‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 32 sur 82 · LA NUIT D*AOUT · texte numérisé non relu

LA NUIT D*AOUT

Rien de vrai là-dessous que le squelette humain. Hélas^ mon bien-aimé, vous n*étes plus poète. Rien ne réveille plus votre lyre muette; Vous vous noyez le cœur dans un rôve inconstant; Et vous ne savez pas que Tamour de la femme Change et dissipe en pleurs les trésors de votre âme Et que Dieu compte plus les larmes que le sang.

LB POSTB.

Quand j'ai traversé la vallée, Un oiseau chantait sur son nid.

Ses petits, sa chère couvée, Venaient de mourir dans la nuit. * Cependant il chantait l'aurore; O ma Musel ne pleurez pas :

A qui perd tout, Dieu reste encore, Dieu là-haut, l'espoir ici-bas.

LA MUSE

Et que trouveras-tu, le jour où la misère

Te ramènera seul au paternel foyer?

Quand tes tremblantes mains essuieront la poussière

De ce pauvre réduit que tu crois oublier.

De quel front viendras-tu, dans ta propre demeure,

Chercher un peu de calme et d'hospitalité?

Une voix sera là pour crier à toute heure :

Qu'as-tu fait de ta vie et de ta liberté?

Crois-tu donc qu'on oublie autant qu'on le souhaite?

Crois-tu qu'en te cherchant tu te retrouveras?

De ton cœur ou de toi lequel est le poète?

C'est Ion cœur, et ton cœur ne te répondra pas.

PAGES GB0I81ES D'ALFHBD DE ItUSSST.

•TAMCBS

Saas doute il est trop tard pour parler encor d'elle; Depuis qu'elle n'est plus quinze jours sont passés, Et dans ce pays-ci quinze jours, je le sais, Font d'une mort récente une vieille nouvelle. De quelque nom d'ailleurs que le regret s'appelle, L'homme, par tout pays, en a bien vite assez.

Maria-Félicia 1 le peintre et le poète Laissent, en expirant, d'immortels héritiers; Jamais l'affreuse nuit ne les prend tout entiers. A défaut d'action, leur grande ftme inquiète De la mort et du temps entreprend la conquête. Et, frappés dans la lutte, ils tombent en guerriers.^

Celui-là sur l'airain a gravé sa pensée; Dans un rythme doré l'autre l'a cadencée:

Du moment qu'on l'écoute, on lui devient ami. Sur sa toile, en mourant, Raphaél l'a laissée;

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Et, pour que le néant ne touche point à lui.

C'est assez d*un enfant sur sa mère endormi.

Comme dans une lampe une flamme fidèle,

Au fond du Parthénon le marbre inhabité

Garde de Phidias la mémoire étemelle,

Et la jeune Vénus, fille de Praxitèle,

Sourit encor, debout dans sa divinité.

Aux siècles impuissants qu*a vaincus sa beauté.

Recevant d'Age en ftge une nouvelle vie.

Ainsi s'en vont à Dieu les gloires d'autrefois; Ainsi le vaste échoie la voix du génie Devient du genre humain l'universelle voix... Et de toi, morte hier, de toi, pauvre Marie, Au fond d'une chapelle il nous reste une croix I

Une croix! et l'oubli, la nuit et le silence!

Écoutez 1 c'est le vent, c'est l'Océan immense;

(Test un pécheur gui chante au bord du grand chemin.

Et de tant de beauté, de gloire et d'espérance.

De tant d'accords si doux d'un instrument divin,

Pas un faible soupir, pas un écho lointain I

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