LETTRE-PREFACE XI
par conséquent est possible de nos jours, c'est la proclamation réitérée avec insistance des grands principes directeurs de la pensée, une apologie lumineuse et chaude de la foi de nos pères.
Les apologistes de la religion ont actuellement une tache délicate à remplir ; ils ont d'une part le devoir de garder, dans leur intégrité, le dépôt de la foi et les interprétations traditionnelles de l'Église catholique; de l'autre, il leur faut éviter de blesser les convictions légitimement arrêtées des adeptes de la science. Sous peine d'être laissés dans un isolement infécond, ils sont obligés de faciliter les communications entre les deux mondes de la raison et de la foi et de montrer les harmonies entre les objets formellement différents de la double révélation naturelle et surnaturelle.
Évidemment il y a dans le progrès moderne des sciences de la nature l'occasion providentiellement ménagéed'une magnifique tâche à remplir, la promesse d'un nouvel essor et d'un plus large épanouissement (le la doctrine catholique, la préparation pour une plus haute et plus universelle diffusion de l'Évangile.
Que les prêtres et, à leur défaut, les laïques s'élancent courageusement dans cette carrière! Ils y trouveront, comme précurseur et comme guide, celui qui a tant fait pour « traduire en lumière humaine les données obscures de la foi ».
Ils apprendront de lui à ne pas s'engager imprudemment dans les impasses d'une interprétation trop littérale de la religion, à « la dégager des enveloppes ([ui la défigurent, à la distinguer des religions, à transfigurer l'évangile sensible en évangile intelligible et spirituel ». A son exemple ils donneront à leur âme des ailes qui la feront échapper aux dangers de tous les pièges : Ante oculos pennatorum frustra jacitur rcte.