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CE QUE LEIBNIZ REGRETTAIT EN LOGIQUE

Un cori'espondant de Leibniz, Wagner, lui ayant adressé une l.-ttre sur l'inutilité de la Logique. Leibniz lui répondit : c J'appelle Logique l'art d'employer sa

raison, non seulement à juger ce qui est donné, mais encore à trouver ce qui est caché. Donc, si un tel art est possible, c'est-à-dire si on peut réellement appliquer la raison à ces deux choses, il est clair qu'on ne saurait trop estimer, trop poursuivre un tel art, et qu'il le faut considérer comme la clef de la science. »

Mais Leibniz, aussitôt après, ajoute ces mots qu'il faut peser : « J'avoue bien que toutes les logiques qui existent jusqu'à ce jour sont à peine l'ombre de celle que je désire et que j'entrevois, et néanmoins, pour dire la vérité, et être juste envers chacun, j'affirme encore que, même dans nos logiques actuelles, je trouve beaucoup d'utilité. La reconnaissance m'oblige à cet aveu. L'étude de la Logique, telle qu'elle est enseignée aujourd'hui dans les écoles, a été pour moi d'un grand fruit. »

Ceci est la vérité sur la Logique. La Logique, telle qu'elle est généralement enseignée, est utile, nécessaire; mais elle est à peine l'ombre, aujourd'hui surtout, de ce qu'elle peut et doit devenir.

Plus loin, Leibniz, insistant sur ce point, ajoute : a Qu'il soit possible de porter incomparablement plus loin cet art d'employer la raison, je le tiens pour certain; je crois le voir; j'en ai comme l'avant-goût, mais, sans les mathématiques, il m'eût été très difficile d'y arriver. J'ai trouvé quelques principes sur ce sujet, et, vers ma vingtième année, j'en ai fait imprimer quelque chose ; maintenant je vois combien le chemin est obstrué, et combien il eût été difficile de s'y frayer un chemin sans le secours de la partie intime des mathématiques. Mais ce que j'en pourrais dire aujourd'hui est de telle conséquence, que je n'ose espérer qu'on me croie si je n'apporte des preuves bien effectives; c'est pourquoi je n'en dirai pas davantage pour cette fois. »

Nous adhérons d'autant plus complètement à ces indications, qu'avant de les avoir rencontrées dans Leibniz, nous les avions données nous-mème, écrites et enseignées, telles qu'elles sont exprimées ici.

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