‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 2 sur 82 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Alfred de Musset naquit à Paris le 11 décembre 1810. « il eut dès Tenfance une sensibilité excessive, une confiance qui allait jusqu'à la crédulité, et le besoin de conter sa joie ou sa peine avec des mouvements oratoires et des expressions pittoresques. Il était né romantique, comme toute sa génération. Il fit des études remarquables au collège Henri IV. On le cite parmi les grands hommes du siècle qui ont été en même temps des forts, en thème. En 1827 il obtint le second prix de dissertation latine en philosophie au concours général. Il aurait eu le premier, si Monseigneur Frayssinous, évoque d*Hermopolis et grand mattre de TUniversité, n*eûi trouvé que les sentiments religieux tenaient trop peu de place dans Tœuvre du jeune lauréat. Les études d'Alfred de

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l^'$$eîir*]9^'pfepaiBJtii pasioul son temps. Il en léser* ▼ait une part à Tamitié (il eut des amis illustrèi et fidèles) et une autre à la lecture des drames étratk* gers et des auteurs contemporains. Â Tftge de dixhuit ans (1828), il fut introduit dans le Cénacle^ présenté à Victor Hugo et incorporé dans le bataillon romantique. En même temps il entrait comme expéditionnaire dans une maison de banque. Il avait peu de goût pour les chiffres et beaucoup pour la poésie. Son père le reconnut vite et le laissa y^ tout entier à sa vocation. Son premier ouvrage un peu long fut Don Paez. Il le lut publiquement chez Antony Deschamps. « Depuis sa sortie du collège l'écolier s'était transformé en dandy; il arriva vêtu à la dernière mode, portant manchettes retroussées et chapeau à la Dorsay. Don Paez produisit un effet immense. Au moment où le poète récita ce vers :

Un dragon jaune et bleu qui dormait dans du foin,

il fut interrompu par les cris' d'enthousiasme ^ »

Alfred de Musset avait du bon sens; Tenthousiasme

du Cénacle ne le grisa pas. Au moment même où on

/l'y acclamait, il murmurait contre les fantaisies

f qu'on y érigeait en doctrine. Les Secrètes pensées de

•" Rafaël sont de 1830. Peu auparavant il avait publié

I les Contes ^Espagne et d* Italie. Tout le romantisme

I alors à la mode, passions débridées, airs cavaliers

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