‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 4 sur 82 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

^ La coupe et les lèvres^ On ne badine pas avec tamowr n*ont d*autre signification que celle-là : que Tamour est chose sacrée et où n'atteignent ni les cœurs

^ blasés ni les âmes orgueilleuses. Rien n*est plus vrai

• ni plus élevé. A une condition cependant, c'est que Testime que nous faisons de Famour ne .nous fasse point croire qu'il y faut sacrifier notre humanité.

. I « Qui veut faire JTange fait la bôt^» Musset en est ' parfois arrivé à faire de Don Juan le héros de Tamour

; {Namqund), Or Don Juan est inhumain. La vérité est que Tamour n'est pas tout, et qu'à lui tout sacrifier, et soi-même, et autrui, si haut qu'on le place, et si pur qu'on veuille, on en arrive vite à n'y trouver que tristesse et solitude. Musset Ta d'ailleurs reconnu (Nuit de Décembre^ Tristesse).

Une autre idée, voisine de celle que nous venons de signaler, est celle dont Musset a fait le sujet de Lorenzaccio, Les grandes tâches veulent des cœurs purs. Pour arriver à son but, Lorenzaccio s'est fait le complice de celui qu'il a résolu de sacrifier; il s'est avili, et quand il a tué le tyran de Florence, il s'aperçoit qu'il est lui-môme corrompu jusqu'au fond de l'âme.

Musset ne s'est pas toujours proposé d'exprimer des idées ou des sentiments aussi élevés. Il n'a pas toujours écrit des drames aussi forts que Lorenzaccio ou que On ne badine pas avec l'amour^ ni des poèmes comme les Nuits ou le Souvenir. Dans une bonne partie de son œuvre, la moins forte, mais non certes

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