‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 53 sur 82 · REVENANT D'ITALIE · texte numérisé non relu

REVENANT D'ITALIE

Ainsi, mon cher, tu t*en reviens Du pays dont je me souviens

Comme d'un rêve, De ces beaux lieux où Toranger Naquit pour nous dédommager

Du péché d'Eve.

Tu Tas vu, ce ciel enchanté Qui montre avec tant de clarté

Le grand mystère :

Si pur, qu'un soupir monte à Dieu Plus librement qu'en aucun lieu - Qui soit sur terre.

Tu les as vus, les vieux manoirs De cette ville aux palais noirs

Qui fut Florence, Plus ennuyeuse que Milan Où, du moins, quatre ou cinq fois l'an,

Cerrito danse.

Tu Tas vue, assise dans Peau, Portant gatment son mezzaro, La belle Gènes,

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A MON FRàRB ¥!

Le visage peint, l'œil brillant.

Qui babille et joue en riant

Avec ses chaînes. -

Tu Tas vu, cet antique port,

Où, dans son grand langage mort,

Le flot murmure, Où Stendhal S cet esprit charmant, Remplissait si dévotement

Sa sinécure.

Tu Tas vu, ce fantôme altier *

Qui jadis eut le monde entier

Sous son empire.

* César dans sa pourpre est tombé;

Dans un petit manteau d'abbé

Sa veuve expire.

Il est bizarre, assurément, Que Minturnes soit justement

Près de Capoue.

Là tombèrent deux demi-dieux, Tout barbouillés, Fun de vin vieux.

L'autre de boue.

Les brigands t'ont-tls arrêté Sur le chemin tant redouté

DeTerracineT Les as-tu vus dans les roseaux Où le buffle aux larges naseaux

Dort et rumine?

Hélas ! hélas ! tu n'as rien vu.

(comme on dit) temps dépourvu De poésie !

I. Marie-Henri Beyle, qui illustra comme romancier et comoie critique le pseudonyme de Stendhal, fut longtemps consul à Givitta-Vecchis (États romains).

S. Rome.

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98 PAGES CHOISIES d'aLFRED DE MUSSET

Ces grands chemios, sûrs nuit et jour»

Sont ennuyeux comme un amour Sans jalousie.

Si tu Tes un peu détourné.

Tu Tes à coup sûr promené

Près de Ravenne, Dans ce triste et charmant séjour Où Byron noya dans Famour

Toute sa haine.

C'est un pauvre petit cocher Qui m*a mené sans accrocher

Jusqu'à Ferrare.

Je désire qu'il t'ait conduit.

Il n'eut pas peur, bien qu'il fft nuit :

Le cas est rare.

Padoue est un fort bel endroit,

Où de très- grands docteurs en droit

Ont fait merveille; Mais j'aime mieux la polenta Qu'on mange aux bords de la Brenta

Sous une treille.

Sans doute tu l'as vue aussi, Vivante encore, Dieu merci !

Malgré nos armes, La pauvre vieille du Lido, Nageant dans une goutte d'eau

Pleine de larmes.

Toits superbes ) froids monuments !

Linceul d'or sur des ossements f

Ci gît Venise.

Là mon pauvre cœur est resté.

S'il doit m'en être rapporté,

Dieu le conduise!

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