‹ Pages choisies de NadaudChapitre 10 sur 146 · L'OISEAU EN CAGE · texte numérisé non relu

L'OISEAU EN CAGE

J'écoutais de ma fenêtre Un oiseau qui fredonnait ; C'était un merle peut-être, Ou peut-être un sansonnet.

Il m'éveillait dès l'aurore, Je l'entendais jusqu'au soir, La nuit, il chantait encore, Et je ne pouvais le voir.

Lors, je dis au chanteur sombre :

« Tous les jardins sont fleuris.

Tous les bosquets sont pleins d'ombre, Pourquoi rester à Paris ?

Ici, la feuille est flétrie Au premier souffle d'été ; Va goûter dans ta patrie L'air pur de la liberté. »

J'en aurais dit davantage ; Un soupçon vint m'arrêter :

Sans doute il était en cage...

Mais alors, pourquoi chanter ?

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