a été dite avec succès par Mii« Samary, du Théâtre français. »

« J'ai un ami à Roubaix, ajoute Nadaud, Vincent Clarisse qui chante plusieurs de mes chansons avec un grand art. Il a beaucoup chanté la Chevrette. »

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