‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 3 sur 82 · INTRODUCTION . VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION . VII

et goaailleurs, dandysme, fcuhion, orgies de toute nature et particulièrement de style, se trouvait dans ce volume. Alfred de Musset se rendit compte qu*il avait tiré de cette mine tout ce qu'il avait à en extraire, et il se mit à faire autre chose. Le Cénacle Taccusa de trahison : en réalité il n'était coupable que d'indépendance et de sincérité. Il aimait Racine, et il osa le dire, et il ne se gênait pas non plus pour railler dans Mardoche^ dans Ifamouna, dans les lettres de Dupuis et Catonet, les désespérés à la Byron, les pleureurs et les bavards de toute espèce. J'ai dit qu'il était né romantique; il le resta, si l'on restreint le sens de ce mot à celui de poésie personnelle très sincère et très large à la fois; il cessa de l'être au sens qu'on lui donnait alors souvent de poésie destinée à étonner le bourgeois. Alfred de Musset étonna le bourgeois dans son premier volume ; dans ceu^ qui suivirent il ne se préoccupa ni de l'étonner ni dé le conquérir : il l'ignora. Cependant il avait vingt ans x>u un ,peu plus : c'est le moment où il produit ses chefs-d'œuvre en vers et en prose. Cela va de 1830 à 1840. Il ne faut pas oublier qu'Alfred de Musset a été grand poète au moment où les plus grands se préparent à le devenir. Il est vrai que, passé trente ans, il était au bout de ses forces, et qu'après la quarantaine il n'a pour ainsi dire plus rien écrit. Il entra à l'Académie française en 1852 et mourut en 1857 d'une maladie de cœur dont il souffrait depuis longtemps.

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